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La tendance à davantage mourir chez soi que dans un établissement de santé va se poursuivre, estiment les scientifiques.

30/06/2020

Selon une étude publiée à Boston dans le New England Journal of Medicine, 29,8% des décès d'origine naturelle aux États-Unis sont survenus dans les hôpitaux et 30,7% à domicile. Même si l’écart est très faible, il devrait se poursuivre, un tel ratio n'avait pas été observé depuis le milieu du XXe siècle. 

Cette analyse concerne les Américains qui déclarent préférer mourir à la maison et éviter le cadre institutionnel, ainsi presque la moitié des citoyens US ont rempli des directives anticipées, qui précisent souvent que le corps médical ne doit pas prendre de mesures extrêmes pour prolonger leur vie.

Les hôpitaux américains perçoivent depuis longtemps des incitations financières pour ne pas garder les patients bénéficiant du Medicare (le système d'assurance santé américain) pendant de longues périodes.

En France (selon les derniers chiffres de l'Insee), 610.000 personnes sont mortes en 2018 : 24% à leur domicile et 53% dans un hôpital ou une clinique.

Il faudra attendre bien entendu, attendre les statistiques officielles des morts du Covid 19 pour avoir les chiffres et la tendance 2020. Le recours à l’hospitalisation à domicile est en augmentation, même si celle-ci reste une pratique statistiquement marginale. Les situations palliatives et de fin de vie y prennent une place d’importance. La maison dans notre société Française n’est pas conçue comme le lieu du « grand départ ». Les proches et les acteurs de la personne en fin de vie, doivent ajuster leur nouveau rôle et celui de leurs interlocuteurs.

Chaque année, environ 200 000 personnes ont besoin de soins palliatifs en France.

Mourir chez soi, dans un environnement familier, dans l'intimité des siens… un souhait difficile à réaliser pour beaucoup de personnes en France. Seulement un quart des Français meurent à leur domicile. "Plus on approche de la mort, plus le maintien à domicile se raréfie au profit de l'hospitalisation", ont constaté les chercheurs dans une publication de l’Ined. 

Les soins médicaux, de plus en plus complexes, rendent le maintien à domicile compliqué ou impossible. Concernant l’aspect financier, le tarif moyen d’une hospitalisation à domicile est de 140 euros par jour, les proches ont donc besoin d’aides qui sont très souvent insuffisantes.

C'est en tout l'explication la plus avancée par les proches qui hospitalisent leur parent malade, même si ce dernier s'y oppose.

Toute personne souhaitant vivre ses derniers instants à son domicile peut bénéficier d’une prise en charge spécifique dans le cadre des soins palliatifs. Pour que ceux-ci puissent se dérouler à domicile, il est nécessaire qu'il y ait : 

⦁ Une demande du patient
⦁ Un environnement familial favorable
⦁ Une équipe de proximité, un médecin traitant
⦁ Un retour possible à n'importe quel moment vers une structure hospitalière.

La décision du maintien ou du retour à domicile d’une personne en fin de vie doit être prise de manière collégiale par le patient lui-même, ses proches et ses médecins en considérant l’ensemble des paramètres qui permettront de faciliter cette période douloureuse et garantir un confort maximum au patient et à sa famille. Un bon accompagnement de la fin de vie passe par une coordination et une communication régulière entre tous les différents acteurs qui entourent la personne.

Comment accompagner la fin vie des patients désirant mourir chez eux ? 

Le sujet mobilise les médecins libéraux depuis la mise en examen récente du Dr Jean Méheut-Ferron, interdit d’exercice après avoir administré du midazolam (un hypnotique sédatif), à plusieurs patients en fin de vie. Une molécule autorisée à l’hôpital et en hospitalisation à domicile, mais très rarement accessible aux médecins de ville, dont beaucoup souhaitent que la réglementation soit assouplie comme le relate le Parisien.

Le puissant sédatif serait disponible dans les pharmacies de ville pour les « médecins qui prennent en charge des patients en fin de vie à leur domicile », avait annoncé le ministère de la Santé en Février 2020 pour une mise en circulation fin Juin 2020. Selon nos sources dans les officines, à ce jour ce n’est pas encore le cas ...

Début janvier, (comme le relate La Croix) plus de 1 000 praticiens avaient signé un texte de soutien au généraliste normand provisoirement interdit d’exercice pour avoir administré ce médicament (et obtenu de manière irrégulière) à plusieurs de ses patients en fin de vie. Les professionnels de santé libéraux réclamaient d’avoir « les mêmes droits que leurs collègues hospitaliers, dans le cadre de la loi Leonetti, sans risquer de se faire interdire d’exercice ».

 

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