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L’écologie c’est mortel

07/08/2020

La réduction de corps ou la promession ?

La réduction de corps consiste à mettre le reste du corps d’un défunt dans un reliquaire ou une boîte destinée à cet effet. Cette pratique est également qualifiée de réunion de corps, si plusieurs corps sont à déposer dans un même coffret. La réduction de corps est une solution pour libérer de la place dans une sépulture.

Si vous disposez d’un caveau familial et que la place vient à manquer, il est possible de l’agrandir. Cependant, cette solution n’est qu’éphémère, puisque le problème se répétera avec l’arrivée de nouveaux défunts. La solution adaptée est la réduction de corps, praticable également dans les caveaux publics.

Comme son nom l’indique, il s’agit de réduire la place occupée par les restes du défunt. La réduction de corps s’avère alors une solution efficace pour faire de l’espace au sein de la tombe. Cette alternative ne nécessite aucun travail d’agrandissement, car il suffit de déménager les restes des défunts. Cette technique est applicable à tous les défunts présents dans le caveau. Cette technique est particulièrement utilisée dans les cimetières accueillant les patients sans famille, décédés à l’hôpital. Elle permet également de gagner du terrain, et d’économiser de la surface.

En outre, un coffret peut accueillir les restes de plusieurs défunts, évitant ainsi la création d’une tombe à chaque nouvel enterrement.

La réduction de corps n’est pas soumise à une loi spécifique

Même si elle doit respecter certaines conditions, la réduction de corps n’est soumise à aucune loi spécifique en la matière. Néanmoins, l’opération nécessite des démarches à respecter. Il est aussi à noter que l’opération ne peut se dérouler qu’en la présence du demandeur de la réduction de corps.

Au préalable, il est nécessaire de demander une autorisation à la mairie ou à la commune. Seul un membre de la famille proche du défunt est en mesure de le faire. Une fois l’approbation de la collectivité locale obtenue, il est possible de procéder sans attendre.

Pour cela, il est capital de faire appel à une société de pompes funèbres . Cette dernière est la seule à avoir les ressources et les capacités nécessaires pour mener à bien les différentes opérations.

L’opération doit respecter des règles et conditions précises

Pour pouvoir procéder à l’opération, il est nécessaire de répondre aux conditions qui y sont relatives.

⦁ Avoir une autorisation de la mairie pour réglementer l’opération

⦁ Avoir une preuve formelle et respecter le délai approprié

⦁ Le corps doit avoir été enterré 5 ans auparavant, au minimum

⦁ La legislation du cimetière doit l’accepter (Certains cimetières n’autorisent pas la réduction de corps)

⦁ Il faut connaître les règles qui s’appliquent

⦁ Le corps doit être déposé dans un coffret

⦁ On dépose le corps du défunt dans un reliquaire. Le cercueil traditionnel n’étant pas approprié

⦁ Sa taille varie de 80 cm à 200 cm

⦁ Présence des autorités judiciaires

⦁ L’opération doit être supervisée par la police

Concernant les démarches, tout commence par la demande d’autorisation à la mairie. Le proche du défunt doit s’y rendre avec une demande formelle précisant la raison de l’opération, un certificat de résidence, ainsi qu’une preuve d’identité. L’autre étape consiste à choisir l’agence de pompes funèbres qui prendra en main la réduction de corps. Prenez juste le temps pour choisir les pompes funèbres qui sauront vous satisfaire à travers les services que vous exigiez.

Les tarifs dépendent de la région et de la société qui s’en occupe

D’une manière générale, le prix d’une réduction de corps varie d’une région à l’autre. Pour un service haut de gamme, le tarif sera élevé, tandis que la prestation simplifiée aura un cout plus raisonnable.

Dans l’ensemble, la facture comporte pour l’ouverture du caveau, l’opération de réduction et la mise en place dans le reliquaire. À titre d’exemple, la réduction de corps en région Ile de France varie de 200 à 300 €.

Ne faire qu’un avec la nature grâce aux funérailles écologiques

Les funérailles écologiques, respectueuses de l’environnement, ont plus que jamais la cote en 2017. Telle est la prédiction de nombreux observateurs, comme Susan Devaney, journaliste britannique de mode, de beauté et de style de vie.

