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L’embaumement des défunts

11/08/2020

Si auparavant, la thanatopraxie, ou la pratique de l’embaumement, était dédiée aux familles aisées des sociétés antiques, elle évolue aujourd’hui pour de nombreux motifs.

La pratique de l’embaumement possède une origine lointaine

Depuis les débuts de l’Antiquité, les Egyptiens possédaient un savoir-faire artisanal pour la momification des corps : c’est le commencement de la thanatopraxie. Durant la guerre de Sécession, l’embaumement chimique a permis de d’optimiser les conditions de transport des cadavres. De fil en aiguille, cette technique s’est imposée dans de nombreux pays vers les années 1960, notamment aux Etats-Unis et en France. Toutefois, elle demeurait réservée et accessible à une infime partie de la population, et surtout aux familles les plus aisées financièrement.

La thanatopraxie est un soin particulier pour les défunts

Selon la théorie antique, la thanatopraxie est réalisée afin que l’enveloppe charnelle passe l’épreuve de la mort pour la vie éternelle. De nos jours, elle vise à ralentir momentanément le procédé naturel de décomposition. En effet, il s’agit des soins apportés au corps du défunt pour le conserver dans de meilleures conditions, le temps de procéder à l’inhumation ou l’incinération. De manière générale, ces techniques modernes aident à préserver le corps de la décomposition naturelle. Ce processus aide à détruire un maximum d’infections et de micro-organismes pathologiques qui s’y trouvent. L’embaumement permet ainsi de présenter le défunt sous une apparence moins choquante, durant les funérailles.

Plusieurs raisons incitent à pratiquer l’embaumement

Pour différents motifs, bon nombre de personnes pratiquent la thanatopraxie. Sur le plan rituel, ce processus est adopté par certaines familles souhaitant garder l’aspect naturel du défunt le plus longtemps possible. Dans d’autres cas, l’embaumement implique la reconstruction du visage suite à un accident, un suicide ou encore une maladie.

Par ailleurs, elle permet aux proches d’éviter d’être exposés aux risques liés à la propagation des microbes d’un corps infecté. Dans certains pays, la législation exige l’embaumement des corps rapatriés depuis l’étranger.

L’embaumement devient une pratique funéraire courante

Depuis un certain temps, la thanatopraxie est devenue une pratique populaire dans les procédés funéraires. Le marché offrant ce genre de prestation a connu une forte croissance. Vu la hausse des offres, la concurrence incite à la réduction des tarifs et à l’optimisation de la qualité des services.

Un secteur à encadrer 

La plupart des jeunes souhaitent s’engager dans une carrière de thanatopracteur sans réellement savoir à quoi s’attendre. Avec pas moins de 200 000 interventions à réaliser par an, et une progression annuelle estimée entre 7% et 10%, les prestations à effectuer restent très variées. Même si les familles ne possèdent que très peu de détails quant à la mission du thanatopracteur, certains professionnels commencent à tirer la sonnette d’alarme sur le manque de professionnalisme de quelques-uns de leurs confrères. Le processus, aussi délicat soit-il, doit se dérouler dans les meilleures conditions possibles et avec tout le matériel nécessaire. Le président de l’Association française d’information funéraire (AFIF) affirme qu’en moyenne, le processus d’embaumement devrait durer 1h30 au minimum. Parmi ces minutieuses étapes, on note, entre autres :

  • Le lavage
  • L’entière désinfection du corps
  • L’aspiration des liquides corporels
  • L’injection de produit formolé
  • La couture des incisions
  • L’habillage
  • Le maquillage
  • La coiffure

Les risques auxquels sont exposés les thanatopracteurs

L’exposition quotidienne et la manipulation des produits chimiques placent forcément les professionnels de ce métier face à de sérieuses conséquences sur leur santé à long terme. De même que pour l’environnement, à l’instar des nappes phréatiques où les produits dangereux comme le formol s’échappent si le défunt est mis sous terre. Ces produits sont également susceptibles de se transformer en dioxine si le corps est incinéré. Les thanatopracteurs n’ont pas, dans l’ensemble, pris la pleine mesure des probables effets négatifs liés à l’utilisation de produits chimiques. Contrairement aux autres pays européens, seules la France et la Grande Bretagne admettent encore cette pratique. Même si le pourcentage de corps sur lesquels cette pratique est employée est très faible (3%), il n’en demeure pas moins important de réguler le secteur et former efficacement les candidats à ce métier.

