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Religions et rites funéraires

07/08/2020

Les religions monothéistes accordent le plus grand respect aux défunts à travers leurs rites funéraires. Les rites funéraires rassemblent les pratiques et les rituels qui accompagnent le décès d’un individu. 

Comment se déroule un enterrement catholique classique ?

En dépit de la montée en puissance des obsèques laïques, l’enterrement catholique demeure le plus répandu en France. La cérémonie pour des funérailles de ce genre est souvent inchangée, peu importe le diocèse où l’événement a lieu. Voyez quels sont les rites indissociables d’un tel service religieux.

La messe funéraire catholique navigue entre tradition et quête du réconfort

En France, le catholicisme et ses rituels demeurent très présents dans les grands moments de la vie, comme le baptême et le mariage. C’est toujours le cas au moment de la mort : plus de la moitié des funérailles religieuses en France incluent le rite religieux catholique. La prédominance de l’enterrement catholique n’est pas toujours liée à la ferveur religieuse des familles de défunts.

Bon nombre de personnes endeuillées optent pour cette solution dans le but de réunir toute la famille, les proches et amis du défunt et lui rendre un dernier hommage de manière solennelle. D’autres pensent que le travail de deuil est plus aisé lorsqu’il commence par un recueillement religieux.

Une autre partie, non négligeable, admet vouloir bien faire et respecter les dernières volontés du défunt. Enfin, les obsèques catholiques sont aussi une source précieuse de parole réconfortante et pleine d’espérance pour bon nombre des personnes endeuillées.

Comment s’organisent les funérailles catholiques ?

Toutefois, la raison ayant conduit au choix de funérailles catholiques importe peu. L’essentiel est de s’assurer de réussir cette étape cruciale du travail de deuil. La bonne organisation de la cérémonie s’avère dès lors déterminante sur son bon déroulement. Si vous deviez un jour organiser un tel événement, les règles à suivre sont les mêmes.

La planification d’un service funéraire catholique se fait le plus rapidement possible après le décès. Le mieux serait de contacter l’église ou le presbytère du lieu où la cérémonie a lieu dans le jour suivant le décès. Le prêtre fournira alors toute son aide ainsi que d’autres précieuses recommandations autour du service religieux. La discussion avec le prêtre s’articule autour du choix des prières, de la programmation des lectures de textes et des chants pour l’enterrement.

Si vous connaissez personnellement un prêtre dans l’entourage du défunt, celui-ci sera le mieux placé pour organiser une cérémonie plus intime et plus personnalisée. 

Quel est le déroulement de la veillée funéraire ?

Ce rituel est une tradition bien ancrée dans la religion catholique. La veillée mortuaire ne nécessite pas forcément l’intervention d’un prêtre. L’organisation de ce rite, non obligatoire, incombe à la famille et l’entourage du défunt.

La veillée mortuaire catholique est constituée d’une succession de prières, d’intercession, de lectures, d’invocations et de prières litaniques bien définies. Des sites spécialisés publient des exemples types de veillée funéraire conforme avec la liturgie catholique.

L’assemblée rend hommage au défunt

C’est la première étape de la messe de funérailles. Il s’agit d’un moment dédié à honorer le souvenir du mort. Le prêtre – ou un membre de la famille – prononce un discours qui résume en quelque sorte la vie du défunt. Durant cette allocution, il est important de mettre en exergue les qualités de la personne décédée. Ce temps de parole est le meilleur moment pour raconter des anecdotes qui illustrent vraiment sa vie et sa personnalité. Le discours se conclut par un remerciement des personnes présentes à l’enterrement. Le discours en hommage au défunt peut être précédé ou suivi d’un chant d’entrée.

Le rite de la lumière vient après ces mots d’accueils. Cela consiste à allumer, puis disposer des cierges ou des lumignons autour du cercueil. La famille et l’entourage peuvent aussi déposer des photos, une croix ou d’autres objets personnels en lien avec le défunt durant ce rite.

