Carnet

La fin des cimetières ?

19/11/2019


La société change et les rites funéraires évoluent avec elle.    

Les sondages montrent une baisse de fréquentation des cimetières (même à la Toussaint), les nouvelles générations s’approprient la mort et le souvenir à leur façon : 

38% des 18-39 ans ne vont jamais dans les cimetières. Ils se recueillent en pensant à leurs proches décédés... 

Seulement 23 % des 18-39 ans s'y rendent parfois et 14 % à se promener systématiquement le 1er novembre entre les stèles.

⦁ « Les jeunes sont plus dans l'émotion que les plus de 40 ans. Pour eux, le souvenir ne passe pas par le cimetière, il est dans le simple recueillement, en pensant au défunt". 

⦁ Tout au long de l'année, ces pensées se traduisent par des messages postés sur les réseaux sociaux (aussi bien sur Facebook que Twitter et Instagram). Ils coïncident avec des temps forts, comme les anniversaires, la date du décès... Aux hommages s'ajoute le partage de photos. L’étude menée par la Chambre syndicale nationale de l'art funéraire explique aussi que les réseaux sociaux remplacent parfois les faire-part de décès.
En 2005, une étude du Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie montrait que 51 % des Français de plus de 40 ans se rendaient systématiquement au cimetière où reposent leurs proches pour la Toussaint. En 2018, ils ne sont plus que 34 % à venir se recueillir au cimetière...

Évolution des modes de vies et des croyances

⦁ Une plus grande mobilité géographique des jeunes 

⦁ L’augmentation des grands cimetières urbains placés en périphérie des centres-villes

⦁ Une capacité d’abstraction plus forte, un moindre attachement au cimetière lié à la hausse des crémations et à la dispersion des cendres

⦁ La baisse du sentiment religieux et du rituel du souvenir

Sont les éléments sociologiques qui contribuent à la baisse de fréquentation des cimetières explique l’étude récente du Crédoc. Dans l’esprit des Français, la crémation représente aussi moins de contraintes d’entretien laissées aux familles et la possibilité de disperser les cendres dans la nature, en choisissant un endroit personnel et évocateur. 

Plus de vert ! Moins de Gris...                

Ces dernières volontés rejoignent les valeurs des cimetières paysagers qui poussent peu à peu en France, véritables jardins pour les morts. Dans ces cimetières naturels, très verts, les personnes sont plus enclines à venir se recueillir que dans des cimetières traditionnels et gris, ils sont davantage des endroits de vie que de mort. Thèse développée par Manon Moncoq (doctorante en anthropologie à Tours).

Les plus jeunes (18- 39 ans) veulent davantage être inhumés que leurs aînés 

Si la crémation est devenue un choix majoritaire, dépassant la part des 35 %, Le Crédoc constate toutefois une nouvelle tendance (pour des raisons religieuses principalement) : les plus jeune privilégient l’inhumation. " Cela reflète un changement du rapport au corps, avec une crainte plus grande de le voir brutalement disparaître et un plus grand désir de le voir retourner à la terre et d’en conserver une trace physique "... constate Salmon Legagneur. 

" Retour à la terre "

Depuis les années 2000, l’apparition de nouveaux modes funéraires sont tournés vers l’écologie. " En France, la perte des repères religieux, l’augmentation du recours à la crémation et l’injonction environnementaliste, ouvrent à des rites funéraires alternatifs, rappelle Manon Moncoq. Les nouvelles croyances par rapport à la mort ne sont plus dans la logique de garder le corps pendant des siècles et des siècles, mais de rentrer dans le cycle naturel de la vie en offrant son corps à la Terre et en limitant son impact sur celle-ci, peut- être par sentiment de culpabilité.

L’humusation, comme le relaye Le Parisien, pourrait peut-être devenir le rite funéraire de demain en France. Légalisé par l’État de Washington et en phase d’expérimentation en Belgique, l’humusation consiste à déposer le corps sur le sol, nu dans un linceul, et de le recouvrir d’humus pour accélérer sa décomposition.  L’idée finale de cette démarche, serait même d’utiliser ce “ compost ”, avec une symbolique très forte...

Plusieurs modes de sépultures alternatifs « verts ».

L’aquamation, crémation par solution aqueuse acide, brevetée en Grande-Bretagne en 2007 et autorisée dans quinze États américains et trois provinces du Canada. 

La promession, déposée par la Suédoise Susanne Wiigh-Masäk en 2001 (non autorisé), qui requiert la congélation du corps par azote liquide puis impulsion de vibrations pour que celui-ci tombe en particules,

Capsula Mundi - Non Autorisé - (mode de sépulture inventé par deux Italiens en 2002 pour lequel le corps est inhumé dans un œuf biodégradable, au-dessus duquel est planté un arbre. Pour disparaître, sans laisser de traces sur Terre, seulement dans les esprits...

Eloignement géographique et augmentation du nombre de crémations

Des "likes" ou des émoticônes en forme de cœur...plutôt qu’un recueillement devant la sépulture et la pratique de la création d'une page Facebook dédiée au défunt se répand !. Elle permet aux internautes de publier des commentaires et des images, afin de faire vivre le souvenir du défunt. Mais les réseaux sociaux ne sont pas l'unique cause de la baisse de fréquentation des cimetières. D'autres études mettent en avant l'éloignement géographique des familles. L'augmentation du nombre de crémations est aussi à prendre en compte.

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