Carnet

Les métiers du funéraire : un secteur à creuser.

10/08/2020

Emplois funéraires : place aux jeunes ! 

C'est un secteur souvent laissé dans l'ombre et pourtant le funéraire recrute, des pompes funèbres aux crématoriums ! 

Quels métiers dans le funéraire ? 

Sur 1000 emplois, on comptera 600 porteurs ou marbriers, des emplois facilement accessibles en terme de formation, ainsi que 300 conseillers funéraires

Le conseiller funéraire  

C'est un commercial, responsable de l'accueil et de l'accompagnement des familles qui viennent dans une agence à l'occasion d'un deuil. Le conseiller s'adapte à leur demande en leur proposant les services adaptés. 

Le métier exige donc un bon sens de l'accueil et des relations humaines, du tact et de l'organisation... en bref, il faut avoir le sens du service, et évidemment, un bon équilibre humain et psychologique. Le certificat de qualification professionnelle de conseiller funéraire est délivré par la branche professionnelle. Il se valide en entreprise et s'obtient après une formation théorique (140 heures) et une formation pratique (70 heures). En plus de ce diplôme, de nombreux conseillers ont un Bac Pro commerce ou services ou BTS.

Conseiller prévoyance

Le conseiller prévoyance est un professionnel de l'assurance. Il rencontre toutes celles et ceux qui souhaitent préparer leurs obsèques à l'avance. Il conseille et propose un financement adapté à leurs situations financières. Le conseiller prévoyance a une formation bac+2 dans les secteurs de la banque ou de l'assurance.

Fossoyeur    

C'est un agent des pompes funèbres qui travaille dans un cimetière. Employé par la commune ou par une société privée, il est chargé d'accomplir différentes tâches : creuser et remplir les fosses, ouvrir et refermer les caveaux, veiller à l'entretien général du cimetière, disperser les cendres, exhumer un corps, conduire un convoi...Il suit une formation de 16 heures dans les 3 mois à compter du début de l'exercice de la fonction. Il doit acquérir des notions essentielles concernant la législation funéraire, les techniques de portage et de terrassement, la vision psychologique du deuil. Une aptitude au port de charges lourdes est indispensable.

Maître de cérémonie          

Diriger la cérémonie, prendre la parole en public, respecter le protocole. Pour devenir maître de cérémonie, il faut être titulaire d'un diplôme spécifique comprenant une formation théorique et une évaluation pratique (soit 2 fois 70 heures). Celle-ci peut être complétée par un CAP (certificat d'aptitude professionnelle) du secteur commerce et transport, un bac pro services (accueil, assistance, conseil) ou commerce ou vente (prospection, négociation, suivi clientèle).

Marbrier            

Artisan du marbre, il construit et aménage les sépultures, de la pose du caveau jusqu'à la pose du monument funéraire. Il gère ainsi la manutention, le stockage des éléments des monuments. Il se charge également d'entretenir les sépultures, une fois celles-ci construites. Il existe 2 voies principales pour devenir marbrier : 
- CAP tailleur de pierre 
- CQP (certificat de qualification professionnelle) d'agent technique en marbrerie funéraire.

Thanatopracteur

Réaliser des soins au défunt (asepsie du corps, habillage...) dans le plus strict respect du corps et de la déontologie de la profession. Le diplôme national de thanatopracteur s'obtient à l'issue d'une formation théorique et pratique d'un peu plus d'un an au cours de laquelle s'effectue une sélection selon le nombre de places offertes par l'État. Vous pouvez également préparer en un an le diplôme technique de thanatopraxie à l'université Claude-Bernard de Lyon ou le diplôme universitaire thanatopraxie à Angers. 

Tous les diplômés ou les professionnels ayant une formation ou une expérience dans les services peuvent donc être intéressés par ces « débouchés ».
Travailler ainsi à proximité de la mort n'est certes pas évident, mais c'est aussi cette gravité qui peut intéresser certains candidats en quête d'un "métier qui ait du sens". 

