Carnet

Un ange passé trop vite

11/08/2020

La mort d’un enfant est un drame, le plus affreux des drames pour ses parents qui ont, le plus souvent, le sentiment de perdre la meilleure partie d’eux-mêmes. C’est un arrachement, comme une amputation. Ils le vivent avec un profond sentiment d’injustice et une culpabilité sans fond. Tous les deuils importants entraînent des bouleversements et des transformations, la mort de l’enfant plonge dans le non-sens.

Bien sûr, nous avons du mal à accepter la mort de notre enfant. À tel point que lorsque nous regardons le cercueil, il nous arrive d'espérer fortement que l’enfant pourrait ressusciter des morts. Nous savons tous que ce n’est pas évident, mais nous prions pour que cela se passe. Il nous arrive même de retarder l’enterrement pour non seulement prolonger le temps à passer avec son enfant mais pour espérer son réveil.

Quand on parle de la mort d’un enfant, les visages des parents se marbrent instantanément. Cette simple évocation est inenvisageable pour ceux qui ont donné la vie. Elle reste d’ailleurs inenvisageable pour tous ceux qui sont touchés par cette tragédie. 

Le travail de deuil 

Le travail de deuil se fait très lentement ! Le long chemin des questionnements perturbent nos pensées. Nous allons jusqu’à nous imaginer que ni le temps, ni personne ne pourront jamais estomper nos peines ! Des personnes plus fragiles vont aller jusqu’à se suicider et à s’imaginer que sans leur enfant la vie n’en vaut pas la peine d’être vécu.  D’autres veulent suivre leur bébé dans l’autre monde. Ce sont tous là des manifestations d’un état émotionnel intense. 

Que l’enfant soit mort accidentellement ou victime d’une maladie incurable ou au pire d'un suicide, les douleurs ressenties par les parents sont identiques. Difficile de faire comme si de rien était. Même dix années après la perte, des larmes coulent de leurs yeux quand ils pensent à leur enfant disparu. Ce n'est certainement pas facile. 

Le remède que l’on peut conseiller dans ce genre de situation, c’est de se joindre au groupe des parents endeuillés pour partager des expériences individuelles liées à la perte d’un enfant. Car souvent, le décès d’un enfant fait naître chez les parents des sentiments de culpabilités. Ainsi ils se croient responsables du décès. Rappelons que ce genre de tragédie peut perturber la vie d’un couple. Et par là même perturber psychologiquement le reste de la famille.  Les autres enfants risquent d’être délaissés par les parents qui passent leur temps replier sur eux-mêmes.

Après avoir perdu un enfant, en concevoir un autre pourrait apaiser vos douleurs

Il n’y a pas pire tragédie que de perdre son enfant. Même si de nombreux parents n’ont plus le courage de concevoir un autre à cause de leurs effrois ou de leurs auto-reproches, c’est une solution qui pourrait les aider à oublier ces moments terrifiants. Voici les conditions pour vous assurer que vous êtes prêt à embrasser cette perspective.

Ne vous imposez pas un délai

Quel est le bon moment pour avoir un bébé après le décès d’un enfant ? Aucun. Dans un article de l’express.fr, le Dr Christophe Fauré, un psychiatre, a d’abord recommandé aux parents, où la mère était toujours en âge d’avoir des enfants, d’attendre un peu avant de concevoir un autre. Son point de vue a changé au cours des années, car il pouvait voir directement l’impact positif de l’arrivée d’un nouvel enfant sur le processus de deuil.

Vaincre la peur de perdre un deuxième enfant

Vous avez perdu un enfant et vous ne savez pas ce qu’il adviendra du prochain. Bien que les chances puissent être contre vous, vous ne saurez jamais le résultat si vous ne réessayez pas. Si vous laissez votre peur prendre le dessus, vous risquez de ressentir un vide inébranlable pour les années à venir et finalement regretter de ne pas avoir tenté de combler le vide… Il est vrai que lorsque vous décidez d’avoir un autre enfant, cela peut provoquer de l’anxiété. Vous serez soulagé le jour il sera parmi vous et le restera plus longtemps que votre enfant décédé.

Dépasser la culpabilité

En anticipant simplement les joies d’avoir un nouveau bébé, cela pourrait vous donner l’impression de trahir la mémoire de votre enfant mort. Certains parents ont peur d’être trop pris par le bébé et ne pas passer suffisamment de temps à pleurer leur enfant perdu. Ainsi, le thérapeute explique que l’expérience lui a montré que l’enfant disparu n’est jamais oublié. Il n’est pas incompatible de se réjouir d’une naissance pendant le deuil. Les parents devraient donc apprendre à faire face à ces émotions ambivalentes en parallèle et demander de l’aide s’ils ne peuvent pas le faire seuls.

