Carnet

Comment expliquer la mort à un enfant?

10/08/2020

Les adultes se disent souvent que les enfants sont trop jeunes pour être inquiétés par la mort. Et pourtant, lorsqu’un papi, une mamie, ou un autre membre s’en va, vient le moment d’aborder le sujet. La mort est un sujet tabou dans la plupart des familles. Pourtant, la mort fait partie de la vie. Nous ne pouvons pas protéger nos enfants de cette réalité, un jour ou l’autre, ils y seront confrontés. 

La mort est un sujet qu’il est nécessaire d’aborder

On pense en effet à tort que les enfants sont trop jeunes pour qu’on leur parle de la mort. Pourtant, en utilisant le vocabulaire et les images adaptés, ils sont capables de comprendre, tout comme ils sont sensibles à l’absence des personnes qu’ils aiment. D’ailleurs, les enfants sont même plus à l’aise et plus réceptifs au sujet qu’il n’y paraît. N’avons-nous pas déjà vu les enfants plaisanter avec leurs grands-parents en leur disant qu’ils mourraient bientôt ? Ou encore, se questionner sur l’âge auquel un être humain est censé mourir ?

En fait, plusieurs psychologues s’accordent à dire que parler de la mort avec ses enfants est nécessaire. Il s’agit en effet d’une nécessité, à la fois pour développer leur conscience, et les préparer aux deuils qu’ils devront faire un jour ou l’autre.

Quand les enfants posent des questions

Souvent, ce sont les enfants qui osent aborder le sujet en premier. En général, le processus est le même : à l’âge où ils se posent des questions existentielles, ils demandent notamment ce qui se passe après la mort. D’autres s’interrogent sur la définition de la mort. Nul besoin qu’un malheureux événement ait eu lieu pour que ces questions soient évoquées.

Si ce genre d’interrogations peut prendre de court l’adulte qui ne sait quoi répondre, l’enfant attend bien une réponse. Ainsi, il est plutôt recommandé de chercher les mots justes, mais aussi de demander son avis à l’enfant. Qu’a-t-il compris ? A-t-il peur ? Qu’en pense-t-il ? A partir de ses réponses, il sera alors possible de mieux adapter le discours et de le rassurer autant que possible.

Comment parler de la mort avec un enfant ?

Comme évoqué ci-dessus, ce sont souvent les enfants qui démarrent la conversation à ce sujet. Nul besoin de précipiter les choses si votre enfant ne se montre pas curieux. En revanche, soyez à l’affût des signes.

De plus, plusieurs albums jeunesse sont dédiés à ce thème, qui semble plus facile à aborder aujourd’hui. L’univers des jeux et jeux vidéo évoque également le sujet : on dit souvent qu’un joueur est mort lorsqu’il perd une partie, par exemple. Quoi qu’il en soit, il convient de rester vigilant et de choisir les mots adaptés à son âge et à sa sensibilité.

Que faire lorsqu’un décès survient ?

Lorsqu’un décès survient dans l’entourage de l’enfant, les questions fusent et le besoin d’assurance est plus qu’important. C’est également l’une des raisons pour lesquelles il est important d’accepter la nécessité d’aborder le sujet de la mort avec les plus jeunes. Par ailleurs, cela vaut tant suite au décès d’un être humain que d’un animal de compagnie. Cela permet également à l’enfant de faire le deuil de l’être décédé.

La mise en place d’une cellule psychologique en cas d’incident

Dans certains cas, des cellules psychologiques sont mises en place par les établissements scolaires suite à un décès. C’est notamment le cas lorsqu’un accident grave s’est produit ou lorsqu’un camarade d’école s’est suicidé, entre autres. Cela permet aux enfants de mettre des mots sur leur choc, mais ne suffit pas à leur faire prendre conscience des conséquences de la mort. Ainsi, l’accompagnement des parents, en premier lieu, reste indispensable.

Faut-il ou non partager ses émotions avec son enfant ?

Certains parents n’osent pas montrer ni transmettre leurs émotions à leurs enfants suite à la perte d’un proche. Pourtant, il est important que l’enfant prenne conscience du fait que la mort peut être triste, dans la mesure où l’on aimait la personne qui est partie. En parallèle, il est important de lui apprendre la consolation : celle de savoir que le défunt n’est plus malade ou qu’il se repose, par exemple.

