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Funérailles : cultures, traditions et tendances

19/02/2019

A chaque vie, une valeur. Et l'enterrement est une forme de célébration de la vie. Les services funéraires aident les familles à capturer une dernière image de cette valeur, pour rendre un hommage approprié et créer une mémoire qui accompagnera la famille dans le processus de deuil. L'exposition du corps fait partie de nombreuses traditions culturelles et ethniques. Beaucoup de spécialistes de deuil croient que la visualisation facilite le processus de deuil en aidant la famille endeuillée à confronter la réalité de la mort. Les enfants sont encouragés à regarder le corps sans vie afin qu’ils puissent comprendre les raisons et ce sera aux parents d’apporter les explications

Une personne qui meurt d'une maladie transmissible peut avoir les mêmes services funéraires que d’autres. Si l’exposition du corps est compatible avec les coutumes locales ou personnelles, celle-ci est vivement encouragée. Toucher le visage ou les mains de la personne décédée est parfaitement sécuritaire. En effet, la douleur vécue par la famille ou les proches de la personne décédée peut provoquer des sentiments différents, ils peuvent avoir besoin d'encore plus de soutien qu’une famille qui a perdu un être cher d’une maladie non transmissible.  

Funérailles en mer 

Hongkong : les prix des logements et des terrains figurent parmi les plus chers au monde d’où une conséquence pour les funérailles…Les places au cimetière sont rares et chers :

· Une parcelle dans un cimetière privé s’achète environ 26.000 €
· Dans un cimetière public, une concession pour six ans démarre à 330 €. Mais au bout de 6 ans, le corps est exhumé et transféré dans une parcelle commune ou incinéré.

De plus en plus de familles optent pour des funérailles en mer. Mais, la  tradition chinoise veut que le corps soit enterré, les proches doivent pouvoir se recueillir devant une plaque en mémoire du défunt comme dans columbarium permettant d’accueillir collectivement des urnes funéraires suite à une crémation. Selon la tradition chinoise, procéder différemment serait considéré comme irrespectueux et interdirait à l’âme du défunt de reposer en paix

Cependant les mentalités évoluent depuis une dizaine d’année selon un employé de salon funéraire et si les gens ne l’acceptaient pas au début, cela commence à se développer et c’est une vraie tendance. « La mort est la mort. Quelle que soit la cérémonie qu’on choisit, le résultat est le même », déclare Michael, un entrepreneur immobilier, lors de la dispersion en mer des cendres de sa mère, décédée à 92 ans. » 

Les funérailles ne s'improvisent pas

Demandez à un quadragénaire ce qu'il souhaite pour ses  obsèques, la plupart du temps il répondra :

· Qu'il ne veut pas de tralala, le "ni fleurs ni couronnes" est plus répandu que l’on ne croit
· Qu'on le mette entre quatre planches en sapin, qu'on le brûle, et que l'on disperse ses cendres..."
· Pas de pompes funèbres
· Pas de cérémonie religieuse
· Pas de sépulture... 

Ces volontés réservées aux sorcières ou aux pires des mécréants, étaient la plus grande des indignités en Occident, aujourd’hui c’est en passe de devenir la tendance… C'est une expansion spectaculaire pour la crémation! On compte moins de 1 % des obsèques en 1980. Le taux atteint aujourd’hui 32 % en France (et près de 50 % dans nombre de grandes villes). Phénomène générationnel, les contrats d'obsèques prévoient majoritairement ce mode de sépulture. Les funérailles sont le dernier moment collectif avant un cheminement solitaire dans le deuil. Contrairement aux célébrations religieuses, les obsèques n'ont aucune légitimité à s'occuper de l'âme du défunt (contrairement aux célébrations religieuses). Dans un moment traumatique, l’objectif est d’aider les vivants. 

Les obsèques ne s'improvisent pas non plus. Avec des hommages personnels, l'émotion est grandissante :

1. Des photos
2. La chanson préférée du défunt
3. Eloge funèbre du meilleur ami …

L'émotion est ce qui va rendre réceptifs les membres de l'assistance. Il faut introduire le rituel qui, seul, peut donner sens à l’hommage.

Les rites funéraires ont pour objectif :

· D'affecter une place physique au défunt 
· De lui assigner un lieu symbolique (l’ailleurs)
· De rétablir l'ordre social de la communauté (perturbé par le décès d'un de ses membres)
· D'aider les proches à faire le travail de deuil.

