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Dons d’organes : Parlons-en !

30/01/2019

En France, le don d'organes est placé sous le régime du consentement présumé. Cela signifie que les Français sont présumés donneurs.

Transmettre sa position à ses proches

Dans le cadre de la Journée nationale de réflexion sur le don d'organes et la greffe, et de reconnaissance aux donneurs, l'Agence de la biomédecine rappelle l'importance de faire part de sa décision à son entourage : 5.000 greffes d'organes ont été réalisées en 2012 et environ 17.700 personnes malades étaient en attente de greffes. Cependant, il existe un registre national des refus pour les personnes qui y sont opposées. Celles-ci peuvent également signaler oralement leur position à leurs proches.

C'est dans ce cadre que l'Agence de la biomédecine appelle les Français à communiquer leur position sur le don d'organes à leur entourage. « Il est important de transmettre sa position sur le don de ses organes à ses proches car ce sont eux qui portent à la connaissance des équipes médicales la décision du défunt. Ne pas connaître l’opinion du défunt peut créer un grand désarroi chez les proches déjà frappés par la nouvelle de la disparition ». Cette Journée nationale visait également à rendre hommage à tous les donneurs qui ont permis de sauver des vies.

Activation fonction donneur d'organes sur Facebook

Mark Zuckerberg, fondateur du réseau social Facebook, a expliqué avoir eu l'idée de cette nouvelle fonction lors d'une conversation avec sa compagne et en discutant avec son ami Steve Jobs, le cofondateur d'Apple décédé en 2011 (qui avait reçu une greffe du foie en 2009). Elio Di Rupo (Premier ministre belge) s'est déclaré donneur d'organes en utilisant une nouvelle fonction du réseau social  disponible dans son pays. A la rubrique santé, située dans l'onglet « événements marquants » les utilisateurs peuvent se déclarer donneur d'organes et expliquer leur décision aux amis. 

Facebook a activé cette fonction aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, Belgique, Canada, au Danemark et en Irlande. En Belgique, les donneurs sont ensuite dirigés vers une page dédiée du Ministère de la Santé, ils peuvent alors remplir un formulaire destiné à l’administration municipale et valider leur démarche. Dans la pratique, les proches du défunt sont consultés avant tout prélèvement, ce qui peut entraîner des refus, mais selon la loi de 1986, toute personne est présumée consentir au don d'organes destinés à la transplantation après son décès, excepté si elle a exprimé une opposition de son vivant. En affichant celle-ci sur Facebook ou auprès de l’administration municipale, le futur donneur d'organes clarifie ses volontés. 

Prélèvements d'organes sur cœur arrêté...

Deux nouvelles importantes relayées par le quotidien national Libération :

Une bonne nouvelle : De moins en moins de morts sur la route et la prévention des AVC (accidents cérébraux vasculaires) s’améliore. Une mauvaise : Nous assistons à une stagnation du nombre de corps sur lesquels on peut prélever des organes. C’est le paradoxe du progrès…

· 4 700 greffes d’organes sont réalisées chaque année en France
· 12 000 malades sont en attente
· Faute de greffons disponibles : 800 meurent déjà chaque année

En France, les prélèvements se font majoritairement sur des personnes en mort encéphaliques (pour la plupart décédées après un accident violent). La loi ouvre, depuis 2008, la possibilité de prélever des organes sur une personne après un arrêt cardiaque. Le Pays-Bas, Belgique et l’Angleterre pratiquent déjà ce type de greffe.

Les greffes sur cœur arrêté sont pratiqués sur les personnes en fin de vie :

· souvent atteintes au cerveau, hospitalisées en réanimation
· Qui sont susceptibles de mourir car aucun traitement ne marche
· Ces dernières qui bien souvent, ont besoin de machines (pour respirer, par exemple) et qui, logiquement, seront arrêtées.