Embaumements extrêmes 

L'embaumement est la coutume funéraire de nettoyage et de désinfection des organes après la mort. Dans l’Egypte ancienne, les gens ont utilisé des huiles et des herbes pour aider à préserver les corps des défunts. Et pourtant, aucun processus ou produits n’ont été conçus pour préserver un corps dans la tombe indéfiniment. 

Les bases de l’embaumement

Dans la pratique, depuis l'Egypte ancienne, on utilise le plus souvent des substances chimiques pour l'embaumement. Aujourd’hui, cela est utilisé pour les coutumes, tels que les visites ou les services funéraires et de prévenir la propagation de l’infection. Tandis que le travail esthétique est souvent utilisé pour l’aspect extérieur. L’embaumement moderne consiste principalement à enlever tout le sang et les gaz du corps et un fluide désinfectant est introduit dans le corps. Des petites incisions sont faites soit dans la carotide ou l'artère fémorale, le fluide désinfectant y est injecté et le sang est drainé à partir de la veine jugulaire ou fémorale. 

Si une autopsie est effectuée, les organes vitaux sont retirés et immergés dans un fluide d'embaumement souvent entouré d’une poudre de conservation, puis replacés dans le corps. Si une autopsie n'est pas effectuée, l'embaumeur fait une petite incision près du nombril pour aspirer les fluides corporels. La plupart des corps aux Etats-Unis et le Canada sont embaumés, même s’il n'est pas requis par la loi dans la plupart des cas, sauf dans des cas particuliers, notamment pour le rapatriement des corps quand l'issue fatale s'est produite loin de leur ville natale ou dans un pays voisin.

Des services commémoratifs non traditionnels

De nos jours, certaines familles de la Nouvelle-Orléans sont davantage attirées par les embaumements extrêmes. En effet, les morts sont exposés comme s’ils étaient toujours en vie à l'intérieur des maisons funéraires. Le défunt est scénarisé lors de ses funérailles, une façon pour la famille de lui rendre un dernier hommage à la hauteur de ce qu’il était de son vivant. Son attitude au quotidien, sa passion ou une activité qu’il affectionnait particulièrement seront révélées par ses habits, sa posture et le décor. 

Après la disparition tragique de Renard Matthews dans son quartier de la Nouvelle-Orléans, son corps était exposé comme s’il était en vie. Le jeune homme âgé de 18 ans était affalé dans une chaise de bureau devant un poste téléviseur comme s’il jouait du NBA2K avec les mains tenant une manette de PS4. La famille a tenu à ce qu’il porte un maillot des Celtics, des lunettes de soleil, des chaussettes dans des tongs et à ses côtés ses collations habituelles, une bière et un paquet de chips Doritos. Depuis ses funérailles, de nombreuses familles sollicitent ce genre de services commémoratifs non traditionnels. 

Au lieu d’exposer leurs proches dans un cercueil, les familles choisissent des scénarios décrivant les plus réalistes possibles tels que leurs proches étaient de leur vivant. C’est en 2008 à Porto Rico que cette pratique a fait son apparition. La Maison funéraire Marin a déjà vu exposés chez elle un défunt se tenant debout sur un ring de fortune ou assis sur un engin à deux roues comme s’il conduisait la moto. En 2012, le batteur du célèbre groupe Treme Brass Band Lionel Batiste, a demandé à ce qu’il soit près de sa grosse caisse, un scénario réalisé par la Maison Funéraire Charbonnet-Labat-Glapion.

Une personnalité de la Nouvelle-Orléans, Mickey Easterling, réputée pour ses soirées extravagantes a également été exposée sur une chaise avec une flûte de champagne dans la main et une cigarette dans l’autre. Une demande de la famille à Jacob Schoen & Son qui a réalisé leur souhait.

Soins de conservation du corps et de l’odeur…

Lorsque la dépouille est conservée dans une chambre funéraire ou mortuaire, les soins de conservation ne sont pas nécessaires. Il y a la conservation par le froid qui est facile et écologique contre l’utilisation de produits chimiques qui peuvent être nocifs pour le thanatopracteur. L’utilité des soins de conservation est de ralentir la thanatomorphose. En effet, cette dégradation peut être très rapide dans certains cas et varie suivant l’état de santé du défunt ou selon les circonstances du décès. La loi oblige la pratique des soins de conservation lorsque le corps sans vie était transporté sans cercueil de 24 à 48 heures. Les techniques de soins de conservation sont généralement suivies de soins cosmétiques comme la manucure, la coiffe et le maquillage.

