Skip to main content
thanatopraxie-qu-un-soin-veritable-art.jpg

La thanatopraxie : plus qu’un soin, un véritable art

La thanatopraxie : plus qu’un soin, un véritable art

Avez-vous déjà entendu parler de la thanatopraxie ? Cette science assez peu connue est pratiquée par quelques initiés seulement. Et la raison en est toute simple : cet art est pratiqué sur les morts.

Comprendre ce qu’est la thanatopraxie

Dans le langage des pompes funèbres , la thanatopraxie demeure un terme peu commun, qui sonne bizarrement auprès des familles de défunts. Les Français sont, en effet, plus habitués à entendre des mots plus compréhensibles, comme embaumement ou soins de conservation. En réalité, la thanatopraxie désigne l’ensemble des soins et des techniques visant à préserver une dépouille mortelle de la décomposition naturelle. L’embaumement et les différents soins de conservation relèvent donc de cette science. Les traitements appliqués au corps du défunt ne servent pas uniquement à le conserver le plus longtemps possible. Ils visent également à détruire les micro-organismes et autres agents pathologiques contenus dans la dépouille mortelle.

Les soins appliqués par le thanatopracteur ont aussi un but esthétique. Le défunt conserve en effet son apparence la plus naturelle pour les funérailles. Cela facilite énormément le travail de deuil de la famille et des proches. Ce n’est donc pas un hasard si la thanatopraxie est l’apanage des pompes funèbres et de certains spécialistes, plus habitués à travailler avec les morts.

La thanatopraxie vue par la loi

La législation française considère la thanatopraxie comme un ensemble de soins non-obligatoires avant les funérailles. La loi prévoit néanmoins certaines limitations à cette pratique. Le thanatopracteur ou l’agence de pompes funèbres n’a pas le droit de commencer les soins de thanatopraxie , sans en avoir informé la famille et les proches du défunt.

Certains soins de conservation sont obligatoires sur des dépouilles prévues pour être transportées sur plus de 600 km. C’est aussi le cas pour les transferts sans cercueil effectués 48 heures après le décès, quelle que soit la distance.

Dans certains cas, la thanatopraxie est interdite par la loi. Les dépouilles destinées à la crémation ne peuvent pas, par exemple, bénéficier de ces soins. Les produits utilisés par le thanatopracteur, comme le formol, émettent en effet des polluants très puissants au contact du feu.

La thanatopraxie vue par les religions

La religion chrétienne tolère en général la thanatopraxie. Cela explique la fréquence de cette pratique dans les pays occidentaux, notamment en France où 40 à 50 % des défunts sont traités par des embaumeurs.

Les religions juives et musulmanes sont plus contraignantes sur ce sujet. La thanatopraxie est interdite dans ces confessions, sauf dans certains cas particuliers. Ces soins sont, par exemple, tolérés par les Juifs si la dépouille mortelle est transférée en Israël. En Islam, l’embaumement est aussi toléré si le corps est rapatrié dans le pays d’origine du défunt.

Les soins de conservation sont par contre interdits pour les hindouistes et les bouddhistes. L’injection de formol dans le corps est contraire aux valeurs de ces religions.

Comment se déroulent les soins en thanatopraxie ?

Le thanatopracteur respecte une procédure précise au moment d’appliquer les derniers soins sur le corps du défunt. Les pratiques varient selon les pays et les praticiens. La thanatopraxie comporte toutefois des étapes incontournables, peu importe le lieu des soins ou l’expérience du praticien.

Les préparatifs

Le praticien s’assure dans un premier temps que le corps est réellement mort. Il vérifie la rigidité cadavérique, la lividité de la dépouille mortelle ainsi que l’absence de pouls, entre autres. Le thanatopracteur établit ensuite l’identité du défunt, avant de procéder au déshabillage du corps. Ses effets personnels et ses vêtements sont ensuite rangés et répertoriés.

La toilette mortuaire

Le nettoyage du corps commence immédiatement après les préparatifs. Le thanatopracteur applique alors sur la dépouille mortelle un mélange de solutions désinfectantes. Le praticien profite de cette toilette mortuaire pour masser les membres et le corps du défunt. Ces massages ont pour but de diminuer la rigidité du corps.

Le traitement du visage et des yeux

Le praticien veille ensuite à ce que le défunt soit présenté sous son expression la plus naturelle. Les yeux sont fermés, de même que la bouche. Ce processus peut conduire le thanatopracteur à coller les paupières entre elles ou à réunir la mandibule et le maxillaire avec un fil. Outre le visage, le thanatopracteur s’assure aussi que la coiffure et l’allure globale du défunt correspondent à son aspect naturel. Il peut s’appuyer sur une photo récente du défunt dans le cadre de son travail.

L’étape de conservation

Au cours de cette étape, le praticien injecte une série de produits biocides et conservateurs dans le corps du défunt. Ces fluides contiennent un mélange de formaldéhydes, d’éthanol, de méthanol et de glutaraldéhyde. Ces solutions ralentissent la décomposition du corps et stoppent en même temps la propagation des bactéries à l’intérieur de la dépouille mortelle.

L’embaumeur poursuit les soins de conservation en injectant d’autres produits biocides à l’intérieur des organes cavitaires. Une troisième injection est enfin réalisée dans les parties sous-cutanées.

Le nettoyage et le maquillage

Après ces différents traitements, l’embaumeur effectue une dernière toilette sur la dépouille, avant de la laisser sécher. Le corps est ensuite rhabillé. Le thanatopracteur procède enfin aux derniers soins, comme l’application de produits cosmétiques sur le visage, l’étalage de poudres parfumées sur le corps ou la fixation d’une perruque, si besoin.

 

A lire aussi dans la rubrique Organisation des obsèques :

Image: Shutterstock