Lorsque vient le temps de la parole

Cette deuxième partie est marquée par la lecture de textes bibliques tirés du Nouveau ou de l’Ancien Testament. La lecture de ces versets revient à un membre de l’assistance ou à un proche du défunt. Une autre lecture d’un psaume ou un chant effectué par un autre proche s’ensuit.

Le célébrant (le prêtre, le laïc ou le diacre) prend la suite de la lecture avec un passage de l’évangile, suivi de l’homélie.

Le temps de la parole peut être marqué par la lecture d’un texte profane, comme un poème ou un passage de livre. Cette partie demeure facultative et ne remplace en aucun cas les textes sacrés de la messe.

Les prières sont suivies par la messe funéraire

Le temps des prières commence par la lecture de Prières universelles par un ou plusieurs proches du défunt. L’assemblée reprend en cœur un refrain après chaque lecture d’intentions. Vient ensuite la messe funéraire proprement dite, suivie de l’Eucharistie (si la cérémonie est dirigée par un prêtre) et du Notre Père.

Le défunt quitte définitivement la vie terrestre

Ce rite marque le passage du défunt de la vie terrestre vers le paradis céleste. Le temps de l’A Dieu commence par l’absoute. Cette dernière consiste en une prière autour du cercueil, dont le but est de délivrer le mort de ses péchés.

Le célébrant procède ensuite au rappel du baptême, symbolisé par l’aspersion d’eau bénite et l’encensement de la dépouille du défunt. La famille l’imite par la suite par un acte de foi et d’adieu, comme une aspersion d’eau bénite du cercueil, la déposition de fleurs ou une inclination devant la dépouille.

Après l’adieu au mort, les personnes de l’assemblée passent auprès de la famille pour témoigner de leur amitié et de leurs condoléances.

La cérémonie de l’inhumation est plus courte

Une autre cérémonie, plus courte, a lieu sur le lieu de l’enterrement. Ce dernier rituel est le moment fort de l’enterrement, dans la mesure où c’est la dernière fois où la famille et les proches ont l’occasion d’exprimer leur affection au défunt. Des rituels plus intimes, comme la lecture de lettres d’adieu, des chants ou la déposition de fleurs de deuil ont lieu durant cette dernière étape.

La messe est différente pour les cas particuliers

Les personnes décédées après un suicide, celles qui choisissent la crémation et celles non baptisées peuvent aussi bénéficier d’une cérémonie religieuse catholique. La messe se déroule néanmoins de manière différente.

Le rite de la croix et de l’eau bénite n’a pas ainsi lieu pour l’enterrement d’un individu catholique, ce geste se référant au baptême. Certains rituels, comme l’absoute, seraient aussi oubliés dans le cas d’une crémation.

Eglise catholique : Un prêtre peut-il refuser de célébrer un enterrement ?

Voici quelques notes importantes quant aux dispositions que prend l’Eglise concernant l'octroi de traités ecclésiastiques ou leur dénégation, selon le liturgiste Don Enrico Finotti. Le relativisme religieux et moral nécessite un argument spécifique. L'Église, par le mandat même du Seigneur, se rapporte à tous les peuples et est envoyée à toutes les nations de la terre jusqu'à la fin des siècles.

La mission des églises 

Afin de mener à bien sa mission, l’église utilise trois instruments connus: le Catéchisme (la foi); le livre liturgique (la grâce); le Code de Droit Canon (la discipline).

- Les funérailles ecclésiastiques doivent être données aux fidèles partis conformément à la loi.

- Les funérailles ecclésiastiques, avec lesquelles l'Église implique une aide spirituelle pour les morts et honore leurs corps, et qui, ensemble, apportent le réconfort de l'espoir vivant, doivent être célébrés selon les lois liturgiques.

- L'Église recommande vivement que la pieuse coutume d'ensevelir les corps des morts soit conservée; cependant, il n'interdit pas la crémation, à moins qu'elle n'ait été choisie pour des raisons contraires à la doctrine chrétienne.

