Carnet

L'expression « faire son deuil » serait contestée ?

11/06/2013

Après le deuil … Les endeuillés restent attachés à ceux qu'ils ont perdus.


« Tu y penses encore ? »
Comment peut-on penser qu'un tel événement puisse être un jour effacé de notre mémoire ?.
J’ai perdu mon père il y a 3 ans aujourd’hui et ce sentiment d'être incompris, un grand nombre d'endeuillés le partagent.

Comment l'attribuer ?
Dans une société où l'on encourage la maîtrise et l'acquisition : perdre n'est pas une affaire simple. Dans un souci pédagogique, l'idée que «faire son deuil» est un processus modélisable, valable pour tous et a priori assimilable de manière express
Un raccourci qui provient notamment d'une lecture faussée des travaux de la psychiatre suisse (mondialement connue) Elisabeth Kübler-Ross, grande pionnière des soins palliatifs dont nous avons souvent parlé dans avis-de-décès.
Elle a notamment formalisé les différentes étapes du deuil :  

  1. déni, colère, marchandage,
  2. dépression puis acceptation…

Un glissement fortuit mais capital s'est opéré
Le Dr Kübler-Ross avait dessiné les étapes émotionnelles du deuil d'un proche (ce dont il n'était pas vraiment question dans sa recherche sur les stades de la mort annoncée).
On s'est mis depuis à «faire son deuil» de tout : Perte d'un emploi, échec d’un projet, une amie, une illusion…
Les épreuves de la vie pourraient analysée en psychologie selon son modèle. .



Notion de perte en générale


Nadine Bauthéac (psychothérapeute spécialisée) accompagne des personnes endeuillées. Une de mes patientes ayant consulté un collègue de quartier s'est entendu dire qu'elle faisait un “deuil bloqué” parce qu'elle éprouvait encore beaucoup de peine 3 ans après le décès de son compagnon ! » s'indigne cette spécialiste.
Elle a notamment lu Freud et ses propos sur “le moi qui redevient libre” après avoir enduré la perte :

  • «On sait que le deuil aigu, après une telle perte, s'apaisera. Mais on restera inconsolable, on ne trouvera jamais de substitut. Tout ce qui viendra prendre la place, et qui peut même la remplacer entièrement, reste quand même quelque chose d'autre.»
  • Freud ajoutait : « Et au fond c'est bien ainsi. C'est la seule façon de continuer l'amour auquel on ne veut pas renoncer.»

« Continuer l'amour auquel on ne veut pas renoncer » semble être pour beaucoup d'endeuillés un moteur qui, bien loin de les entraver, leur évite la dépression.
Après une phase de choc, des temps de grandes souffrances, une élaboration peut se faire. Pour Nadine Bauthéac, il s'agit alors de «passer un nouveau pacte avec la vie», (ne serait-ce que par respect pour ceux qu'on a perdu)

  1. « La vie je l'ai, et eux ils ne l'ont plus »
  2. Qu'est-ce que je fais alors de ce temps qui m'est donné ?

Pour beaucoup d'endeuillés, cette question appelle des réponses créatives et réapprendre à goûter les plaisirs simples. Nadine Bauthéac explique :
" Autant de preuves qu'on peut continuer à vivre, voire se transformer, tout en ressentant de temps à autre la souffrance de l'absence provoquée par une musique qui passe à la radio, une date anniversaire ou Noël … L'endeuillé ne doit pas pour autant se voir affublé d'une image de dépressif. C'est tout simplement une personne courageuse qui fait un énorme travail psychique ".

Source : d’après articles Figaro Santé

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