Juste après la Seconde Guerre mondiale, de plus en plus de jeunes se sont intéressés aux emplois liés aux pompes funèbres. Ces personnes prennent aujourd'hui leur retraite et laissent place aux nouvelles recrues. Les personnes âgées de plus de 65 ans devraient croître rapidement dans les décennies à venir. En pratique, une population vieillissante entraîne une augmentation des besoins en professionnels funéraires. La profession de directeur de pompes funèbres en fait partie. Secteur souvent non priorisé par les chercheurs d’emploi surtout la plupart des jeunes, le milieu funéraire est à découvrir et recrute dans des activités de conseil, soins aux défunts ou cérémonie. Chaque minute, plus d’une centaine de personnes perdent la vie. En France, le marché funéraire est estimé à 2,5 milliards d’euros contre 1,5 milliards en 2014 en Allemagne. Pour ce qui est de la Grande-Bretagne, le secteur funéraire est évalué à 2 milliards de livres soit de 2,3 milliards d’euros. D'ici à 2050, le taux annuel de mortalité en Amérique augmentera à 10,2 pour 1 000 personnes contre 8,3 pour 1 000 aujourd'hui. Quant à l'Espagne, on parle d'une augmentation de 12,8 pour 1 000 contre 9,1 actuellement. En Italie, le taux annuel de mortalité va grimper de 10,6 pour 1 000 à 13,7 pour 1 000. L’Insee indique que le nombre de décès s’élève à plus de 550 000 par an et devraient atteindre les 600 000 morts avant 2030.

Pourquoi une école de directeur de services funéraires ?

Les directeurs de services funéraires ou de pompes funèbres fournissent des services à la fois au défunt et au deuil. Les pratiques funéraires et les rites varient selon les cultures et les religions, mais partagent généralement des éléments communs: transporter le défunt, préparer les dépouilles, une cérémonie en l'honneur des disparus et combler les besoins spirituels de la famille ainsi que l'enterrement ou la crémation. Pour cela, ils doivent connaître de nombreuses religions et groupes ethniques.

Ils doivent être compatissants et pourtant professionnellement retirés pour donner le meilleur d’eux-mêmes pour le service au deuil. Bien que la famille et son conseiller spirituel prennent habituellement les décisions environnant le service funéraire ou commémoratif, les directeurs des funérailles travaillent en étroite collaboration avec ces personnes pour peaufiner le déroulement des événements. Ils sont habilités à préparer les avis de décès, organiser la préparation des tombes et des installations et assurer le transport du défunt et de sa famille. Ils doivent également se préparer à quitter les frontières nationales si besoin. Ils s'occupent des documents tels que l'assistance aux membres de la famille avec les avantages des anciens combattants et la sécurité sociale, et sont une ressource d'information et de référence pour traiter les polices d'assurance ou encore les pensions.

Une autorisation d’exercer

Après avoir suivi une formation liée à la profession, les directeurs de services funéraires sont autorisés à exercer. Ils peuvent prendre la décision d’avoir un crématoire sur place ou prendre des dispositions pour avoir une telle installation. Une école dédiée aux pompes funèbres prépare le directeur de funérailles à des cours de pathologie et de physiologie, anatomie, crémation, gestion d'entreprise, systèmes informatiques, sociologie, psychologie, droit, d'éthique et de réglementation, communication, de funérailles et le droit des affaires. Un apprentissage doit également être complété. 

Selon la réglementation de l’Etat ou du pays, l'apprentissage peut durer de un à trois ans. Sous la tutelle d’un directeur funéraire agréé et expérimenté, l'apprentissage peut être suivi avant, pendant ou après l'école mortuaire. Les examens du Conseil d'État, qui varient d'un État à l'autre, doivent être complétés. Le directeur de funérailles a une position très importante dans la communauté. Une bonne école de services mortuaires est une excellente préparation pour cette profession stimulante et honorable. Pour exercer le métier de gestionnaire d'entreprise de pompes funèbres,  conseiller funéraire et maître de cérémonie, il est obligatoire d’obtenir un diplôme délivré sur examen. 