Une société française a mis au point une nouvelle façon de garder les gens près de leurs proches défunts en conservant dans un flacon de parfum leur odeur. L'idée est venue à Katia Apalategui, agent d’assurances, quand elle a perdu son père dont l’odeur lui manquait énormément, il y a sept ans. Selon Mme Apalategui, sa mère âgée de 52 ans a admis ne pas avoir voulu laver la taie de l’oreiller sur laquelle son mari dormait, afin de garder l’odeur de cet homme qu’elle aimait tant. Katia Apalategui s’est mise à  imaginer des moyens pour capturer et préserver le parfum individuel d'une personne afin que sa famille proche ne l’oublie jamais. Les scientifiques savaient depuis longtemps que les odeurs sont liées à la partie du cerveau qui régule l'émotion et mémoire qui ont la capacité de vous propulser à une époque, un lieu ou encore vous souvenir d’une personne.

Pour développer son idée, Mme Apalategui a frappé vainement à différentes portes des années, jusqu’à ce qu’elle rentre en contact avec l'université du Havre (Urcom) qui a développé une technique pour reproduire l'odeur humaine. «Nous prenons les vêtements de la personne et extrayons l'odeur, représentant environ une centaine de molécules, et en développons un parfum en quatre jours», a expliqué Geraldine Savary de l'université, sans dévoiler les secrets du processus.

Le lien puissant entre l'odorat et la mémoire signifie que le produit offre un « confort olfactif », selon Mme Apalategui, avec les photos, les vidéos et autres souvenirs de la personne décédée. Son fils, qui est actuellement en école de commerce, prévoit de lancer leur start-up en mi-septembre avec l'aide d'un chimiste. « Nous allons proposer aux maisons funéraires donc à offrir aux familles une petite boîte contenant un flacon de l'odeur de leur proche, extraite d'un tissu ou vêtement qu’elles auront fourni au préalable. Fait sur-mesure, une charge émotionnelle très forte dans une bouteille, le parfum se vendra pour environ 560 euros », a déclaré Mme Apalategui. Toutefois, elle espère que la technologie ne limitera pas seulement à cela, mais pourrait être utilisée comme un cadeau de Saint-Valentin entre amoureux, ou même pour les enfants temporairement absents de leur parent, sous forme de doudou par exemple.

La thanatopraxie : plus qu’un soin, un véritable art

Avez-vous déjà entendu parler de la thanatopraxie ? Cette science assez peu connue est pratiquée par quelques initiés seulement. Et la raison en est toute simple : cet art est pratiqué sur les morts.

Comprendre ce qu’est la thanatopraxie

Dans le langage des pompes funèbres , la thanatopraxie demeure un terme peu commun, qui sonne bizarrement auprès des familles de défunts. Les Français sont, en effet, plus habitués à entendre des mots plus compréhensibles, comme embaumement ou soins de conservation. En réalité, la thanatopraxie désigne l’ensemble des soins et des techniques visant à préserver une dépouille mortelle de la décomposition naturelle. L’embaumement et les différents soins de conservation relèvent donc de cette science. Les traitements appliqués au corps du défunt ne servent pas uniquement à le conserver le plus longtemps possible. Ils visent également à détruire les micro-organismes et autres agents pathologiques contenus dans la dépouille mortelle.

Les soins appliqués par le thanatopracteur ont aussi un but esthétique. Le défunt conserve en effet son apparence la plus naturelle pour les funérailles. Cela facilite énormément le travail de deuil de la famille et des proches. Ce n’est donc pas un hasard si la thanatopraxie est l’apanage des pompes funèbres et de certains spécialistes, plus habitués à travailler avec les morts.

La thanatopraxie vue par la loi

La législation française considère la thanatopraxie comme un ensemble de soins non-obligatoires avant les funérailles. La loi prévoit néanmoins certaines limitations à cette pratique. Le thanatopracteur ou l’agence de pompes funèbres n’a pas le droit de commencer les soins de thanatopraxie , sans en avoir informé la famille et les proches du défunt.

Certains soins de conservation sont obligatoires sur des dépouilles prévues pour être transportées sur plus de 600 km. C’est aussi le cas pour les transferts sans cercueil effectués 48 heures après le décès, quelle que soit la distance.

