Carnet

Des obsèques vertes

07/08/2020

D’accord, nous sommes poussière et nous retournerons à la poussière (Genèse III, 19). Mais il y a des retours à la poussière qui coûtent plus ou moins à la planète…. 

Choisir l’enterrement « Ecolo » !

Il est connu que les enterrements traditionnels sont de plus en plus néfastes pour l'environnement. Les produits chimiques toxiques utilisés pour l'embaumement, coffrets en bois laqué enfouis sous le sol, pierre polie, et des pierres tombales en marbre altérant définitivement le paysage sont toutes des choses qui causent des dommages étendus et durables pour les écosystèmes environnants. Mais il existe des alternatives : l’enterrement vert ou naturel visant à atténuer l'impact environnemental de la mort.

Le processus pour l'enterrement vert 

S’assurer d’avoir un site verdoyant de sépulture dans sa région, si certaines personnes sont prêtes à parcourir des centaines de kilomètres pour faire un enterrement vert. 

Dans un enterrement vert, le corps est enterré dans un linceul de matériaux naturels ou un récipient décomposable, comme un cercueil en osier ou en boîte de pin. Dans des cimetières naturels et les lieux de sépulture hybrides, le lieu d'inhumation peut être marqué avec une gravure sur une pierre dans un champ naturel. Tandis que les cimetières de conservation, où l'intégrité naturelle de la terre est préservée, ne permettent pas de marqueurs permanents. Au lieu de cela, des sites funéraires de conservation utilisent un système GPS pour localiser les tombes, la protection de la terre dans son état naturel.

L’enterrement vert ou naturel respecte l’environnement, en effet, le corps retourne naturellement à la terre. Ce procédé ne comprend ni de produits chimiques, ni des polluants et encore moins des produits toxiques. Ce type d’enterrement n'entraîne pas non plus les mêmes émissions fossiles de la consommation de carburant et de mercure liés à la crémation. 

Des funérailles écologiques pour respecter l’environnement

Il n’est certes pas très courant de parler de sa future sépulture de son vivant, ce sujet étant toujours considéré comme tabou par beaucoup. Cependant, être responsable et protéger la nature est un principe et un mode de vie que l’on se doit de respecter jusqu’à la fin. Des funérailles écologiques favorisent la réduction de la consommation des ressources naturelles et de ce fait, préservent notre belle planète.

Il s’agit d’une responsabilité envers la nature

Entrepris pour la première fois en Angleterre en 2008, les funérailles écologiques sont adoptées par de plus en plus de personnes ayant le souci de la protection environnementale. Nous n’ignorons pas qu’un cadavre est extrêmement polluant, et ce, à cause des restes chimiques de médicaments ou de plombage. Bien que peu prisée en France, la solution des obsèques naturelles peut être une alternative anti-pollution et efficace contre la dégradation des sols et des eaux majeures. Quelques solutions simples permettent de respecter l’environnement tout en économisant. Loin de manquer de respect au défunt, un enterrement vert est une solution qui responsabilise jusqu’à la fin de sa vie. Cela permet de laisser une empreinte positive derrière nous et ainsi de donner le bon exemple à la génération suivante.

La crémation et l’inhumation

Représentant un tiers des demandes, la crémation est un procédé durant lequel interviennent des ressources d’énergie naturelles telles que dix-sept litres d’essence et le bois du cercueil. Ce type d’obsèques est reconnu bien plus écologique que l’inhumation. Cette dernière méthode présente toutefois de nombreux inconvénients. On peut citer entre autres, l’utilisation par les pompes funèbres de composants pour ralentir la décomposition du corps afin de le conserver un certain laps de temps. Des produits tels que le formaldéhyde, le méthanol, le glycol, le phénol ou l’éosine imprègnent par la suite les sols et les eaux.

Nous pouvons opter pour des gestes simples

Les personnes souhaitant un enterrement vert pour leur proche décédé se heurtent souvent à la législation française qui est moins permissive dans ce domaine. Quelques gestes simples pourtant pourraient faire toute la différence lorsque l’on organise des funérailles :

⦁ Ne pas utiliser de produits chimiques pour les soins de conservation et l’embaumement du corps.

⦁ De nombreuses entreprises proposent des cercueils biodégradables de diverses matières écologiques. Ils peuvent être faits avec des cartons, bambous, osiers ou encore de papier mâché. Ces cercueils ont l’avantage de se désintégrer rapidement lors d’une crémation et donc de participer au respect de l’environnement.