De là, on attendra l’arrêt cardiaque, la médecine ne pouvant plus rien faire. Pour éviter toute douleur, une sédation sera prescrite. Le Pr Jean-Louis Touraine explique : « Ce sont sur ces patients que l’on pourrait prélever des organes, juste après l’arrêt cardiaque » 

Mais voilà, il y a une inconnue : Le temps séparant l’arrêt des traitements du décès, si la durée est trop longue, les organes ne peuvent être greffés. Laurent Beydon (Société française d’anesthésie et de réanimation) s’interroge : « N’y a-t-il pas le risque que l’on aille vers une mort utilitaire, où l’on accélère le décès pour prélever dans de bonnes conditions?». Didier Dreyfuss (Société de réanimation) : «Il faut à tout prix séparer les débats sur la fin de vie et ceux sur le don d’organes, le consentement de proches doit être explicite et surtout ne pas modifier les règles de la sédation.»  Le chef des urgences à l’hôpital de la Pitié-Salpétrière B.Riou a fait part de deux limites à ne pas franchir : «Ne prélever que sur des patients morts. Aux Etats-Unis, ce n’est pas toujours le cas. .. Second tabou : ne jamais accélérer le décès.»

Cas de la mort cérébrale

La mort cérébrale nécessite le maintien en permanence des appareils de réanimation, une hydratation et une alimentation par perfusion. Pour que le corps cesse de respirer et le cœur de battre : Il faut interrompre le fonctionnement de ces appareils. Les principaux critères diagnostiques du coma sont :

1. Une absence d’ouverture des yeux (ni de façon spontanée ni par le biais d’une stimulation)
2. L’absence de langage ou d’expressions reconnaissables
3. L’absence d’affirmations intentionnelles ou de mouvements complets des yeux.

La «mort cérébrale» est un état irréversible. Ce diagnostic ne peut être porté qu’au terme d’une série d’examens qui permettent d’affirmer l’arrêt de vascularisation des principaux territoires cérébraux. Après le développement des premières techniques d’anesthésie-réanimation, cet état a été décrit pour la première fois décrit en France en 1959. Le circulaire Jeanneney du 24 janvier 1968 : Avant cette date, la mort ne se définissait officiellement que par l’arrêt de la circulation sanguine. On distinguait dès lors la possibilité d’une autre mort «cérébrale» qui n’avait plus l’apparence de la mort cardiaque.

Décréter un état de mort cérébrale impose d’avoir recueilli les preuves de l’absence définitive de toute activité électrique cérébrale. Cette situation est prouvée par différents types d’enregistrements et d’observations neurologiques:

· disparitions de toute forme de réponses à la douleur
· ainsi que des différents réflexes des nerfs crâniens et de la ventilation spontanée.

 De nos jours,  les critères officiels imposent généralement d’apporter la preuve du caractère aréactif de toutes les sphères de l'activité cérébrale. Cette preuve est au minimum apportée par deux tracés électro-encéphalographiques plats, enregistrés chacun durant trente minutes et réalisés à quatre heures d'intervalle. Des examens complémentaires (angiographies cérébrales) sont généralement pratiqués en milieu hospitalier.  

Il est essentiel ici pour l’équipe médicale d’avoir fait la différence avec les autres états susceptibles de provoquer des tableaux similaires : Certaines hypothermies, surdosages médicamenteux ou intoxications alcooliques majeures, sans pour autant que les lésions cérébrales soient irréversibles ni que les possibilités de respiration spontanée aient disparu.L’état de «mort cérébrale» est l'un des critères requis pour pouvoir pratiquer des prélèvements d’organes dans un but de transplantation. La difficulté du recueil du consentement de la famille ou des proches de la personne tient généralement au fait que le corps donne une apparence de vie et ce alors même qu’il est en état de mort.

Sensibiliser au don d’organes - le film

Les 2 réalisateurs Olivier Nakache et Eric Toledano (Intouchables) ont mis en scène leurs amis comédiens. Dans un court film de 2minutes, ils s’expriment face à la caméra sur la nécessité de prévenir ses proches de son désir ou non de donner ses organes en cas de décès. Diffusé sur les grandes chaînes TV et à une heure de grande écoute, ce spot montre les 5 acteurs en train de téléphoner à leur famille pour les prévenir : Nathalie Baye, Gilles Lellouche, Marina Foïs, Fred Testot et Isabelle Carré.

Le but étant que chacun devant son petit écran fasse de même, s’il juge utile que leurs organes soient offerts à la science ou aux malades dans le besoin. La fondation Greffe de vie rappelle dans son sondage que 93% des Français seraient d’accord pour recevoir un organe pour eux-mêmes ou pour un proche.

Sources : AFP / Libération.fr / slate.fr

 

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