De plus, même si les parents ne sont pas croyants, il reste important de prendre le soin d’imager ses propos. Ainsi, n’hésitez pas à expliquer à votre enfant que mamie est partie rejoindre papy au ciel, par exemple. Ou que tonton est parti faire un gros dodo et qu’il ne se réveillera pas, car il était très fatigué.

Si le décès est accidentel, pensez toutefois à réunir vos forces pour ne pas montrer votre colère à votre enfant. A la place, sachez trouver les mots pour lui rappeler l’importance d’être prudent sur la route, si telle est la nature de l’accident.

L’enfant doit être impliqué un minimum lors des funérailles

Dans certaines cultures, il est de coutume que les proches du défunt observent et/ou embrassent le corps une dernière fois avant la fermeture du cercueil. Si vous estimez que votre enfant est trop jeune pour le faire, ou s’il n’est pas d’accord, nul besoin de forcer les choses. En revanche, il est recommandé de l’impliquer un minimum lors des funérailles. Ce geste l’aidera à faire le deuil de l’être disparu. Il peut s’agir de l’inviter à faire un dessin, écrire une lettre ou encore déposer un bouquet de fleurs sur la tombe.

De même, si vous rendez visite au défunt de temps en temps, vous pouvez demander à votre enfant s’il souhaite vous accompagner au cimetière. Il s’agit là d’un moyen de prolonger la relation avec la personne décédée, car la mort ne met pas fin à l’amour.

A partir de quand parler de la mort avec l'enfant ? 

Souvent la question de la mort s'éveille chez l'enfant lorsqu'il la rencontre sur son chemin

Il convient mieux d'attendre que les questions émanent naturellement de sa part :

1. La mort du poisson rouge

2. La mouche qu'on écrase contre la fenêtre avec frénésie jubilatoire questionnera certainement la curiosité de l'enfant.

A nous d'en profiter pour lui expliquer les choses telles qu'elles sont, de parler de nos ancêtres et de permettre à l'enfant de :

⦁ Prendre conscience que la mort succède à la vie à travers les générations

⦁ Apprendre à notre enfant que la mort existe à la fin de la vie

Comment l'enfant va-t-il intégrer la question de la mort ? 

Rien d'anormal, comme chez l'adulte, la prise de conscience de la mortalité peut générer une période d'angoisse chez l'enfant.

Progressivement, l'enfant prendra conscience de la mortalité de ses proches :

1. Ses parents

2. Ses grands-parents

3. De toutes les personnes qu'il aime.

Il aura parfois tendance à vouloir les protéger :

⦁ Il viendra voir la nuit si ses parents dorment bien dans leur chambre

⦁ Il ne supportera pas le moindre retard de votre part…

Même face à la mort, le jeune enfant  se croit parfois « tout-puissant ».

Il faudra être clair avec lui et lui expliquer que la seule certitude qu'on ait c'est de décéder un jour mais que personne ne peut prévoir la mort.

(Qu'en principe, elle survient quand on est très âgé et que lui et nous avons normalement beaucoup de belles années à partager devant nous). 

Même quand l'autre est mort, il existe toujours dans notre cœur, le lien qui unit, est indestructible.

Comment gérer l'angoisse persistante d'un enfant par rapport à la mort ?

⦁ Leur parler de manière simple

⦁ Le faire à partir des questions posées et non pas en développant un grand discours sur la vie et la mort.

⦁ Nous sommes tout à fait en droit de dire aux enfants que l'on ne sait pas répondre à certaines interrogations et de leur expliquer pourquoi.

Des messages importants doivent être passés :

1. La mort est naturelle

2. Tout naît et tout meurt

3. On ne sait pas quand elle arrive

4. Ne décèdent pas uniquement les gens âgés mais aussi des personnes jeunes

5. La mort ne touche pas que les méchants

Et surtout, la mort ne met pas fin à l’amour !

Rédiger son propre testament

Vos volontés seront respectées… Le testament est un document juridique important pour faire respect...

La tendance à davantage mourir chez soi que dans un établissement de santé va se poursuivre, estiment les scientifiques.

Selon une étude publiée à Boston dans le New England Journal of Medicine, 29,8% des décès d'origine...

Mort cardiaque subite : causes et prévention

La constatation d’un arrêt cardiaque se fait de plus en plus fréquente dans les hôpitaux. D’après la...

Tout excès peut être fatal

En exagérant sur la quantité d’aliments, tout excès est susceptible d’entraîner la mort. Le sel, les...