Dans la Communion des Saints, l’église invoque les âmes bénies qui jouissent déjà de la vision de Dieu et prie pour ceux qui sont encore en purification. C'est pourquoi elle ne cesse jamais d'offrir le Sacrifice Divin tous les jours en l'honneur des Saints et à la délivrance des âmes en peine. Elle exhorte également les fidèles à une prière constante pour leurs proches décédées, pour une résurrection et la vie éternelle. 

Les personnes qui ont droit à des funérailles ecclésiastiques

D’après le Code de Droit Canon, les personnes touchées par la privation de funérailles ecclésiastiques sont les suivantes, si avant la mort, ils n'ont donné aucun signe de repentance :

⦁ Celles qui sont des apostats notoires, des hérétiques, des schismatiques

⦁ Celles qui ont choisi la crémation de leur corps pour des raisons contraires à la foi chrétienne;

⦁ Les pécheurs manifestes, à qui il n'est pas possible d'accorder les funérailles sans scandale public des fidèles.

Toutefois, la loi de Dieu, qui veut que son Eglise une religion légitime, conformément à sa pensée, qui est selon le dogme de la foi catholique, pratiqué par des gens se conforment objectivement et publiquement à la repentance chrétienne ou du moins formellement exprimé avant la mort corporelle. L'Eglise a le devoir de remplir ce droit, en vérifiant le statut canonique du défunt et en célébrant les funérailles conformément aux lois liturgiques.

Le droit du défunt, doit être respecté dans son libre choix, même s'il diffère des principes de la foi professée par l'Église. L'Église a le devoir, après avoir déclaré son jugement sur le sujet et avec un profond regret d'esprit, de respecter la volonté du défunt.

Le droit du peuple de Dieu et de toute la société, qui doit être adéquatement informé et éduqué sur la pensée du Christ et de l'Église concernant la vie, la mort, l'éternité, le bien et le mal, le bien et le mal, le vrai et le faux. L'Église a le devoir de manifester clairement à tous la doctrine du Christ et de donner à ses enfants une éducation juste, à travers ses lois canoniques et ses rites liturgiques.

En conclusion…

L'Église catholique n'est pas une institution sociale, dédiée aux services humanitaires en général, destinée à quiconque en fait la demande. En particulier, il n'offre pas un service funéraire indifférencié, au-delà de toute appartenance religieuse ou choix moral. L'Église ne célèbre que les Traités de ses enfants, les baptisés, qui vivent en public et actuellement dans sa communion. Voilà pourquoi, aussi bien dans les livres liturgiques que dans le Code de droit canonique, il n'y a aucune mention de « mort » en général, mais toujours «fidèles défunts», selon la célèbre affirmation du Canon romain: Memento etiam, Domine , famulorum famularumque tuarum, ici praecesserunt cum signo fidei, et dormiunt dans somno pacis.

L’enterrement selon les traditions orthodoxes

Suite à un décès au sein de la communauté orthodoxe, l’enterrement se fait selon des croyances et des traditions bien codifiées.

Du retour de l’âme vers Dieu

La spiritualité occupe une place importante dans les traditions funéraires orthodoxes. Selon les croyances, la mort d’un individu signifie l’accession à une nouvelle vie.

Dans la foi orthodoxe, l’âme se séparerait du corps durant les trois jours suivant le décès. L’âme ferait ensuite son ascension vers les cieux et auprès de Dieu pendant quarante jours. Quarante jours durant lesquels cette dernière se purifie.

Le rituel de l’absolution vu par l’Eglise Orthodoxe

Le jour du décès, juste avant la mise en bière, le défunt reçoit l’absolution par l’encens de la part du prêtre. Autour, des personnes chantent et prient. Durant ce cérémonial, le cercueil reste ouvert.

