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La mort par noyade et le crime

PRATIQUE

21-08-2015

Lorsqu’une personne se noie, ses poumons vont se remplir d'eau et la possibilité de transférer l'oxygène dans le sang est diminuée. Lorsque la personne lutte pour ne pas respirer, l'eau entre en force dans les sinus. Perdre l’alimentation en air et l’utilisation de trop d'énergie conduira à une chute rapide de l'oxygène dans le sang, ce qui entraîne une perte de conscience dans un très court laps de temps et une issue fatale.

La noyade est difficile à prouver au-delà de l'étape de la disparition accidentelle, simplement en raison de la nature dans laquelle elle s’est produite. Prouver qu’un individu, a, en quelque sorte aidé à supprimer un autre par noyade est difficile à établir et ne peut généralement être établi que s’il y a des blessures physiques telles que des coupures ou des contusions ou si une tierce personne est témoin oculaire de l'événement qui a eu lieu.

Le médecin pathologiste va tenter de reconstruire les faits en déterminant d'abord ce qui n'a pas eu lieu. Cela peut sembler un peu contradictoire, mais c’est la meilleure façon d'écarter les autres causes que le décès accidentel. Tout simplement, si le pathologiste a été demandé pour l'autopsie d'un corps qui a été retrouvé dans l'eau mais n'a pas de blessures physiques ou des problèmes cardiaques, la conclusion la plus probable est la mort par noyade qui sera ensuite répertoriée comme une issue fatale par mésaventure.

En effet, il peut y avoir des occasions où il se révèle difficile d'établir si oui ou non le défunt était en vie quand il était sous l'eau. Cela parce que même si une personne sans vie est sous l’eau, le corps reste immergé pendant une période de temps, puis les poumons se remplissent également. Parfois, une condition appelée «noyade sèche» peut se présenter quand le nerf vague du larynx provoque un spasme lorsque l'eau a pénétré dans la gorge, ainsi le passage vers les poumons est bloqué et toute l'eau qui s’y trouve ne peut pas en sortir et plus d'eau ne peut y entrer. L’individu dans ce cas succombe à un arrêt cardiaque.

Le médecin pathologiste sera toutefois rechercher des signes d'hémorragie, du sang dans les poumons, et aussi des prélèvements de l'environnement dans lequel le défunt a été trouvé (pierres ou des rochers, des preuves de griffure sur les doigts si la victime a tenté de s’échapper). Il tentera également de fournir la preuve que la personne a perdu la vie dans l'eau douce ou salée. Ceci est particulièrement utile s’il y a des soupçons dans l’enquête. Par exemple, si la victime est retrouvée dans de l'eau salée, mais l'eau dans ses poumons est l'eau douce, on peut raisonnablement supposer qu’il y a anguilles sous roches. Sans ces tests particuliers, prouver le crime par noyade est difficile pour un pathologiste.

Source: www.exploreforensics.co.uk

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