Carnet

James Salter

James Salter 10 juin 1925 - 19 juin 2015
01/10/2015

Il se décrivait comme «un frotteur de mots».

Le grand écrivain américain, né à Passaic le 10 juin 1925, dans le New Jersey, James Salter, de son vrai nom James Arnold Horowitz, est décédé le vendredi 19 juin 2015 à Sag Harbor dans l'État de New York. Le Figaro a annoncé sa disparition, et a rendu hommage à cet homme aujourd’hui disparu, qualifié par l’écrivain Richard Ford d’être l’un des plus fins stylistes, avec ses phrases aiguisées, son regard perçant sur la fragilité et l’occasionnelle insensibilité de l’homme, en publiant une nécrologie détaillée sur sa vie.

Olivier Cohen, patron des Editions de L’Olivier, qui est également son éditeur français, en confirmant les informations des médias américains a affirmé que James Salter qui a vécu dans l’Etat de New York, à Bridghampton, a perdu la vie en faisant une séance de gymnastique rééducative, à la suite d’une légère opération cardiaque.

Le jeune James a eu une enfance plutôt difficile. Son père est victime du krach boursier de 1929 et si la famille Horowitz ne se retrouve pas à la rue c'est grâce à la protection d'un hôtelier compatissant. La lecture deviendra un refuge pour le jeune garçon : il dévore Dickens, Tolstoï, Kipling, Byron, Hemingway...

James Salter était francophile.

Il voyait la France comme « un paradis hédoniste ». Il avait également été marqué par des auteurs comme Colette, Céline ou Gide. « On dit de Gide qu’il était un écrivain méticuleux mais qu’il n’aimait pas faire de sentiment. Cela me plaît… ». Comme le mentionne Le monde dans son hommage à l‘écrivain, Salter voyait l’existence comme un combustible (son côté pilote de l’US Airforce pendant la guerre de Corée en 1952).

C’est pourquoi il avait intitulé ses mémoires « Une vie à brûler » publiés en 1999 en France. Le récit de sa vie ne témoigne pas simplement des combats de James Salter dans le ciel mais aussi de sa lutte entre son prosaïsme militaire, hérité de l'école West Point, et le romantisme de l'écrivain.
En 2014, il était passé à Paris pour la sortie de son dernier roman, Et rien d’autre (Les éditions de L'Olivier). De la France, il disait : « J'aime la nature chaotique de sa vie urbaine, le son de sa langue, et c'est tellement marrant de les voir conduire ! mais je n'ai aucune autorité en matière de femme française. Du moins, je n'oserais jamais le prétendre... »

⦁ Son premier livre : "The Hunters" est publié en 1956 sous le pseudonyme James Salter.
⦁ La France provinciale lui inspirera son premier grand livre : "Un sport et un passe-temps" (1967), histoire d'une dérive amoureuse entre un Américain et une Française.
⦁ "Un bonheur parfait" (1975), l’histoire d'une passion qui meurt, est devenu un livre culte.
⦁ "L'homme des hautes solitudes" (1979) est un des meilleurs livres jamais écrit sur la montagne.

A côté de ses romans, Salter écrit des nouvelles où l'on retrouve le même sens du détail grâce toujours à la recherche du mot juste et à une économie de moyens stupéfiante.

L’écrivain a déjà évoqué la mort.

Dans l’un de ses livres où le héros ne s’est aperçu qu’à la fin du récit, que la mort habitait chacune de ses pensées, tout au long de ce livre somptueux intitulé « Un bonheur parfait », la mort se tenait là, murmurant en attendant son heure. Même si ce livre a eu un début désastreux, il n’a jamais cessé d’être édité, et James Salter doit en quelque sorte, sa notoriété grâce à ce livre, mais la vie a eu raison de lui, 18 ans après sa traduction en français. « Tout ce qui n’est pas écrit disparaît » est l’une de ses citations.

Salter a fait la guerre sans l'aimer et il a aimé la vie sans l'idéaliser.
Les proches et amis de James Salter étaient attendus à la Maison funéraire McGuinness de Washington et la cérémonie suivra. L'inhumation eu lieu au Hillcrest Memorial Park.

 

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