Mortels et écologiques

L’immortalité est un désir que l’homme caresse depuis la nuit des temps. L’Homme demeure néanmoins une créature mortelle – et son corps, biodégradable. Cette propriété est depuis longtemps sous-estimée, voire ignorée dans l’étape de préparation de l’enterrement. Toutefois, la donne évolue ces dernières années, à la faveur de nombreux changements dans l’industrie mortuaire. Chacun peut en effet demander un enterrement écologique. Cette tendance a été popularisée par les Britanniques, qui ont été les premiers à ouvrir un lieu de sépulture naturel en 1993.

Quelques chiffres intéressants

L’émergence de l’enterrement écologique soulève quelques questions sur son bien fondé ainsi que sur sa réelle popularité. La journaliste Susan Devaney tente de répondre à ces questions à travers ces chiffres édifiants :

⦁ Sur les 7 milliards d’habitants que compte la Terre, 150 000 personnes meurent chaque jour…

⦁ … soit 55,3 millions d’humains qui trépassent chaque année

⦁ Le Royaume-Uni compte à ce jour 270 lieux de sépulture naturels

⦁ Le premier lieu de sépulture écologique a ouvert au Royaume-Uni en 1993

⦁ 60 % des défunts mis en terre dans les lieux de sépulture écologique sont de confession catholique

Rendre un enterrement écologique

Eu égard à l’ancienneté de cette pratique, les funérailles écologiques ne sont donc pas une mode récente. Le « succès » de cette pratique résulte au contraire d’une volonté de plus en plus tenace de l’homme moderne d’exprimer son attachement à l’environnement.

Ce mode de pensée tout nouveau fait bouger les lignes dans le milieu très concurrentiel de l’industrie funéraire. Il existe d’ores et déjà des procédures rodées pour les personnes qui souhaitent être inhumées ou incinérées en respectant l’environnement. Ces procédés n’ont même de cesse d’augmenter et de se diversifier. Le principe reste cependant le même.

Le corps n’est pas conservé trop longtemps. On donne la priorité aux produits responsables, autrement dit écologiques et biodégradables. A l’inverse, les pierres tombales importées et les fleurs cultivées en serre sont peu utilisées, voire pas du tout.

La démarche concerne également les matériaux utilisés pour les cercueils (en bambou, saule, carton, osier) et les urnes (roseau, verre ou céramique). En aucun cas, les sites d’enterrement n’accueillent des cercueils en bois massif, jugés moins écologique et plus onéreux. Enfin, le respect de l’environnement est tel chez certaines personnes, qu’elles optent pour une capsule biodégradable.

Descriptif d’un site d’enterrement écologique

Sans délimitations visibles, le site de funérailles écologiques est un grand espace vert paisible et champêtre. Non réglementé, il peut être régi par un cahier des charges comme c’est le cas chez l’Association of Natural Burial Grounds. Inconstructible, il peut éventuellement être transformé en réserve naturelle, participant à la préservation de la faune et de la flore.

L’enterrement écologique pour tous

L’enterrement écologique est compatible avec les croyances religieuses. De nombreux croyants n’hésitent pas à délaisser les obsèques traditionnelles pour cette version proche de la nature. Souple, cette pratique permet aux proches d’organiser librement le déroulement de la cérémonie et de prendre certaines décisions.

Choisir un enterrement respectueux de l’environnement

Les funérailles écologiques semblent donc parties pour s’installer durablement dans les nouvelles traditions funéraires. Ainsi, au Royaume-Uni, comme en France ou dans les pays nordiques, il n’est plus rare, ni mal vu d’opter pour un enterrement au sein d’un lieu de sépulture naturel. Ce type d’inhumation est même recommandé par un nombre grandissant de personnes.

La raison est des plus simples. Ce choix d’enterrement n’est plus associé au fanatisme écologique ou à l’absence de croyances religieuses. Cette forme d’enterrement s’inscrit au contraire parmi les nouvelles pratiques du monde funéraire. Ces pratiques s’articulent autour de principes très clairs, dont deux s’appliquent à l’enterrement écologique : la personnalisation et le respect de l’environnement.

Je vous promets la promession… 

Ce concept est loin d’être nouveau puisqu’il date de 1999. Inventée par la biologiste suédoise Susanne Wiigh-Mäsak, la promession est une alternative écologique à la crémation. Elle propose, en quelques sortes, de recycler votre corps après votre mort.
Voici comment cela fonctionne : 

⦁ Moins d’une semaine et demi après le décès d’une personne, son corps doit être placé à -18° C. 

