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Le réalisateur Steven Eastwood filme une mort réelle

13/09/2018

Briser le tabou en filmant une vraie mort. C’est ce que le réalisateur Steven Eastwood a sorti par le biais d’un documentaire suivant des patients en fin de vie dans des centres de soins palliatifs. Qu’en est-il du processus de la mort ? Qu’advient-il du corps sans vie ?

Une séquence de sept minutes…

Le film « Island » a été tourné dans un hospice de l’île de Wight relatant les derniers instants de vie d’Alan Hardy, un directeur du dépôt de bus du nord de Londres. La séquence à caractère tabou dure sept minutes. Steven Eastwood a suivi des patients en phase terminale pendant une année, entre 2015 et 2016 à l'hôpital Earl Mountbatten à Newport. Quatre d’entre eux font partie du documentaire. « Une scène de lit de mort dramatique» a indiqué Eastwood quand il parle des scènes tournées. 

Rassembler quelques derniers mots dans les derniers instants de sa vie, telle est la chose qui nous vient à l’idée lorsque quelqu’un agonise, mais la réalité est différente. Pendant les dernières minutes, Alan expire davantage jusqu’à ce que les expirations prolongées s’arrêtent. L’équipe de soins palliatifs s’est soigneusement occupé de lui, gérant sa mort pendant deux jours, il s’éteint dans la nuit. Dans la vidéo, on entend Eastwood ronfler légèrement en laissant sa caméra tourner car il s’est endormi 20 minutes avant le décès d’Alan.

Une mort indolore, soignée et soutenue

A l’annonce du décès d’Alan, Eastwood pouvait voir clairement à son réveil que sa disparition avait été très soignée, indolore et soutenue, « une bonne mort ». La caméra tourne encore au moment où les infirmières lavent le corps sans vie d’Alan et le coiffent avec une telle tendresse et leur respect envers lui sont profondément émouvants. Le but de cette expérience était de changer ces mauvaises descriptions de choses aussi naturelles que la mort. Il n’y a effectivement pas beaucoup de films sur la fin de vie réelle. Cependant, Sophie Calle et Bill Viola, deux artistes contemporains ont tous deux filmé leur mère mourante.

Selon Eastwood, les centres de soins palliatifs devraient être plus visibles dans la communauté pour rendre la mort moins effrayante et plus familière pour tous, mais également supprimer cette stigmatisation liée à la maladie en phase terminale. Ce genre de films pourrait être à l’égal des films de naissance pour les rendre les gens moins effrayés par la mort. Etre mieux informé sur ce qui arrive à notre corps quand nous mourons peut apaiser l'anxiété.

Source: Theguardian.com

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