Les métiers de maître de cérémonie, thanatopracteur, médecin légiste ou encore conseiller funéraire sont loin des préjugés. Ils ne font pas peur malgré le fait qu’ils côtoient de près la mort au quotidien. Pour devenir thanatopracteur, il faut un diplôme d’Etat. L’Association des thanatopracteurs de France indique qu’il y a près de 700 thanatopracteurs en activité, qu’ils travaillent au sein d’une entreprise de pompes funèbres ou en indépendants. La médecine légale quant à elle est particulièrement fascinante et attire les vocations. Il faut suivre des études et se spécialiser en psychiatrie médico-légale, balistique ou en anatomo-pathologie. Contrairement à ce qu’on croit savoir sur ce métier, le rôle du médecin légiste ne se résume pas uniquement à la pratique des autopsies.

Une évolution sociétale…

Bien que le secteur soit un peu laissé dans l’ombre, le développement des services funéraires, à savoir le grand nombre d’issues fatales en institution ou à l’hôpital, la prévoyance des obsèques par les personnes âgées et isolées, l’augmentation des crémations ou encore le désir de certaines familles à laisser les professionnels funéraires en charge de toutes les démarches ou leur difficulté à célébrer la fin de vie…, a été favorisé par les évolutions sociétales de ces dernières années. Les services proposés par les professionnels sont de plus en plus étendus. On parle ici d’accompagnement, crémation, assurances, obsèques et organisation de cérémonie.

De nombreux emplois sont disponibles dans le milieu funéraire. Grâce à des formations facilement accessibles par tout le monde, on compte entre autres les métiers de marbriers, porteurs, assistant, gestionnaire d’entreprise de pompes funèbres ainsi que des conseillers funéraires. Ces derniers sont formés pour accompagner, conseiller et orienter les familles qui se rendent dans une agence de funérailles suite à la disparition d’un être qui leur sont cher. Ce sont des commerciaux dans le secteur qui ont un bon sens des relations humaines, de l’accueil et de l’organisation tout en proposant des services adaptés à chaque situation donnée et s’adaptent à l’exigence de la famille. Important que les personnes qui travaillent dans le milieu funéraire aient du tact et un bon équilibre psychologique et humain.

Les emplois liés à la mort intéressent davantage les gens en quête de métier « qui ait du sens », étant donné que travailler dans cette ambiance n’est certes pas évident et est souvent considéré à tort comme étant morbide. Dans ce secteur peu connu, il y a des opportunités d’évolution. Un agent funéraire stagiaire peut progressivement accéder à la place de directeur d’agence en gravissant les échelons. 

Au fur et à mesure que les jeunes s’intéressent aux soins de la mort, ce secteur et ses activités parallèles connaissent une nette évolution. Cela est dû à la moindre stigmatisation de tout ce qui concerne la mort et au dynamisme de ce secteur en matière d’emploi. Jeunes entrepreneurs, employés ou en formation, voici l’histoire de quelques personnes qui se sont lancées dans les pompes funèbres.

Chong Elson, est un jeune initié au métier

Chong Elson est le directeur général et fondateur de la société funéraire Serenity Casket & Funerals. Il n’avait que 24 ans lorsqu’il a fondé sa propre entreprise en 2009. À cette époque, les soins de la mort étaient ordinairement exercés par des personnes plus matures. M. Chong Elson était donc parmi les rares jeunes à travailler dans ce secteur.

Si sa propre famille oeuvrait déjà dans ce domaine, Chong Elson n’avait pas vraiment envisagé de suivre cette voie. D’ailleurs, sa spécialité au baccalauréat lui promettait une belle carrière dans l’hôtellerie. Ce n’est qu’après avoir assisté au travail de son père que sa passion a fait surface.