Si le décès est survenu à l’hôpital, la célébration de ce premier office n’attend pas. Elle est réalisée sur place. L’intention est de souligner la présence surnaturelle du défunt. Aussi, l’icône de ce dernier est déposée entre ses mains, face à lui. Ses bras sont croisés, sur sa poitrine. Le défunt est béni par le prêtre juste après l’encensement.

Dans les pays occidentaux, le cercueil est refermé après cette étape, en présence du prêtre. Dans les pays orthodoxes, le cercueil reste ouvert jusqu’au jour de la cérémonie à l’église et de l’enterrement. L’occasion, pour les proches du défunt, d’y déposer des fleurs ou de venir se recueillir.

Comment se déroule la cérémonie funéraire à l’Eglise ?

A l’église, on place trois chandeliers autour du cercueil : un de chaque côté, et un au pied de ce dernier. Les proches du défunt présents lors de la cérémonie se voient alors distribuer chacun un cierge. Ils l’allumeront à l’aide des cierges placés dans ce chandelier.

Ce rite a, lui aussi, une symbolique forte. En effet, les cierges traduisent l’idée que le défunt est transporté dans la lumière céleste.

Le déroulement d’un enterrement orthodoxe

Considérés comme irrespectueux pour le défunt, l’incinération, l’autopsie et le don d’organes sont interdits. Néanmoins, si une enquête légale ou scientifique est en cours, l’autopsie est tolérée. Il n’y a pas non plus de toilette rituelle, et la veillée funéraire est optionnelle, mais généralement pratiquée.

L’enterrement a lieu trois jours après le décès, le temps que l’âme se sépare du corps. Au cimetière, les membres de la famille déposent une poignée de terre sur le cercueil. Puis, le prêtre invite les personnes présentes à embrasser la croix. Après un dernier office, le cercueil est enseveli.

En France et dans les pays occidentaux, la religion orthodoxe est très peu représentée. Par conséquent, il peut être utile de faire appel à un service de pompes funèbres au courant des rites orthodoxes. Il faut également savoir que l’Église orthodoxe s’adapte au pays d’implantation. Ainsi, les rites peuvent plus ou moins différer en fonction des lois occidentales.

Les rituels après l’enterrement

Comme dit plus haut, l’ascension vers Dieu se poursuit sur quarante jours. Ainsi, les proches peuvent rendre hommage au défunt durant le troisième, le neuvième et le quarantième jour suivant le décès.

Un an après sa mort, les proches du défunt se réunissent à nouveau pour prier en sa mémoire. Il s’agit d’un office appelé Pannychide.

Les rites et les cérémonies funéraires juifs

La cérémonie funéraire juive est restée inchangée ou presque depuis des millénaires. Voyez comment se déroule un enterrement juif au XXIe siècle.

Une cérémonie funéraire régie par la Torah

Le rituel funéraire juif se déroule conformément aux directives de la Torah. Au même titre que la Bible chez les Chrétiens,  ou le Coran, chez les Musulmans, la Torah constitue la principale écriture sainte du Judaïsme. Il s’agit d’un ensemble de cinq volumes, qui selon la tradition juive consiste en l’enseignement divin, transmis par Moïse aux Hébreux.

Les rites funéraires juifs peuvent varier d’une région à une autre. Les obsèques chez les Juifs épousent néanmoins un seul schéma dicté par la Torah. Les rites se décomposent en trois temps :

⦁ Avant l’enterrement,

⦁ Lors de l’enterrement,

⦁ La période de deuil.

Les rituels funéraires avant l’enterrement

Les rituels funéraires dans la religion juöve commencent dès le jour suivant la mort du défunt. Ces rites ancestraux d’avant l’inhumation se décomposent en quatre grandes étapes.

⦁ Immédiatement après la mort : personne n’a le droit de toucher à la dépouille mortelle, sous peine de devenir « impur ». Seul le fils du défunt est autorisé à procéder à la fermeture des yeux et de la bouche. Le défunt juif reçoit immédiatement des prières afin que son âme quitte son enveloppe charnelle.

