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L'histoire du sinistre col

HOMMAGES : Textes - Poèmes - Lettres ouvertes

24-05-2013
Le col ne devrait pas s'appeler «le col de l'Homme mort » mais plutôt « le col des Hommes morts ».
D'où ce fameux col de la montagne du Lingas, en hautes Cévennes, tient-il son nom ? Hormis quelques légendes, nul ne pouvait se targuer d'avoir percé le mystère du col. La lumière peut enfin être faite sur l'origine de ce nom qui aura laissé perplexe tant de promeneurs.
La famille Gounelle réside à La Fabrègue (Arrigas) en 1830, est composée de 3 frères :
  • Le premier est agriculteur, il vit et travaille à La Fabrègue.
  • Ses deux frères se font régulièrement saisonniers et vont jusqu'à travailler dans le bas pays, région viticole au sud des Cévennes qui s'étend jusqu'à Nîmes et au-delà.

Le reste de l'année, ils vivent tous deux à la ferme des Montets, à Dourbie. Cette année-là, ils reviennent au pays après avoir gagné quelques sous en vendangeant.
L'hiver s'est déjà installé à leurs arrivées à Arrigas.

Il est tard, le soir, quand ils gagnent La Fabrègue au milieu d'une tempête de neige. Leur frère leur offre le souper. Inquiet, il tente de les dissuader de reprendre la route, en pleine nuit. Il insiste, leur préparera un lit et ils pourront repartir pour Dourbie dès le matin. Il faut plusieurs heures à un bon marcheur pour franchir les sommets et redescendre sur Les Montets. Les deux frères refusent, ils veulent repartir dès leur souper avalé, leurs pénates leurs manquent après de nombreuses semaines.

Leur frère ne les reverra jamais.
Les deux frondeurs n'atteindront jamais leur ferme. Il est très probable qu'il aura fallu attendre la fin de l'hiver pour s'apercevoir de leur disparition.
Au printemps, sur les lieux d'un col que l'on rebaptisera pour l'occasion, on retrouvera une paire de bottes, mâchouillées, et des lambeaux de vêtements.
Les loups n'auront rien laissé des deux fermiers. Sans doute pris par la neige, et par une meute de loups affamés...

Mais le sinistre col, dont le nom de baptême rappelle que l'homme,n'est jamais en terrain conquis, doit aussi son origine à une autre histoire macabre :
Le col de l'Homme mort doit donc son nom à deux faits marquants.
70 ans après cette triste mésaventure, nous sommes vers 1900, un berger arrive pour l'estive sur La Tude (un sommet pelé au-dessus du futur site du lac des Pises). L'homme ne possède presque rien. Il trimbale certainement toutes ses économies sur lui. On le retrouvera assassiné non loin du col.
L'histoire le montre, le col n'a en rien usurpé son nom et le mythe qui imprègne ces forêts mystérieuses est bien réel.

Source : MidiLibre

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