Dans certains cas, la thanatopraxie est interdite par la loi. Les dépouilles destinées à la crémation ne peuvent pas, par exemple, bénéficier de ces soins. Les produits utilisés par le thanatopracteur, comme le formol, émettent en effet des polluants très puissants au contact du feu.

La thanatopraxie vue par les religions

La religion chrétienne tolère en général la thanatopraxie. Cela explique la fréquence de cette pratique dans les pays occidentaux, notamment en France où 40 à 50 % des défunts sont traités par des embaumeurs.

Les religions juives et musulmanes sont plus contraignantes sur ce sujet. La thanatopraxie est interdite dans ces confessions, sauf dans certains cas particuliers. Ces soins sont, par exemple, tolérés par les Juifs si la dépouille mortelle est transférée en Israël. En Islam, l’embaumement est aussi toléré si le corps est rapatrié dans le pays d’origine du défunt.

Les soins de conservation sont par contre interdits pour les hindouistes et les bouddhistes. L’injection de formol dans le corps est contraire aux valeurs de ces religions.

Comment se déroulent les soins en thanatopraxie ?

Le thanatopracteur respecte une procédure précise au moment d’appliquer les derniers soins sur le corps du défunt. Les pratiques varient selon les pays et les praticiens. La thanatopraxie comporte toutefois des étapes incontournables, peu importe le lieu des soins ou l’expérience du praticien.

Les préparatifs

Le praticien s’assure dans un premier temps que le corps est réellement mort. Il vérifie la rigidité cadavérique, la lividité de la dépouille mortelle ainsi que l’absence de pouls, entre autres. Le thanatopracteur établit ensuite l’identité du défunt, avant de procéder au déshabillage du corps. Ses effets personnels et ses vêtements sont ensuite rangés et répertoriés.

La toilette mortuaire

Le nettoyage du corps commence immédiatement après les préparatifs. Le thanatopracteur applique alors sur la dépouille mortelle un mélange de solutions désinfectantes. Le praticien profite de cette toilette mortuaire pour masser les membres et le corps du défunt. Ces massages ont pour but de diminuer la rigidité du corps.

Le traitement du visage et des yeux

Le praticien veille ensuite à ce que le défunt soit présenté sous son expression la plus naturelle. Les yeux sont fermés, de même que la bouche. Ce processus peut conduire le thanatopracteur à coller les paupières entre elles ou à réunir la mandibule et le maxillaire avec un fil. Outre le visage, le thanatopracteur s’assure aussi que la coiffure et l’allure globale du défunt correspondent à son aspect naturel. Il peut s’appuyer sur une photo récente du défunt dans le cadre de son travail.

L’étape de conservation

Au cours de cette étape, le praticien injecte une série de produits biocides et conservateurs dans le corps du défunt. Ces fluides contiennent un mélange de formaldéhydes, d’éthanol, de méthanol et de glutaraldéhyde. Ces solutions ralentissent la décomposition du corps et stoppent en même temps la propagation des bactéries à l’intérieur de la dépouille mortelle.

L’embaumeur poursuit les soins de conservation en injectant d’autres produits biocides à l’intérieur des organes cavitaires. Une troisième injection est enfin réalisée dans les parties sous-cutanées.

Le nettoyage et le maquillage

Après ces différents traitements, l’embaumeur effectue une dernière toilette sur la dépouille, avant de la laisser sécher. Le corps est ensuite rhabillé. Le thanatopracteur procède enfin aux derniers soins, comme l’application de produits cosmétiques sur le visage, l’étalage de poudres parfumées sur le corps ou la fixation d’une perruque, si besoin. 

L’apparence de la vie

La thanatopraxie regroupe les différentes techniques permettant de retarder la décomposition naturelle du corps avant la mise en bière. 

En quoi consiste le métier de thanatopracteur ?

Le thanatopracteur est plus communément appelé croque-mort. Intervenant dans un secteur sensible, il a longtemps souffert de mauvais clichés. Dans l’imaginaire collectif, il a souvent été représenté sous les traits d’un personnage sinistre et lugubre, annonciateur de malheur.

Le succès de la série télévisée Six Feet Under, diffusée en 2001, a considérablement contribué à populariser la thanatopraxie. Cet enthousiasme ne s’est jamais démenti puisque les sessions de formation en thanatopraxie ne désemplissent pas. De plus, on assiste à une notable féminisation du métier. La France compte aujourd’hui 800 hommes thanatopracteurs pour 200 femmes.

