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Doula de fin de vie : Aide pour faire face à la mort

05/12/2018

Mieux parler de la mort, c’est ce que nous devons faire car c'est l'une des rares choses que nous avons tous en commun. Je m’appelle Toby Lee-Maning, j’ai 25 ans et aime les activités de tout autre jeune de mon âge, mais je veux aider les gens à se préparer à la mort. Je suis ce qu’on appelle une doula de mort. Si les médecins sont là pour s'occuper de nos besoins médicaux à notre décès, alors les doulas aideront les mourants et leurs familles à survivre émotionnellement à la fin de leur vie. Considéré comme étant un sujet particulièrement sensible et tabou dans la société, parler de décès reste toujours difficile pour la plupart des gens et le seul fait de penser à la préparation à affronter le dernier sommeil est banni par l’esprit. C’est là qu’interviennent les thanadoulas

Pourquoi avoir choisi de devenir doula de mort

Ce n’est pas quelque chose qu’on entend souvent pour des jeunes de mon âge mais j'apprécie le fait que pour beaucoup, être si intéressé par les questions entourant la mort est considéré comme étrange, si pour moi c'est tout simplement une passion. D’où cette idée me vient-elle, je ne saurai exactement le dire, mais je pense que c'est principalement à cause de ma relation avec mon jeune frère, Owen qui souffrait de paralysie cérébrale, une maladie qui l'a laissé confiné dans un fauteuil roulant sans pouvoir parler. Être si proche de quelqu'un dont la qualité de vie était si différente de la mienne a façonné mon point de vue en grandissant. Cela m'a fait penser à la qualité de la vie d’une personne plutôt qu’à sa durée.

Il était assisté presque 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, un véritable défi relevé quotidiennement par mes parents. En grandissant, j'ai commencé à aider et une relation vraiment spéciale nous liait. Owen est décédé il y a deux ans, à l’âge de 20 ans. Bien que nous sachions que sa mort était inévitable, la nouvelle de sa disparition nous a pris de court. En tant que famille, ce n’est pas comme si nous vivions dans l’ombre de sa disparition imminente. Mais comme nous avions compris qu’il risquait de succomber à la paralysie cérébrale si jeune, nous nous sommes assurés qu’il vive pleinement sa vie. 

Un an avant qu’il ne perde la vie, il était hospitalisé pour de graves difficultés respiratoires et a fait l’objet d’une trachéotomie. Malgré être rentré à la maison, sa qualité de vie s’est détériorée et nous avons dû tout accepter. À cette époque, j'ai commencé une maîtrise en éthique médicale et en droit. Je suis revenu chez mes parents pour économiser de l'argent. Cela signifiait que j'avais la chance de passer les derniers mois d’Owen avec lui. Mes souvenirs de cette époque me sont très chers. Malheureusement, il semble que nous ne songions pas à dire au revoir avant qu’il ne soit trop tard.

Aider physiquement les gens dans le processus de la mort

Une nuit de 2016, ma mère et moi discutions du meilleur plan d'action pour Owen s'il arrêtait de respirer pendant la nuit. Serait-il juste de lui faire subir des traitements plus invasifs pour le maintenir en vie ? Serait-ce vraiment mieux pour lui ? Je comprends que certaines personnes se sentent mal à l’aise parce que nous avons une culture de refus de la mort. Nous prétendons qu’elle n’existe pas et de prolonger la vie à tout prix. Mais Owen m'a aidé à comprendre l'importance de parler de ces choses ouvertement. Il s’est avéré que c’était notre dernière occasion de parler de façon hypothétique de la mort d’Owen: il s’est éteint vers 5 heures du matin dans son lit. Nous avons passé un temps précieux avec lui dans notre maison et cela a aidé mon deuil

J'ai alors compris que je voulais faire quelque chose pour aider physiquement les gens. J’ai découvert le rôle et la qualité d’une doula. Il y a environ 150 doulas de morts à travers la Grande-Bretagne - travaillant dans des hôpitaux, des hospices et dans les foyers - et leur nombre ne cesse d’augmenter. Je me suis inscrite au cours de formation de la doula et, justement, cela a commencé autour du premier anniversaire de décès d’Owen. Une doula n'est pas un médecin mais un soutien émotionnel. Nous écoutons et faisons de notre mieux pour nous assurer que les souhaits d’un mourant se réalisent. Nous apprenons également à prendre soin du corps à la maison, il n’est donc pas nécessaire de l’enlever immédiatement. Les proches ont la possibilité de dire au revoir selon leurs propres désirs.

Formation des accompagnateurs de fin de vie

Pour devenir accompagnateur de fin de vie ou guide passeur, il est important de suivre une formation tant spirituelle et humaine que psycho-énergétique. Dès leur jeune âge, les tibétains s’harmonisent avec la mort dans le but de profiter pleinement de leur vie au quotidien, vivre dans la joie tout en étant plus conscients. Cependant, la plupart d’entre eux ne savent pas ce qu’ils doivent faire quand un de ses proches se préparent à quitter ce monde. Une personne mieux formée peut apporter tout son soutien et fera de ces derniers instants de vie une expérience humaine profonde. Outre l’accompagnement de la personne en fin de vie ou les familles, les thanadoulas peuvent orienter les proches dans l’organisation des funérailles à la maison en lieu et place d’un service de pompes funèbres. Le but étant de minimiser autant que possible les coûts et frais liés aux funérailles, transport du corps, formalités administratives… 

Les principaux objectifs de la formation des thanadoulas sont d’aider à mieux comprendre la mort. Le support aux personnes en fin de vie et l’apport du soutien dont elles ont besoin mais également ses proches facilitent le passage du monde des vivants à l’au-delà. Pendant la formation, les doulas apprennent les mécanismes d’attachement entraînant la souffrance et les canaliser. L’extériorisation des souffrances autour d’une maladie, dans le cas de soins palliatifs ou de la préparation à l’ultime départ peuvent être apprivoisée par le biais d’une meilleure approche à la communication. Les connaissances acquises permettront au guide passeur d’offrir un soutien psychologique, une aide non médicale mais spirituelle. Cette pratique est encore considérée comme étant marginale. Les cours n’étant pas uniformisés, on ne parle pas ici d’une profession régie par un ordre professionnel. 

Source: Bbc.co.uk

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