Traitez le nouveau bébé avec tout l’amour attendu

Un bébé peut-il trouver sa place dans votre vie lorsque vous êtes tellement absorbé par le deuil ? Posez-vous quelques questions à propos de cela et soyez franc. Oui, vous allez le comparer à l’enfant décédé. Il est donc bon de le faire tant que vous ne lui imposez pas le lourd fardeau de combler le vide de son frère mort. Donc, ne considérez pas l’enfant comme un substitut, mais faites-lui une place réelle dans votre vie. Si vous avez assez d’espace, construisez une nouvelle pièce pour lui. Vous pourriez réaménager celui qui appartenait à votre enfant défunt, même si cela est difficile. Ces activités vous occuperont et vous aideront dans le processus de deuil.

Soyez ouvert et honnête

Ne laissez pas la mort de votre enfant précédent être un secret de famille qui vous consumera. Ne cachez pas les photos de l’album familial. Les enfants s’adaptent très bien à la vérité et il est conseillé de parler de sa sœur ou son frère aîné décédé dès que possible. Parler de votre douleur est la première étape de la guérison.

Surmonter le deuil périnatal

Le deuil périnatal est vécu par les parents à la suite du décès de leur bébé. Ce décès peut survenir pendant la grossesse, lors de l’accouchement ou durant les premiers mois de sa vie.

Le deuil périnatal est une souffrance à part

On pense souvent que la douleur de perdre un être cher est proportionnelle à la durée du temps passé avec lui. On perçoit mal comment on peut ressentir du chagrin quand on n’a pas, ou qu’on a peu connu la personne décédée. Pourtant, il n’en est rien, car le deuil périnatal est une véritable souffrance pour diverses raisons :

- La soudaineté du décès

- L’absence ou le peu de souvenirs tangibles du bébé

- Le caractère tabou de la situation, bouleversant l’ordre naturel des choses, car un enfant, de surcroit un petit être auquel un futur est promis, ne peut pas mourir avant ses parents

- La désillusion de ne pas pouvoir être parents

- Le manque de reconnaissance social et juridique de ce deuil spécifique

Les parents font donc face à une épreuve qu’ils ont du mal à nommer puisqu’il s’agit de faire le deuil de quelqu’un qui n’a pas, ou qui a peu vécu. Le décès vient interrompre une vie et un espoir de vie.

Les causes qui expliquent le décès périnatal

Le décès périnatal est causé par plusieurs facteurs, car la grossesse et l’accouchement, quoi que l’on en pense, ne sont pas un long fleuve tranquille. En effet, vouloir un enfant et le voir naître ne suffit pas pour qu’il soit viable ou qu’il vive. De plus, il est faux de penser que la mortalité infantile relève de l’impossible dans les pays développés avec toute la modernité des infrastructures et des prises en charge hospitaliers. La vie et la mort, parfois, ne dépendent ni de la médecine ni même des parents.

Les causes les plus courantes du décès périnatal sont :

- La fausse couche

- Le retard de croissance

- La grande prématurité

- Le décollement du placenta

- La grossesse extra-utérine

- La mort subite du nourrisson par asphyxie ou de façon inexpliquée

- La béance du col utérin

Cette liste est non-exhaustive puisqu’on peut aussi y ajouter l’interruption médicale de grossesse (IMG) ou encore le décès in utero, etc.

Le bébé mort souffre d’un déni social et parfois juridique

Le travail de deuil des parents est perturbé par le déni social entourant la mort de l’enfant à venir. Il est en effet difficile pour l’entourage de s’apitoyer sur un être « hypothétique » ou n’ayant pas encore « existé ».

Juridiquement, une grossesse ayant dépassé 15 semaines peut prétendre à l’inscription à l’État civil depuis 2008. L’officier de l’État civil établit un acte d’enfant sans vie sur la présentation d’un certificat médical attestant de l’accouchement de la mère. Cet acte permet d’inscrire l’enfant dans le livret de famille, donc de lui donner une filiation et un nom, et de procéder aux funérailles si les parents le souhaitent. S’ils n’ont pas encore le courage, l’établissement hospitalier où l’accouchement s’est déroulé peut se charger de la crémation à ses frais.

À 22 semaines de grossesse, ou si l’enfant pesait au moins 500 grammes, les parents peuvent prétendre à des droits comme les congés de maternité ou de paternité.

Si l’enfant décède entre la naissance et le troisième jour, c’est-à-dire avant la reconnaissance officielle, l’officier de l’État civil établit un acte de décès à la suite d’une déclaration de décès. Il y aura obligatoirement une transcription sur les registres d’État civil et de décès et des funérailles, à la charge des parents.

Toutefois, la grossesse inférieure à 15 semaines n’entre pas dans le champ de la loi. L’enfant mort n’est pas considérée comme une personne juridiquement, pire encore, elle n’aura droit ni à un nom ni à une sépulture. Ce vide juridique rend le travail de deuil des parents encore plus complexe puisqu’ils ne peuvent se raccrocher à aucun souvenir tangible du passage de ce petit être dans leur vie.