A cause la violence de la séparation subite, quelqu'un qui vient de perdre un proche ne peut que se sentir incompris dans sa peine. Accomplir les mêmes rites que ceux qui ont été accomplis par les milliers d'autres avant lui, c'est commencer à percevoir qu'il pourra aussi s'en sortir. La solennité du lieu, l'altérité et la légitimité du maître de cérémonie ainsi que la présence d'une assistance nombreuse participent à cette prise de conscience.

Les étapes immuables de la cérémonie :

1. Nommer le défunt
2. Le relier à chacun des membres de l'assistance
3. Permettent un adieu personnel.
4. Faire savoir à l'assistance où les cendres seront-elles dispersées, si la crémation est l'option choisie
5. Clore la cérémonie 
6. Enfin, faire part des condoléances.

Le rôle du maître de cérémonie est d'actionner des points clés du déroulement de la cérémonie. On peut citer par exemple :

· L'inscription dans la mémoire
· Une ouverture sur un "autre part"
· L'insertion du défunt dans la "grande histoire de l'humanité"
· Le lien à notre propre mortalité…

Des obsèques bien menées peuvent être d'une grande aide pour les familles endeuillées. Il faut naturellement que les structures existent et, que les proches pensent et soient en mesure de  demander une telle cérémonie et la préparer avec des professionnels, d’après l’article Idées (Le Monde) - Analyse de François Michaud Nérard, directeur général des Services funéraires Ville de Paris.

Les préparatifs des funérailles

La plupart des funérailles sont organisées par les parents les plus proches, par exemple, un conjoint ou un partenaire civil. Toutefois, s'il n'y a pas de parents, toute personne proche de la famille peut organiser les funérailles à la place. La personne de son vivant peut avoir laissé des instructions, dans son testament ou dans une note qu’elle aurait laissée, sur le type de funérailles souhaité, ou si elle voulait être inhumé ou incinéré. Il n'y a aucune obligation légale pour les parents de suivre ces instructions. Dans certains cas, les parents peuvent décider que l’inhumation ou la crémation se fasse à l'étranger.

Dans le cas d’un décès survenu à l’étranger, les règles à ce sujet sont très complexes et l'aide d'un entrepreneur spécialiste de pompes funèbres sera nécessaire. Toutefois, l'autorisation d'un médecin légiste est toujours recommandée avant l’envoi d’un corps à l'étranger. S’il n’y a ni parents ni amis pour organiser les funérailles, l’autorité locale peut organiser un enterrement simple. L'autorité publique qui organise les funérailles peut retirer le coût des funérailles depuis l’état laissé par la personne décédée.

Le code vestimentaire approprié pour les funérailles

Les tenues pour les funérailles sont typiques, les hommes s'habillent généralement en costume noir, chemise blanche et une cravate noire. Même si la cravate noire est la plus courante, d'autres couleurs conservatrices sont appropriées comme le marron ou le bleu marine. Les plus communs sont les chemises noires portées avec un costume noir et cravate noire. Il serait préférable que les chaussures de ville soient en noirs et polis. Des couleurs vives et audacieuses par contre ne sont jamais appropriés pour une cérémonie traditionnelle.  

Bien que le noir et le blanc soient des couleurs traditionnelles pour un enterrement des pays de l'Ouest, certaines couleurs sont devenues plus acceptable. En fait, certaines personnes pensent qu’un enterrement au code vestimentaire « robe noire» n'est pas la bonne façon de dire au revoir à un être cher.

Les "funérailles personnalisées" sont devenues plus populaires ces dernières années. Le "Memorial T-shirt" est un vêtement commun porté pendant un enterrement. Même si un tel T-shirt est porté, le reste de l’habillement doit être traditionnel. Alors que la coutume chrétienne traditionnelle oblige à s'habiller en sombre, généralement en noir, d’autres cultures et croyances religieuses ont une vue très différente sur le vêtement et les couleurs de funérailles convenables.

Pour la tenue funéraire juive, les couvre-chefs sont nécessaires pour les hommes et des foulards pour les femmes. Par ailleurs, pour la tenue funéraire musulmane, les hommes portent des vêtements de couleur sombre et les femmes portent également des foulards. Tandis que pour la tenue vestimentaire bouddhiste, le blanc est la couleur portée par la famille du défunt, le reste s’habille de couleur sombre. Bien que la cérémonie des funérailles bouddhistes et hindoues soit très différente, les couleurs sont très similaires.