⦁ Le cadavre est ensuite submergé avec de l’azote liquide. 

⦁ Enfin, le corps est mis sur une table qui vibre à une certaine fréquence, ce qui va le transformer en poudre organique. Toute la vapeur d’eau est ensuite éliminée, et la poudre est placée dans une urne biodégradable.

Quel est l’intérêt de la promession ? Elle fournit le même résultat qu’une crémation sans produire autant de rejets nocifs. On notera que l’azote liquide est du simple gaz diazote refroidi en dessous de sa température d’ébullition, une alternative plutôt « verte » en somme. L’enterrement constitue bien évidemment un procédé tout aussi écologique que la promession pour peu que l’on utilise un cercueil biodégradable. Cependant, le phénomène de surpopulation des cimetières interdit la possibilité de se faire enterrer dans certains endroits, il faut donc choisir un moyen alternatif.

La personne qui l’a inventé est Susanne Wiigh-Mäsak, justifie la portée écologique de son geste et répond à ses détracteurs, notamment les acteurs de la crémation. Ceux-ci l’accusent, par exemple, d’avoir conservé des cadavres dans son réfrigérateur pendant plus de dix ans, pas cool…

Loin de toutes ces considérations, c’est ici le côté scientifique qui nous intéresse. Peut-être bien que la promession deviendra, dans quelques années, un procédé courant pour dire adieu à nos morts.

Quand l’industrie de la mort tue la planète…

Chaque jour, environ 160 000 personnes meurent dans le monde. Imaginez le nombre d’âmes en peine qui pleurent un être cher aux quatre coins du globe. Vous ne pouvez rien faire, ou presque, pour atténuer les douleurs de ces personnes. Par contre, imaginez le volume de bois, de marbre et autres métaux nécessaires à la fabrication de cercueils.

Rien qu’en France, les services funéraires consomment plus de 90 000 mètres cubes d’arbres pour la mise en bière des 540 000 décès annuels dans le pays. Cela représente une quantité phénoménale d’arbres, alors que l’enterrement représente seulement 68 % des décès. Dans les pays où la crémation est encore tabou ou inexistante, l’on n’imagine plus le nombre d’arbres abattus pour confectionner des cercueils.

Un cercueil biodégradable provenant du Danemark

Cette réalité glauque conduit certains créateurs à adopter une attitude plus écologique dans leur façon d’aborder la mort. Le designer danois Bendt Stov est de ceux-là. Son concept marque rapidement les esprits, même s’il ne s’agit pas du premier cercueil biodégradable commercialisé sur le marché.

Bendt Stov a baptisé sobrement son oeuvre DanCof. Dan correspond au diminutif du Danemark et Cof, à celui de « coffin », le mot anglais pour cercueil. Le DanCof tel qu’il est présenté par son créateur est fabriqué avec du papier maché recyclé.

Le DanCof : une bière légère et simple à sceller

Le choix du papier maché recyclé comme matière première n’est pas anodin. Ce matériau prend la forme d’une pâte dure, suffisamment solide pour supporter le poids d’un corps. Le papier maché recyclé est en lui même biodégradable. Un autre avantage de taille réside dans son poids. Le cercueil dans son ensemble pèse seulement 6 kilos. Les cercueils en bois traditionnels ou en zinc dépassent allègrement vingt ou trente kilos.

Le DanCof est également résistant à l’eau, en dépit de sa conception. Il est en outre facile à sceller. Une simple pression sur les bords suffit, là où les cercueils traditionnels ont besoin de fermetures en métal.

Des cercueils écologiques et personnalisés

Bendt Stov se veut flexible dans sa conception du cercueil biodégradable. Les familles du défunt sont libres de choisir la forme du cercueil ainsi que la couleur. Les ateliers DanCof façonnent leurs produits selon les coutumes du pays d’origine du mort. Les cercueils peuvent être ainsi de type Parisien, Tombeau, Lyonnais ou Américain. Des versions rectangulaires du DanCof sont proposées pour les familles originaires de Scandinavie.

La marque propose également des décors personnalisables pour ses bières. Ces ornements sont dessinés en fonction des origines, du métier, de la religion, voire de l’orientation politique du défunt. DanCof entend miser sur ces personnalisations pour se différencier des autres fabricants de cercueils biodégradables.

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