Le deuil périnatal est souvent banalisé

Les parents qui vivent le deuil périnatal souffrent de la banalisation de leur chagrin. Trop souvent, l’entourage se contente de consoler, certes avec les meilleures intentions, en prédisant que « cela n’est pas si grave » et qu’ils « pourront faire d’autres enfants ». Pourtant, on ignore combien leur souffrance est réelle, et que celle-ci est décuplée, car on ne peut y apposer un nom, tellement elle est complexe à comprendre.

La mère a porté cette vie dans son ventre. Il s’est tissé un lien intra fœtal très fort qui ne peut être occulté ni oublié. Le père, quant à lui, impatient de l’arrivée d’un bébé, a certainement guetté chaque jour l’évolution physique de sa conjointe. Il a été attentif et aux petits soins, surtout s’il s’agit d’une première fois. Le deuil périnatal englobe la perte d’un être qui leur est déjà naturellement cher, mais aussi celle de tous leurs espoirs d’une future vie de famille.

On peut surmonter le deuil périnatal

Il est possible pour les parents endeuillés de reprendre goût à la vie, sans toutefois que cela signifie l’oubli du bébé décédé. Ils peuvent en effet envisager de recourir à une prise en charge thérapeutique, voire médicamenteuse. Il existe également des associations, des livres, des forums et des groupes de paroles essentiellement dédiés au deuil périnatal.

Dans ces circonstances, les parents n’ont plus l’impression d’être isolés dans leur douleur. Ils ont en face d’eux des personnes qui comprennent leur ressenti, car elles la vivent également au quotidien. Le plus important est de libérer la parole et de partager cette peine considérée comme taboue.

Ressentir un criant sentiment d’injustice

On ne se remet pas de la mort de son enfant, même si la mort est une réalité inéluctable, il est extrêmement complexe de se résoudre à l’assumer. La mort d’un enfant, plus que jamais, rappelle combien nous sommes impuissants devant la fragilité de la vie. Cela est d’autant plus vrai quand cette séparation définitive bouscule l’ordre des choses et va à l’encontre des lois de la nature. Nous le pensons tous, un enfant ne doit pas mourir avant ses parents.

Ainsi, le décès de l’enfant est vécu comme une injustice et la confirmation de sa propre impuissance dans certaines circonstances. Le père et la mère qui survivent, tentent en vain de comprendre les raisons de cet arrachement, alternant des sentiments de honte, de colère et de mésestime de soi. On se sent coupable de n’avoir rien pu faire, mais plus encore, on se sent coupable d’être en vie, car le devoir d’un « bon » parent est de veiller sur ses enfants.

Vivre le deuil au quotidien

L’absence de l’enfant, lourde et insupportable, se ressent au quotidien. Si les parents peuvent reporter leur affection sur les autres enfants de la fratrie, ils n’en demeurent pas moins amputés à vie d’une grande part d’eux-mêmes. Le deuil est encore plus difficile s’il s’agit d’un enfant unique ou particulièrement choyé. Les grands rendez-vous familiaux comme les anniversaires ou Noël seront toujours marqués par son absence. Les souvenirs vont persister dans des flashbacks presque obsédants, mais la vie se doit toutefois de toujours reprendre le dessus.

Le deuil peut mettre le couple parental en péril

Bien que liés par une perte commune, le père et la mère font face au deuil de différentes manières. Ils avaient, chacun, une relation affectueuse et unique avec le défunt. La mère, qui a donné la vie, est profondément affectée. Elle tente de trouver une issue à sa douleur en se plaignant ouvertement du poids de l’absence. Le père n’ose exprimer sa douleur par pudeur et par crainte de réveiller sa souffrance. Cette situation peut générer des problèmes de communication dans le couple. L’un, mesure son chagrin à l’aune de celui de l’autre, ou l’un accusant l’autre d’être insensible ou trop submergé par sa tristesse.

Il faut comprendre qu’après un tel drame, il est toujours difficile de trouver les mots justes et que chaque personne vit le deuil de diverses façons. Le plus important pour les parents est de rester soudés, se protégeant et se soutenant mutuellement, notamment dans les moments de faiblesse intenses.

Il existe des solutions pour les parents endeuillés

Devant des parents endeuillés, les proches se doivent d’être à l’écoute, tout en parlant peu. Dans ce genre de situation, les mots de consolation sont vains. Les parents endeuillés peuvent faire appel à un psychologue spécialisé dans le travail de deuil. Il leur est également conseillé d’intégrer des associations comme « Vivre son deuil » ou encore se plonger dans la lecture d’ouvrages dédiés comme « Vivre le deuil au jour le jour » de Christian Fauré. Il faut laisser libre cours à ses émotions afin de libérer le chagrin trop lourd et s’autoriser à pleurer. Surtout, il est important d’accepter sa souffrance et de l’apprivoiser puisqu’elle sera durant toute la vie des parents, une compagne silencieuse.

 

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