Devenir thanatopracteur requiert d’être diplômé, ainsi qu’une habilitation préfectorale. Sont admis les titulaires :

  • d’un Diplôme national délivré par l’École Nationale d’Administration et des techniques du funéraire
  • de l’École française de soins et sciences mortuaires

Il existe également des formations universitaires à Angers et à Lyon et dans certaines écoles privées. Le concours comprend des épreuves théoriques et pratiques, parmi lesquelles figurent l’anatomie, la toxicologie, la médecine légale ou encore la microbiologie.

Le thanatopracteur peut travailler pour une entreprise de pompes funèbres, une municipalité, une collectivité territoriale ou à son compte. Son métier requiert des qualités morales et physiques. Le thanatopracteur  évolue dans un environnement où le deuil fait partie intégrante. Il accomplit des tâches quelquefois surhumaines comme soulever une dépouille ou pratiquer des soins sur un corps en putréfaction. De ce fait, il doit être discret, disponible en permanence, minutieux, doté de sang-froid et vigoureux. Finalement, le thanatopracteur est une personne ordinaire exerçant une profession extraordinaire. 

On estime aujourd’hui le salaire mensuel brut d’un thanatopracteur à 1 733 € et entre 2000 € et 4000 € s’il est à son compte.

Les soins qui sont appliqués en thanatopraxie

Le thanatopracteur est considéré comme un embaumeur moderne. Grâce à son travail, le défunt recouvre des traits naturels et détendus. Il sera ainsi présentable lors de son exposition à domicile ou dans le funérarium, ainsi que le jour des obsèques. Divers techniques sont utilisées pour obtenir ce résultat, appelés soins de conservation.

Les soins de conservation

Les soins de conservation sont également appelés soins somatiques, art restaurateur ou soins de présentation. Une fois le cadavre déshabillé, le thanatopracteur commence à le nettoyer avec des produits antiseptiques et anti-putrides. Il continue en évacuant le gaz et le liquide, dont la masse sanguine, encore présents dans le corps. Il procède ensuite à une injection d’un liquide biocide tel le formol, à raison de 6 à 10 litres, afin de remplacer le sang. Ces opérations permettant de retarder la décomposition des tissus durent environ 1 heure 30.

Il faut noter que le thanatopracteur est habilité à extraire les prothèses fonctionnant au moyen d’une pile et à mouler le visage ou un membre du corps du défunt.

Des soins de surface

Associés aux soins de conservation, les soins de surface consistent à maquiller, coiffer et habiller le défunt en se basant sur une photo récente. Le thanatopracteur peut raser ou tailler une barbe, épiler les sourcils ou vernir les ongles. 

Une conservation par le froid

On peut conserver le corps en y appliquant de la glace carbonique. Grâce à cette technique simple et écologique, la température du corps est maintenue à moins 96 degrés. Pour un résultat optimal, il est nécessaire de l’appliquer toutes les 24 à 36 heures.

Il est également possible de louer moyennant 70 €, pour 48 heures, des équipements réfrigérants tels des lits ou des rampes techniques pour exposer la dépouille mortuaire à domicile ou à la maison funéraire.

Ce que dit la loi concernant la thanatopraxie

Le législateur oblige le recours à la thanatopraxie :

  • Dans un délai entre 24 heures et 48 heures après le décès
  • Si le corps doit être transporté sur une distance de plus de 600 kilomètres
  • Pour l’entrée d’un corps dans certains pays tels l’Afrique du Sud, les États-Unis ou encore la Colombie

De plus, cette opération nécessite une déclaration écrite auprès de la mairie de la Commune où sont pratiqués les soins de conservation émanant de la famille. Elle ne peut être effectuée qu’en présence d’un représentant de la loi comme un policier ou un gendarme.

La relation qu’entretiennent thanatopraxie et religions

La religion chrétienne ne tolère que modérément la thanatopraxie, qu’il s’agisse de funérailles protestantes, catholiques ou orthodoxes. Elle considère que le corps devrait être inhumé tel quel, sans interférer dans le processus de décomposition, qui est naturel, en utilisant des produits artificiels. Elle n’est donc effectuée que par nécessité.

Les soins de conservation sont interdits par l’islam et le judaïsme pour le même motif, sauf en cas de rapatriement du défunt vers son pays d’origine.

Les hindouistes et les bouddhistes rejettent également la thanatopraxie en raison de la pratique de l’incinération.

 

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