Carnet

François Maspero

François Maspero 19 janvier 1932 - 11 avril 2015
01/10/2015

L’écrivain et traducteur français, François Maspero s’est éteint le 11 avril 2015 à Paris. L’homme âgé 83 ans a également été libraire, éditeur et directeur de revues.

Né à Paris le 19 janvier 1932, l'adolescence de François Maspero a été marquée par l'engagement dans la Résistance de sa famille. Henri Maspero, son père qui était professeur au Collège de France et sinologue a été arrêté en 1944 et décède au camp de concentration de Buchenwald. La même année, son frère a été au combat. Sa mère qui était auteur d'études sur la Révolution française a été également déportée au camp de Ravensbrück, mais a survécu.

François Maspéro qui a abandonné très tôt ses études d'ethnologie a commencé à travailler dans une librairie. Après avoir fait la connaissance de nombreux militants révolutionnaires africains comme Amilcar Cabral ou Mario de Andrade, il décide en 1955, alors âgé de 23 ans de reprendre une librairie en plein Quartier Latin baptisé « La Joie de lire » qui fermera en 1975. En 1959, il crée les Éditions Maspero, engagées à gauche en pleine guerre d'Algérie. Outre lui-même, l'équipe de départ a été composée de Marie-Thérèse Maugis, Fanchita Gonzalez Batlle et de Jean-Philippe Bernigaud, rejoignée ensuite par Émile Copfermann. Jusqu’au début des années 1980, l’écrivain s’est entièrement consacré à l'édition. Il fonde en 1978 et dirigera jusqu'en 1984, la revue « L'Alternative », destinée aux « dissidents » des pays du socialisme réel.

François Maspero décide en 1982 de passer la main. Son fils Louis, pas plus que sa fille Brigitte ne souhaitent prendre la relève. La direction de la maison est donc mise entre les mains d’un jeune collaborateur, François Gèze. À cinquante ans, Maspero a été forcé de quitter ses éditions rebaptisées « La Découverte » et n'aura désormais plus aucun contact avec celles-ci.

François Maspero se consacre à partir de 1984, à l'écriture et publie un roman « Le Sourire du chat ».

En 1986, il effectue des reportages pour Radio-France, dont « Cet hiver en Chine ». En 1989, il a écrit un livre intitulé « Les Passagers du Roissy-Express » en faisant un « voyage au long cours » avec la photographe Anaïk Frantz, sur la ligne B du RER parisien, puis en « Balkans-transit » en 1995, en compagnie du photographe Klavdij Sluban qui résume cinq ans de voyages entre la Mer Noire et la Mer Adriatique.

Les personnages de ses livres de fiction figurent tous dans son livre intitulé « Le Vol de la mésange », interrogation sur le sens du témoignage et traversée d'un demi-siècle. « L'Honneur de Saint-Arnaud », sa chronique de la conquête de l'Algérie a été publiée à Alger et à Paris.

« Que les historiens se penchent sur ces pages. Ils y verront à l'œuvre un travail exemplaire — modeste, honnête, rigoureux — pour faire surgir des brumes de la mémoire le socle solide des événements d'autrefois. » disait l'historien Jean-Pierre Vernant à son sujet dans « La Traversée des frontières »

avec Klavdij Sluban, François Maspero a rapporté depuis 1990, des chroniques de Bosnie pour Le Monde, dont « Les murs de Sarajevo » en 1995 ou encore « Retour en Bosnie » en 1998, et d'Amérique latine dont des reportages sur Cuba en 1999 et sur les Caraïbes en 2000..

Il a également traduit de nombreux auteurs en langue française, tels que John Reed, Jesus Diaz, Alvaro Mutis, Arturo Pérez-Reverte ou encore Joseph Conrad.

Il a reçu pour l'ensemble de son œuvre le Prix Édouard-Glissant en 2006.

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