Funérailles : les pratiques ont changé au fil des ans

Un expert en matière de funérailles et conservateur des objets à la Société historique du comté de Marathon dans le Wisconsin aux Etats-Unis, a partagé des images et d'autres éléments liés à la mort lors d'une présentation sur les funérailles, qui ont changé depuis l'époque victorienne. Environ 60 personnes se sont rassemblées dans une zone de la Société historique pour apprendre, par exemple, comment les funérailles à la maison peuvent être prises en charge par une maison de funérailles...

Volkmann, vice-présidente des opérations à Cloverbelt Credit Union dans le quotidien, a déclaré qu’il y avait beaucoup de fabricants de meubles dans chaque ville, et normalement les familles feraient leurs propres cercueils. Seulement, les fabricants ont compris que s’ils pré-fabriquaient un tas de cercueils, ils seraient prêts lorsque les familles auront besoin d'eux.

"Ce genre de procédé, non seulement permet l'obtention de votre cercueil mais la femme du fabricant pourrait savoir le genre de rembourrage d’un cercueil fait pour vous, ils prendraient en compte les différentes options que vous souhaitez, et vous pourriez faire appel à leurs services pour l’embaumement. Et le fabricant de meubles peut même devenir entrepreneur et prendre soin de l'ensemble des funérailles », dit-elle.

Le lien entre la construction de meubles et préparation des corps pour l'enterrement était nouveau pour Savannah Kramas de Mosinee, un étudiant en gérontologie à Mid-State College à Stevens Point, qui voulait en savoir plus sur les pratiques funéraires. «Je suis très surpris de savoir que c’était courant que les embaumeurs professionnels soient également fabricants de meubles professionnels», a déclaré le jeune étudiant de 25 ans.  

Au cours de sa présentation, intitulée «At Rest», Volkmann a montré des diapositives qui illustraient des cercueils, des pierres tombales, des funérailles, des cimetières et, oui, des photos de personnes décédées. Ces photos post-mortem sont les éléments que Volkmann aime le plus, intrigant les gens plus que tout. Elle dit que photographier les morts n’est pas quelque chose qui se fait publiquement. Ce fut quelque chose de très commun à faire et les gens sont très surpris de voir combien ces photographies sont des œuvres d’arts, la beauté de la mise en scène des photos, des fleurs … Volkmann dit ne pas pouvoir déterminer exactement à quand remonte sa fascination par les coutumes liées à la mort, mais qu'elle a probablement acheté sa première image d'une personne décédée dans un magasin d'antiquités. « Puis, quand les gens ont découvert que je collectionnais ces choses, j’ai ainsi commencé à les obtenir en guise de cadeaux d'anniversaire et de cadeaux de Noël. Les photos de personnes décédées transformées en choses funèbres. »

Funérailles: Les cérémonies au choix

La personne en charge de l’organisation des funérailles choisit la cérémonie si le défunt n’a pas laissé par écrit ses volontés à cet effet. Qu’il s’agisse d’une crémation ou d’une inhumation, l’organisation d’un dernier hommage au défunt reste un moment indispensable pour la famille et les proches. 

Il y a la cérémonie civile ou laïque. Après l’annonce du décès, la famille s’occupe elle-même ou fait appel à une entreprise de pompes funèbres pour l’organisation des obsèques. Quant aux cérémonies, elle peut choisir entre une cérémonie civile ou religieuse. De plus en plus de personnes optent pour l’approche contemporaine qu’est la cérémonie civile ou laïque. La lecture de discours, poèmes ou textes est généralement faite par la famille ou les proches qui peuvent choisir de faire une projection de photo ou d’une vidéo et diffuser la musique préférée du défunt. Les personnes présentes à la cérémonie ont la possibilité de laisser des messages de condoléances, de sympathie ou d’hommage par le biais d’un livre d’or, qui seront recueillis par la famille. La cérémonie permet de réunir la famille et les proches permettant à ces derniers de mieux faire leur deuil.