⦁ Le corps doit être purifié par un rituel codifié et exécuté par des personnes spécialement désignées.

⦁ S’en suit la veillée, durant laquelle le défunt est allongé sur le sol, le corps recouvert d’un drap blanc. Amis de la famille et religieux veillent le corps.

⦁ En signe de deuil, sept parents proches du défunt se lèvent, prient, et déchirent leur vêtement, au niveau du cœur.

Le déroulement de l’enterrement

Le défunt est enveloppé dans un linceul blanc, puis mis en terre, dans des conditions simples, accompagné de prières, le Kaddish. L’enterrement à même le sol est le mode d’inhumation préconisé par la Torah. Cette pratique est toutefois interdite dans la majorité des pays où les juifs résident.

La dépouille est alors déposée dans un cercueil simple, puis enterrée dans le carré juif du cimetière. Si la famille ou le défunt le souhaite, la dépouille peut être enterrée en Terre Sainte, autrement dit en Israël.

L’inhumation est le seul traitement de la dépouille mortuaire autorisé par la Torah. Les Juifs croient en effet que la crémation prive le défunt d’une sépulture, donc de tout bonheur dans l’au-delà. Cette pratique est toutefois tolérée par certains rabbins. Concernant l’exhumation, elle n’est tolérée que pour rapatriement du corps en Israël.

Le deuil, 11 mois pour pleurer le défunt

Le deuil chez les Juifs commence dès la sortie du cimetière, avec le lavage des mains, sans séchage, dans une démarche de mémoire. Hormis l’aspect émotionnel et psychologique, le rite du deuil dure un an.

Cette période compte trois parties, à savoir :

1. Chive’a, les sept jours qui suivent l’inhumation, plusieurs obligations rigoureuses et une très grande austérité sont à observer par les proches du défunt.

2. Chelochim, observé pendant 30 jours par les ascendants, descendants, frères et sœurs du défunt. Les règles sont moins rigoureuses.

3. Chana Hassera, qui désigne la fin des 11 mois de deuil observé par les enfants du défunt.

Les obligations de tenues et de prières

Les personnes, proches ou moins proches, du défunt doivent adopter une tenue sobre, tandis que les hommes portent la kippa. Enfin, les proches non-juifs peuvent organiser un enterrement juif et y assister.

Les prières seront alors récitées par des personnes de confession juive, désignées à cet effet.

Glossaire des rites et de la cérémonie d’enterrement juif

‘Hévra Kadicha : confrérie religieuse d’accompagnement des proches lors de la veillée précédant l’enterrement. Exécute également la toilette mortuaire.

Tahara : rituel de purification du corps du défunt, exécuté par la ‘Hévra Kadicha.

Keria : signe de deuil.  Les proches du défunt déchirent une partie de leur vêtement.

Tsidouk Hadin : cette prière est récitée pendant la descente du défunt dans sa tombe.

Minyan : groupe d’adultes de confession juive, chargé de remplacer les proches non-juifs pour la récitation des prières. Il représente le peuple d’Israël durant l’inhumation.

Onen : les personnes les plus proches du défunt.

Avélim : personne qui doit porter le deuil.

Seoudat Havraa : premier repas de la famille du défunt après l’enterrement, servi par des personnes extérieures à la famille.

Chabbat : le samedi, jour de repos, qui commence dès la tombée de la nuit du vendredi soir. Signe la levée temporaire des obligations liées au deuil.

Kaddish : prière prononcée auprès de la tombe par le rabbin ou le minyan. Deux formes existent, l’une pour l’enterrement, l’autre, récitée par les endeuillés. 

Le déroulement des rituels funéraires en Islam.

L’Islam, comme les autres religions, a sa propre conception des rituels funéraires. Voyez comment se déroule la cérémonie d’inhumation religieuse chez les musulmans.