Ainsi, il se lance dans la fleur de l’âge dans la création de « Serenity Casket & Funerals ». Sa société funéraire connaît un bel essor grâce aux services qu’elle propose. En effet, ses prestations visent à prendre soin des personnes endeuillées, tout comme des personnes décédées. Cette dernière catégorie est prise en charge, soit par incinération ou par enterrement. Serenity Casket & Funerals peut également bâtir des monuments de commémoration, concevoir des cercueils et pierres tombales. En outre, elle rend plus accessibles l’utilisation de limousine et ses arrangements funéraires, personnalisables selon les attentes de la famille du défunt.

Depuis quelques années, la société de M. Chong Elson connaît une atmosphère nouvelle grâce au nombre accru de jeunes de moins de 30 ans qui s’y intéressent.

À 22 ans, M. Lyndon Leong futur pilote, préfère devenir directeur des pompes funèbres

Lyndon Leong, 25 ans, a préféré oublier son rêve de devenir pilote pour se tourner vers l’industrie des pompes funèbres. À l’heure actuelle, il est directeur d’une entreprise de services funéraires, au grand damne de ses parents, désireux qu’il embrasse une brillante carrière dans l’armée. Cela ne l’a toutefois pas empêché de travailler pour la compagnie « The Life Celebrant », dont l’activité est similaire à celui d’un organisateur événementiel. Elle s’occupe entre autres de :

- L’organisation des funérailles
- La manutention logistique
- La préparation de cercueils

L’idée de se lancer dans ce marché lui vint lors d’une cérémonie de funérailles, alors qu’il était en quête d’un emploi. Qui plus est, il avait du mal à imaginer l’éloignement de famille une fois qu’il serait devenu pilote. Par ailleurs, l’idée d’être parmi les rares jeunes à se lancer dans l’industrie funéraire est un réel défi pour lui. Contrairement aux plus sceptiques quant à sa nouvelle carrière professionnelle, Lyndon Leong garda en tête un adage qui prend tout son sens : il y a des gynécologues qui vous mettent au monde, alors pourquoi éviter les professionnels qui vous en retirent ?

L’une des plus jeunes thanatopractrices de Singapour travaille chez Serenity Casket & Funerals

La sœur de M. Chong, le fondateur de Serenity Casket & Funerals, est stagiaire dans son entreprise. Nicole Chong est âgée de 22 ans. Aussi étonnant que cela puisse paraître, malgré son jeune âge, cette thanatopractrice a déjà travaillé sur plus de 500 corps. D’ailleurs, c’est à elle qu’a été confié le corps de son collègue décédé d’une crise cardiaque. En attente d’être certifiée dans le domaine, elle en profite pour s’améliorer en suivant les formations en vue de l’obtention de son diplôme en embaumement.

Teo Alex, 29 ans, gère l’entreprise de services funéraires de son grand-père

Pour M. Teo Alex, la raison pour laquelle il entrait dans le secteur funéraire était simple : il voulait assurer la perpétuité des pompes funèbres « Ban Kah Hiang Trading », fondée par son grand-père. Cette entreprise expérimentée de 50 ans profite d’un marketing de contenu à travers les réseaux sociaux. À cela s’ajoute une amélioration logistique mise en place par M. Teo Alex pour mieux suivre les inventaires de la société familiale.

D’autres jeunes n’osent pas encore se lancer dans le secteur

Avec une moyenne oscillant entre 3 à 8 demandes par mois, beaucoup de jeunes n’osent pas encore se lancer dans le marché des services funéraires. Cela vient parfois du fait que la religion et la culture héritées considèrent le contact physique avec des morts comme un interdit. Quoi qu’il en soit, ce marché en constante évolution offre une réelle opportunité aux jeunes de s’intégrer dans la vie professionnelle.

 

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