La cérémonie religieuse respectera la religion pratiquée par le défunt, catholique, protestant, juif ou musulman... Pour la religion catholique, un prêtre ou son représentant célèbre une messe avant l’inhumation ou la crémation. Les chants et les prières ont été choisis par la famille en concertation préalable avec le prêtre. Les proches peuvent rendre un hommage au défunt par un discours ou une lecture de poèmes ou textes. Lors d’une inhumation, le prêtre se rend avec la procession au cimetière pour une ultime bénédiction du défunt. Pour les protestants, le pasteur accompagne la procession pour la lecture d’un verset de la Bible et des prières. Chaque religion a sa propre rite et cérémonie. Pour la religion juive et musulmane par exemple, les règles sont très strictes, notamment en ce qui concerne la crémation et le don d’organes qui ne sont pas autorisés. 

Voici six funérailles inhabituelles quelque part dans le monde

Les funérailles et la mort ne sont pas toujours un sujet à aborder au quotidien hormis la culture, ce que font les communautés avec leur défunt, qui est un sujet beaucoup plus intéressant. Si considérées parfois comme morbides ou insolites, des funérailles traditionnelles différentes d’un pays à un autre peuvent être instructives et éducatives. Voici les six funérailles traditionnelles inhabituelles dans le monde.

Corée du Sud : Enterrement et Perles

En raison de l'espace d’enterrement limité en Corée du Sud, une loi réelle a été adoptée obligeant les familles à récupérer tous les corps inhumés qui ont été enterrés après 60 ans. Si beaucoup d’entre elles choisissent d’incinérer les corps après l’exhumation, d’autres prennent une option unique qui est de transformer le reste des corps en perles. Des entreprises ont commencé à offrir des services proposant de récupérer les corps exhumés, qui seront comprimer en perles ressemblant à des pierres précieuses, de couleurs noir, rose et turquoise. Une fois que les perles sont faites, les familles les accrochent dans leurs maisons.

Etats-Unis : Le cœur en diamant

Les diamants sont éternels et peuvent ainsi garder des souvenirs d'un être cher décédé. La société leader dans l'industrie, Heart in Diamond (le cœur en diamant), propose une alternative innovante aux enterrements. En incrustant les cendres ou même les cheveux d'un être cher dans un diamant, les familles peuvent afficher ou étaler d’une belle manière dans leur maison les membres décédés. Les familles peuvent choisir le diamant en fonction du poids, la coupe et la couleur et peuvent également opter pour en faire un anneau.

Madagascar : Famadihana

Les malgaches ont une tradition qu’est le Famadihana, ou retournement des morts, leur permettant de rassembler les vivants et les défunts en les exhumant et les enterrant à nouveau. Après l’exhumation, les familles ré-enveloppent les corps dans de nouveaux linceuls, dansent avec eux avec de la musique le temps du rituel, puis les enterrent à nouveau. Cette tradition est considérée comme un moyen de se rappeler et d’honorer les morts.

Chine : Cercueils suspendus

Cette pratique funéraire date des jours anciens, mais jusqu’à aujourd’hui  il est encore possible de voir beaucoup de ces cercueils. Au cours de cette tradition, les familles suspendent les cercueils des défunts en haut ou dans des crevasses de montagne. L'idée était de s’assurer que les cercueils soient plus proche du ciel, afin que les défunts soit plus proche du ciel.

Fidji : La strangulation

Une tradition plutôt morbide de cette île du Pacifique Sud impliquant la strangulation. Quand une personne décède, le rituel oblige de tuer un membre de la famille, un proche ou un ami. Le raisonnement de la communauté était de ne pas laisser les gens faire face seuls à la mort, d’où « l’assassinat » d’une autre personne pour ne pas laisser seul le défunt pour l'affronter. Le Journal de la Société des Océanistes de 1946 en parle. 

Etats-Unis: Récif mémorial

En continuant à chercher des moyens « verts » ou écologiques plus innovants pour enterrer les morts, une autre idée intéressante est apparue. Une société nommée Eternal Reefs propose leurs services dans la compression du reste des corps sans vie dans une sphère qui est ensuite attaché à un récif sous la mer. Elle contribue à associer la vie terrestre à la vie marine, qui est parfait pour ceux qui ont aimé l'océan dans leur vivant.

 

Sources : crownhill.org / huffingtonpost.com / Afp Asie / adviceguide.org.uk / bows-n-ties.com / wausaudailyherald.com

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