La mort est n’est qu’une étape

L’Islam possède des codes à respecter lors du décès et de l’enterrement d’un musulman. Ces codes reposent sur la croyance selon laquelle la mort ne constitue qu’une étape de passage. Les musulmans pensent en effet que l’âme d’un défunt continue de vivre dans la tombe pendant 40 jours après la mort. Ce n’est qu’après ce bref interlude qu’elle rejoint le Paradis, aux côtés des autres croyants.

Cette croyance influence les rites funéraires pratiqués par les proches et familles avant, pendant et après l’enterrement.

Les différentes étapes d’un enterrement musulman

Les obsèques musulmanes se déroulent selon une organisation bien définie. Tous les détails des funérailles sont régis par le code de l’Islam, notamment :

⦁ Les délais impartis pour l’inhumation

⦁ Les obligations administratives à respecter selon le pays où se déroule l’enterrement

⦁ La toilette mortuaire

⦁ Les interdictions et recommandations

⦁ Le transport du corps jusqu’au cimetière

⦁ Les prières musulmanes lors de l’enterrement

⦁ La mise en terre

L’inhumation se déroule 24 heures après le décès

Lorsque le décès survient dans un pays musulman, les préparatifs et l’inhumation doivent est traités en 24 heures. L’enterrement se déroule le lendemain matin pour un décès survenu la veille au soir, et le matin, s’il est survenu avant le coucher du soleil.

Les règles d’inhumation diffèrent selon le pays, même si cela retarde la mise en terre. Fréquence des vols oblige, il faut compter plus de 24 heures pour l’inhumation, si le corps est rapatrié depuis l’étranger.

Le défunt inhumé dans un cercueil ou à même la terre

Un musulman enterré en pays musulman ne le sera pas de la même manière dans d’autres pays. En France, par exemple, le corps est placé dans un cercueil pour des raisons sanitaires. En pays musulman, le défunt est posé à même la terre.

La toilette purificatrice du défunt

Avant d’être inhumé, le défunt doit être soigneusement lavé par quatre personnes du même sexe. Le veuf ou la veuve du défunt peut aussi assister ou participer à ce rituel.

Il s’agit de le nettoyer, de l’essuyer, puis de l’envelopper dans du linceul blanc. La tête du défunt doit pointer vers La Mecque.

Le rite du transport jusqu’au cimetière

Après la toilette purificatrice, le corps du défunt est posé sur une civière, recouvert d’un drap, ou mis dans un cercueil. Transporté par quatre hommes, il est déplacé la tête la première. L’assistance prie incessamment tout au long de ce rite.

En pays musulman, tout passant qui croise le cortège mortuaire doit s’y mêler et l’accompagner jusqu’au cimetière. Le cortège suit le défunt, posé à côté de sa tombe une fois au cimetière.

Des obligatoires à chaque étape des funérailles

Les obsèques musulmanes sont ponctuées de prières. Au cimetière, elles sont récitées à haute voix par l’Imam et par l’assistance de la manière suivante :

⦁ L’imam récite à haute voix la première partie de la prière des morts

⦁ L’assemblée récite la Fatiha

⦁ L’imam reprend la prière des morts

⦁ L’assemblée récite la prière sur le Prophète

⦁ L’imam reprend la prière des morts

⦁ L’assemblée récite la prière pour le repos de l’âme de défunt

La mise en terre du défunt

Le rituel de mise en terre commence après les prières et les incantations. Tous les membres de l’assistance doivent alors observer une dernière fois le visage découvert du défunt avant l’inhumation. Étape ultime, deux jeunes hommes mettent le défunt en terre, visage tourné vers La Mecque.

Interdictions et recommandations funéraires à respecter en Islam

Les musulmans doivent respecter des obligations et des interdictions, que les obsèques se déroulent en France ou ailleurs. Cela concerne aussi bien les rituels obligatoires que les questions inhérentes au comportement et aux habits durant l’enterrement.

De préférence, les femmes ne doivent pas assister à l’enterrement au cimetière. Elles attendent que le corps soit recouvert de terre pour se recueillir. Les fleurs ne font pas partie des traditions funéraires musulmanes et l’assistance doit être habillée convenablement et sobrement.

