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Seize ans qu'il passe après la mort

03/09/2012

A San Francisco, Neal Smither est nettoyeur de scènes de crimes

 Avec un pragmatisme qui dérange, il a fait son business des traces des accidents, suicides et meurtres.
Les tâches de sang, les fluides, les cadavres oublié des morts que personne ne remarque pendant des semaines, mais pas l’émotion, ni l’histoire de ceux qui ont vécu.
Pragmatique, il est, c’est tout.
Neal Smither, 45 ans sait tout des derniers moments. Pas les derniers soupirs ou les ultimes paroles. Il sait ce qui vient après.
La puanteur du vomi sec, l’odeur métallique du sang des accidentés, les taches écarlates que laissent ceux qui se mettent une balle dans la tête.
Après la levée d’un corps, Neal nettoie les lieux que la mort a choisis, efface les dernières traces d’une existence terminée.
A coups de désinfectants, de produits désodorisants, il fait disparaître l’insoutenable, rend le drame invisible.
« Pulp Fiction » en regardant une scène du film, le nom de son entreprise lui est venu : « Les nettoyeurs des scènes de crimes ».

Poli, professionnel, c’est tout. Ganté de caoutchouc toujours.


« Je fais de tout :

  1. Suicides
  2. Meurtres
  3. Accidents
  4. Cellules de détention,
  5. Voitures de police
  6. Résidus de morts naturelles.

Je nettoie tout. Et, à côté, je transporte les cadavres. »
Il le fait pour l’argent, il ne s’en cache pas. Et il attend le même pragmatisme de ses employés.
De ceux qui s’essaient aux condoléances, il n'en veut pas. « C’est les pires, ceux qui veulent prêcher. » Les sentiments, c’est pour la famille des défunts, pour ceux qui restent. Lui, il ne fait que monnayer un service.
Mr Smither est l’antithèse d’un professionnel des pompes funèbres. Pour ce spécialiste du post-mortem :
Le vernis des cercueils et les fleurs sont une lucrative comédie jouée par une industrie opaque, détenue par quelques grands monopoles.
La mort n’est pas esthétisée
Dans son business, le cadavre n’est pas arrangé :

  1. Pas de métaphores romantiques surfacturées
  2. Pas de rouge sur les joues du défunt.

Neal Smither pense désinfection et décontamination.
Il sait que la mort est « dégueulasse ».

A part le Département de police, il travaille pour :

La clientèle de Crime Scene Cleaners est avant tout blanche, de classe moyenne et supérieure.
« Parce que les pauvres, les Noirs dans certains quartiers, ils ont l’habitude. Après une tuerie, ils nettoient eux-mêmes. Mais les riches, ils ne veulent rien voir. »

Il sait qu’il dérange.

Le cynisme avec lequel il rentabilise le drame gêne. Le pragmatisme, par exemple, avec lequel il facture le stockage de corps dérange. Des cadavres en surplus que les hôpitaux transfèrent dans les frigos de Neal.
Il en a fait une activité parallèle aux opérations de nettoyage.
3 dépouilles vieilles de quelques semaines, la décomposition entamée, sont rangées dans sa chambre froide.
« Je serais tout en bas.» (s’il existait un système de castes dans l’industrie de la mort).
Il sait l’indécence de la mort, il reconnaît la fausse pudeur des hommes, curieux de savoir de quoi la fin a vraiment l’air.
« Je me fous qu’on me déteste mais je sais une chose : à chaque accident, les gens regardent. Vous pouvez me raconter ce que vous voulez, vous aussi, vous tournez la tête pour voir. »

Source: rue89

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