⦁ La pierre tombale en matière naturelle pour marquer l’emplacement de la sépulture est également une solution écologique. Il est possible d’opter pour des stèles durables en bois, en papier, en cuir ou en parchemin.

⦁ Il est également possible de planter un arbuste sur l’emplacement, symbolisant l’âme du défunt se réincarnant dans cet arbre. Une belle signature finale pour une personne qui aura passé sa vie à prôner le règne de la verdure.

Pourquoi ne pas choisir un cimetière vert ?

En France, certains cimetières ont pour principe le respect de l’environnement. Ils sont encore rares à contribuer à des pratiques responsables comme l’aménagement naturel sans pesticides ni autres produits chimiques utilisés pour l’entretien du site. Le parc funéraire naturel « Les Arbres de Mémoire » invite à la communion avec les âmes disparues ainsi qu’avec la nature. Ce type de sépulture est en accord avec l’équilibre matériel et spirituel.

Le premier cimetière végétal naturel de Souché vient d’être inauguré à Niort. Il s’agit d’un espace de 4 000 m2 reboisé et prêt à accueillir les croyants de toutes les religions ainsi que les non-croyants. Dominique Bodin, le conservateur des douze cimetières de Niort affirme : qu’il s’agisse d’inhumation ou de crémation, les funérailles ainsi que la concession coûtent ici entre 1 500 et 2 500 euros, contre 5 000 euros voir plus pour les obsèques traditionnelles privées. La plupart des particuliers ainsi que des retraités approuvent cet autre genre de cimetière et adhèrent complètement à l’idée de ce système aussi écologique qu’économique.

Rester engagé jusqu’au bout

Choisir un cimetière proche de chez soi permet de diminuer la consommation d’énergies fossiles lors de l’enterrement et des visites qui vont suivre. Une demande à faire auprès du préfet du département concerné permet également d’inhumer un proche dans une propriété privée.

Le fait de choisir d’être un amoureux de la nature jusqu’à la mort ne dévalorise pas notre identité. L’objectif ici n’est pas d’être un grippe-sou ni de faire un enterrement au rabais, mais de prendre conscience du fait que la mort est également un business. Lorsque nous partons, mieux vaut alléger et tranquilliser le plus possible les personnes que nous laissons derrière nous qui auront déjà beaucoup à faire. 

L’industrie de la mort doit être redynamisée

L’industrie funéraire mondiale se trouve aujourd’hui à la croisée des chemins. De plus en plus de voix s’élèvent en faveur d’un renouveau dans ce milieu, qui n’a connu que très peu de changement depuis ses débuts. Les axes d’amélioration sont pourtant connus.

L’industrie funéraire mondiale représente actuellement plusieurs dizaines de milliards de dollars. A lui seul, le marché américain a encaissé plus de 20 milliards de dollars de revenus annuels en 2016. Ce chiffre sera amené à grossir encore plus dans les années à venir. En attendant, les regards se font de plus en plus critiques envers les services proposés par les principaux acteurs. Et la cause en est simple : un service funéraire ordinaire en 2017 ressemble en tous points à celui proposé il y a 50 ans. On pourrait parler même de routine, tant les services offerts sont connus de tous. En effet, le schéma est plutôt classique malgré une personnalisation en fonction des croyances, des traditions et des volontés de chacun. Quant au prix, il s’élève en moyenne à 8 000 dollars, soit environ 7 120 euros au cours actuel. C’est simple, efficace, rapide… mais les prestations pourraient bien être encore plus personnalisées.

De plus en plus de personnes osent affirmer que le schéma classique aujourd’hui pointé du doigt, ne devrait pas former le seul moyen de rendre hommage au défunt. Ces voix n’hésitent pas à faire le parallèle avec les cérémonies de mariage. Là où les wedding planners parviennent à créer des merveilles à l’occasion d’un mariage, les pompes funèbres et les organisateurs de funérailles semblent avoir un train de retard. La raison se trouverait peut-être dans l’attachement des familles aux traditions funéraires de leur pays. Aux États-Unis, par exemple, les rites funéraires comme on les connaît aujourd’hui remontent seulement au début des années 1920. La sous-traitance des soins funéraires a commencé dans les années 60.