Le déroulement d’une cérémonie funéraire laïque.

Le rite religieux occupe une place importante dans la majorité des obsèques. L’on constate malgré tout une volonté de plus en plus tenace des familles et des défunts à se défaire de cette tradition et de privilégier la cérémonie laïque. Quelles sont les étapes marquantes de telles funérailles ?

L’enterrement laïque progresse

En 2013, environ 70 % des obsèques en France incluaient au moins une pratique religieuse. Cela dénote un certain attachement des familles et des défunts aux valeurs traditionnelles, même s’ils reconnaissent volontiers avoir pris des distances avec la foi. Derrière ce chiffre se cache néanmoins une réalité indiscutable : la part des funérailles religieuses en France continue de diminuer. Entre 2008 et 2013, la part des obsèques cultuelles a baissé de 5 %

A l’inverse, de plus en plus de personnes souhaitent supprimer l’aspect religieux de la cérémonie funéraire d’un proche… ou même de leurs propres obsèques. Leur choix conduit à une lente, mais puissante montée des obsèques laïques. Ce type de cérémonie diffère d’un enterrement religieux sur un point crucial : la famille jouit d’une très grande liberté dans l’organisation du service funéraire.

L’organisation est moins contraignante

En effet, les contraintes à prendre en compte sont moins nombreuses. Exit la liturgie, la lecture de textes bibliques (ou du Coran ou de la Torah) et autres rites religieux. La plus grande partie du programme s’articule autour des derniers hommages rendus au défunt. La cérémonie pourrait se dérouler selon les volontés du mort, si ce dernier a donné des consignes claires dans son testament ou dans un contrat obsèques. Le cas échéant, l’organisation de l’événement revient à la famille et aux proches du défunt. Certains intervenants et services sont indissociables d’une telle cérémonie.

Il y a un maître de cérémonie

Un enterrement civil ne requiert pas la présence d’un pasteur, ni d’un prêtre ou d’un imam. La cérémonie nécessite par contre l’intervention d’un maître de cérémonie. Il est chargé de diriger l’événement et d’introduire les différents intervenants et programmes des funérailles.

Le maître de cérémonie peut être une personne proche du défunt ou de sa famille. Dans la plupart des cas, les agences funéraires fournissent un maître de cérémonie habitué à assumer un rôle aussi important.

Comment se déroule la cérémonie ?

Aucun programme type de cérémonie funéraire laïque n’existe. La famille est libre de planifier les différentes étapes des obsèques, du moment qu’elles respectent les souhaits du défunt. Plusieurs programmes et rituels non religieux peuvent avoir lieu durant la cérémonie. Voici une liste non exhaustive des programmes possibles d’un enterrement laïque :

⦁ l’accueil des proches : c’est le moment où la famille du défunt reçoit les condoléances des connaissances, des amis, collègues et autres personnes qui se sont déplacées pour la cérémonie

⦁ l’évocation du défunt par le maître de cérémonie

⦁ l’hommage au défunt : cette étape revient généralement à un représentant de la famille ou un ami proche du défunt

⦁ lecture de poèmes ou de textes par une ou plusieurs personnes de l’assistance

⦁ diffusion d’une musique, d’une vidéo ou d’un autre média très apprécié du défunt

⦁ le recueillement

⦁ déposition de fleurs ou d’objets représentatifs la mémoire du mort

La cérémonie précède l’enterrement ou l’inhumation

La cérémonie précède logiquement l’enterrement ou l’inhumation. Elle a souvent lieu dans une chambre funéraire ou dans l’espace réservé aux services funéraires d’un crématorium. Une cérémonie civile peut aussi avoir lieu directement au cimetière. De telles funérailles surviennent rarement un dimanche. La quasi-totalité des pompes funèbres et des cimetières ferme en effet le dimanche. Et puis, à quoi bon organiser un enterrement laïc si c’est pour le faire pendant le « jour du Seigneur » ?

