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Embaumements extrêmes : les morts en vie

13/12/2018

L'embaumement est la coutume funéraire de nettoyage et de désinfection des organes après la mort. Dans l’Egypte ancienne, les gens ont utilisé des huiles et des herbes pour aider à préserver les corps des défunts. Et pourtant, aucun processus ou produits n’ont été conçus pour préserver un corps dans la tombe indéfiniment. 

Les bases de l’embaumement

Dans la pratique, depuis l'Egypte ancienne, on utilise le plus souvent des substances chimiques pour l'embaumement. Aujourd’hui, cela est utilisé pour les coutumes, tels que les visites ou les services funéraires et de prévenir la propagation de l’infection. Tandis que le travail esthétique est souvent utilisé pour l’aspect extérieur. L’embaumement moderne consiste principalement à enlever tout le sang et les gaz du corps et un fluide désinfectant est introduit dans le corps. Des petites incisions sont faites soit dans la carotide ou l'artère fémorale, le fluide désinfectant y est injecté et le sang est drainé à partir de la veine jugulaire ou fémorale. 

Si une autopsie est effectuée, les organes vitaux sont retirés et immergés dans un fluide d'embaumement souvent entouré d’une poudre de conservation, puis replacés dans le corps. Si une autopsie n'est pas effectuée, l'embaumeur fait une petite incision près du nombril pour aspirer les fluides corporels. La plupart des corps aux Etats-Unis et le Canada sont embaumés, même s’il n'est pas requis par la loi dans la plupart des cas, sauf dans des cas particuliers, notamment pour le rapatriement des corps quand l'issue fatale s'est produite loin de leur ville natale ou dans un pays voisin.

Des services commémoratifs non traditionnels

De nos jours, certaines familles de la Nouvelle-Orléans sont davantage attirées par les embaumements extrêmes. En effet, les morts sont exposés comme s’ils étaient toujours en vie à l'intérieur des maisons funéraires. Le défunt est scénarisé lors de ses funérailles, une façon pour la famille de lui rendre un dernier hommage à la hauteur de ce qu’il était de son vivant. Son attitude au quotidien, sa passion ou une activité qu’il affectionnait particulièrement seront révélées par ses habits, sa posture et le décor. 

Après la disparition tragique de Renard Matthews dans son quartier de la Nouvelle-Orléans, son corps était exposé comme s’il était en vie. Le jeune homme âgé de 18 ans était affalé dans une chaise de bureau devant un poste téléviseur comme s’il jouait du NBA2K avec les mains tenant une manette de PS4. La famille a tenu à ce qu’il porte un maillot des Celtics, des lunettes de soleil, des chaussettes dans des tongs et à ses côtés ses collations habituelles, une bière et un paquet de chips Doritos. Depuis ses funérailles, de nombreuses familles sollicitent ce genre de services commémoratifs non traditionnels

Au lieu d’exposer leurs proches dans un cercueil, les familles choisissent des scénarios décrivant les plus réalistes possibles tels que leurs proches étaient de leur vivant. C’est en 2008 à Porto Rico que cette pratique a fait son apparition. La Maison funéraire Marin a déjà vu exposés chez elle un défunt se tenant debout sur un ring de fortune ou assis sur un engin à deux roues comme s’il conduisait la moto. En 2012, le batteur du célèbre groupe Treme Brass Band Lionel Batiste, a demandé à ce qu’il soit près de sa grosse caisse, un scénario réalisé par la Maison Funéraire Charbonnet-Labat-Glapion.

Une personnalité de la Nouvelle-Orléans, Mickey Easterling, réputée pour ses soirées extravagantes a également été exposée sur une chaise avec une flûte de champagne dans la main et une cigarette dans l’autre. Une demande de la famille à Jacob Schoen & Son qui a réalisé leur souhait.

Soins de conservation du corps et de l’odeur…

Lorsque la dépouille est conservée dans une chambre funéraire ou mortuaire, les soins de conservation ne sont pas nécessaires. Il y a la conservation par le froid qui est facile et écologique contre l’utilisation de produits chimiques qui peuvent être nocifs pour le thanatopracteur. L’utilité des soins de conservation est de ralentir la thanatomorphose. En effet, cette dégradation peut être très rapide dans certains cas et varie suivant l’état de santé du défunt ou selon les circonstances du décès. La loi oblige la pratique des soins de conservation lorsque le corps sans vie était transporté sans cercueil de 24 à 48 heures. Les techniques de soins de conservation sont généralement suivies de soins cosmétiques comme la manucure, la coiffe et le maquillage.

Une société française a mis au point une nouvelle façon de garder les gens près de leurs proches défunts en conservant dans un flacon de parfum leur odeur. L'idée est venue à Katia Apalategui, agent d’assurances, quand elle a perdu son père dont l’odeur lui manquait énormément, il y a sept ans. Selon Mme Apalategui, sa mère âgée de 52 ans a admis ne pas avoir voulu laver la taie de l’oreiller sur laquelle son mari dormait, afin de garder l’odeur de cet homme qu’elle aimait tant. Katia Apalategui s’est mise à  imaginer des moyens pour capturer et préserver le parfum individuel d'une personne afin que sa famille proche ne l’oublie jamais. Les scientifiques savaient depuis longtemps que les odeurs sont liées à la partie du cerveau qui régule l'émotion et mémoire qui ont la capacité de vous propulser à une époque, un lieu ou encore vous souvenir d’une personne.

Pour développer son idée, Mme Apalategui a frappé vainement à différentes portes des années, jusqu’à ce qu’elle rentre en contact avec l'université du Havre (Urcom) qui a développé une technique pour reproduire l'odeur humaine. «Nous prenons les vêtements de la personne et extrayons l'odeur, représentant environ une centaine de molécules, et en développons un parfum en quatre jours», a expliqué Geraldine Savary de l'université, sans dévoiler les secrets du processus.

Le lien puissant entre l'odorat et la mémoire signifie que le produit offre un « confort olfactif », selon Mme Apalategui, avec les photos, les vidéos et autres souvenirs de la personne décédée. Son fils, qui est actuellement en école de commerce, prévoit de lancer leur start-up en mi-septembre avec l'aide d'un chimiste. « Nous allons proposer aux maisons funéraires donc à offrir aux familles une petite boîte contenant un flacon de l'odeur de leur proche, extraite d'un tissu ou vêtement qu’elles auront fourni au préalable. Fait sur-mesure, une charge émotionnelle très forte dans une bouteille, le parfum se vendra pour environ 560 euros », a déclaré Mme Apalategui. Toutefois, elle espère que la technologie ne limitera pas seulement à cela, mais pourrait être utilisée comme un cadeau de Saint-Valentin entre amoureux, ou même pour les enfants temporairement absents de leur parent, sous forme de doudou par exemple.

Source: Vice.com

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