L’industrie funéraire adopte la crémation et les funérailles vertes

Il a fallu attendre 50 ans pour observer un nouveau changement : la démocratisation de la crémation. Pour la première fois dans l’histoire, le nombre de crémations aux États-Unis a dépassé les enterrements en 2015. Puis, il y a la nouvelle tendance des funérailles vertes, très prisées de la génération des baby-boomers. Ces petites révolutions apportent le nouveau souffle dont l’industrie funéraire a tant besoin. Les proches d’un défunt sont les premiers bénéficiaires de ces changements. En effet, les familles cherchent depuis longtemps une manière toute simple et originale de rendre un dernier hommage à un être aimé. Les enterrements écologiques répondent avec brio à leurs attentes. Non seulement cette formule est abordable – pas de coût pour le cercueil, pas de pierre tombale, aucun embaumement -, mais en plus, elle est respectueuse de l’environnement. Le corps est enveloppé d’un simple linceul avant d’être enterré.

Ces mouvements atypiques qui inspirent le renouveau

Autre nouveauté, les funérailles à la maison attirent aussi de plus en plus de curieux. Toujours aux Etats-Unis, de plus en plus de femmes exercent le métier de sage-femme de la mort. Derrière cette appellation plutôt morbide se cachent de grandes responsabilités envers la famille du défunt. Ces femmes viennent en aide aux familles qui souhaitent célébrer à la maison les funérailles d’un proche. Leur intervention fait basculer les services funéraires dans un cadre plus intimiste, plus facile à encadrer et plus respectueux envers le défunt. Ces trois qualités sont loin d’êtres garanties par les grandes entreprises de pompes funèbres.

En effet, ces prestataires funéraires d’un nouveau genre interagissent directement avec la famille. Leur présence et leur accompagnement dans toutes les étapes des funérailles aident les familles à mieux se préparer à la séparation avec l’être cher. Surtout, ce mouvement atypique renoue avec les origines mêmes des services funéraires. La toilette mortuaire, l’habillement du défunt et son ultime préparation sont réalisés par la famille, sous l’encadrement de ces professionnelles. Ce concept conduit les familles à saisir la réalité de la perte et à commencer ainsi la période de deuil de manière optimale.

Le mouvement des sages-femmes de la mort est une goutte d’eau dans la mer d’acteurs et de consommateurs désireux de révolutionner la perception de la mort et du deuil. Le Death Café, ou café de la mort, en est certainement l’exemple le plus frappant. Il s’agit d’un rassemblement qui se tient dans les grandes villes du monde entier, de Séoul à San Fransisco, en passant par Sydney et Capetown. Les Death Café regroupent des gens autour d’un café, d’un thé ou d’un dessert pour disserter et débattre de la mort et de son univers. Ces conversations ne sont limitées par aucun tabou. Depuis 2011, plus de 4 000 cafés de la mort se sont tenus dans 47 pays.

La quête de renouveau titille même jusqu’aux génies de la Silicon Valley, qui y sont allés de leurs propres inventions pour se faire une place sur ce marché. Parting.com, site créé par trois jeunes programmeurs en 2015, est aujourd’hui l’un des plus connus. Cette plateforme se présente comme le Yelp des prestataires funéraires. Les familles peuvent donc donner des avis et des recommandations sur les meilleures pompes funèbres d’une région, sans arrière-pensée ni prohibition.

Briser les tabous autour de la mort

L’émergence de ces mouvements est un signe clair qu’un besoin de renouveau se fait de plus en plus sentir dans le milieu. Les prestataires comme les consommateurs cherchent aujourd’hui à donner plus de sens aux services funéraires et à briser les tabous autour de la mort et du deuil. C’est certainement la meilleure chose qui peut arriver à cette industrie, trop attachée à ses habitudes vieilles de plusieurs décennies. Après tout, chacun est libre de discuter de choses qui lui plaisent ou ne lui plaisent pas dans la vie. Pourquoi la mort serait-elle exclue de ces discussions ?

 

Assurances Obsèques ou décès

En France, une étude du Crédoc a mentionné que 4 millions de Français ont déjà souscrit à une assura...

L’Urne dernier (petit) domicile

La dispersion des cendres funéraires et la loi De plus en plus de Français optent pour la crémation...

L’écologie c’est mortel

La réduction de corps ou la promession ? La réduction de corps consiste à mettre le reste du corps...

Obsèques 2.0

Leur concept a été rattrapé par le Covid... « J’ai conscience que je vais dire quelque chose d’une...