Obsèques : quelles pratiques pour la communauté protestante ?

Chaque religion a sa manière de concevoir les rituels funéraires. Un enterrement catholique se déroulera ainsi autrement qu’une inhumation selon les traditions protestantes. En quoi les funérailles protestantes sont-elles différentes ?

Une cérémonie adressée aux vivants

Le protestantisme pratique des rituels funéraires très différents de ceux en vigueur chez les catholiques ou les Juifs, par exemple. A noter toutefois que même au sein des nombreuses confessions protestantes, de nombreuses variations de cérémonie funéraire subsistent. C’est notamment le cas au sein des trois grandes branches du protestantisme, à savoir l’évangélisme, le calvinisme et le luthéranisme. 

Le principe de la cérémonie funéraire protestante reste néanmoins le même pour toutes ces branches. Au départ, les pasteurs se refusaient de célébrer un office funéraire pour éviter les pratiques superstitieuses chez les croyants. Les demandes de plus en plus pressantes des familles de défunts poussent néanmoins l’Église protestante à se doter de ses propres traditions concrètes.

Le service funéraire protestant ne s’adresse pas au mort. La cérémonie se concentre avant tout sur les vivants, notamment les proches et la famille du défunt. L’office peut être ainsi célébré en l’absence de la dépouille mortelle, avant ou après l’inhumation ou la crémation.

La cérémonie comporte néanmoins des parties qui rendent hommage au défunt. Le discours du pasteur s’attarde notamment sur l’importance de l’oeuvre du défunt sur son entourage ainsi que sa vie dans sa globalité. Les rituels visent essentiellement à soulager la douleur et la tristesse des amis et proches endeuillés, et non à souligner le passage du défunt vers l’au-delà.

Déroulement d’un office funéraire protestant

Une cérémonie funéraire protestante dure entre 30 minutes et une heure, selon les choix spécifiques de la famille endeuillée.

⦁ Elle commence avec l’arrivée de la famille et des proches du défunt au temple : c’est le traditionnel rituel de l’accueil.

⦁ Le temps de la mémoire vient après l’accueil de la famille : les membres de l’assistance sont libres de prendre la parole – non sans recevoir l’accord du maître de cérémonie. Cette partie est consacrée aux histoires retraçant les moments marquants de la vie du défunt. Les anecdotes et les histoires contées par les intervenants s’adressent à l’assistance, et non au défunt.

⦁ Le temps des louanges : le pasteur récite quelques prières de remerciement à Dieu pour la vie du défunt, et pour le réconfort des survivants

⦁ Le temps du réconfort et de la lecture biblique : cette partie inclut la lecture d’un texte biblique en relation avec la vie du défunt ou à ses croyances. Le pasteur intervient à nouveau pour faire revivre la mémoire du défunt

⦁ Chants religieux si la famille le souhaite

⦁ Bénédiction des vivants : La cérémonie se conclut par la bénédiction de l’assistance, ainsi que des proches et de la famille du défunt.

Une cérémonie hyperpersonnalisable

La cérémonie religieuse des obsèques protestantes se déroule de fait sous le signe de la simplicité, mais pas que. La famille jouit aussi d’une grande liberté dans l’organisation du déroulement des rituels. 

Elle peut notamment choisir les modalités des funérailles, la durée de la cérémonie au temple ainsi que la présence ou l’absence de fleurs.

Contrairement à l’Église catholique, qui préfère la mise en terre, tout en tolérant l’incinération, le protestantisme accepte les deux méthodes. D’ailleurs, le pasteur est présent aux côtés de la famille, si elle se rend au crématorium.

Comment le protestantisme voit-il le don d’organes ?

Le dogme protestant n’interdit pas le don de corps à la science et le don d’organes. Ces deux choix sont considérés comme un élan de générosité, un acte ultime du croyant envers les vivants.

 

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