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Le choix d’un cercueil 

Selon le souhait du défunt portant sur la crémation ou sur l’inhumation, il faut savoir qu’en France, le cercueil est une obligation soumise à une réglementation. Dans le cas de la crémation, l’épaisseur du cercueil est de 18 mm et de 22 mm pour l’inhumation. Dans tous les cas, la garniture du cercueil doit être étanche et les matériaux, approuvés par le ministère de la santé, biodégradables. Le cercueil peut même être en carton dans l’option d’une incinération (voir cependant s’il est accepté par le département du lieu de l’inhumation). Il doit être équipé au minimum de 4 poignées pour le portage et sur le couvercle, une plaque d’identité appliquée.

 

Origine

Dans les zones boisées où vivaient des civilisations primitives, les corps des défunts étaient déposés dans un tronc d’arbre qu’on évidait, avant leurs inhumations, pratique à l’origine du cercueil utilisé de nos jours . Les sarcophages en pierre, parfois de marbre, étaient utilisés par les romains pour accélérer la décomposition du corps, et par les égyptiens, pour conserver les momies. Suite à la chute de l’empire romain, les Francs aisés ont conservé l’utilisation du sarcophage en plâtre moulé.  Les sarcophages étaient alors disposés dans des nécropoles ou le long des routes et le transport des corps des défunts jusqu’au sarcophage se faisait sur une civière suivie par des pleureuses.

Les prêtres de l’époque observèrent que les émotions étaient très vives à la vue du corps du défunt exposé, et recommandèrent une estrade funéraire portative plus légère, appellée bière. Pour les pauvres, la bière ne servait qu’au transport car les corps dans leur linceul, étaient inhumés dans des fosses communes. C’est sous Napoléon 1er qu’est préconisé l’usage du cercueil puis sous Napoléon III que celui-ci devient plus fréquent et accessible, favorisant le développement des tombes individuelles.

Pratique et culture

Le cercueil peut être enseveli sous terre, placé dans un caveau ou faire l’objet d’une incinération. Il peut également être placé sous une dalle dans une église, dans un mausolée, une chapelle ou dans un locolus, compartiment individuel inclu dans un édifice collectif. Si certains pays adoptent un type commun de cercueil, d’autres proposent difféents types en fonction du cimetière.

Pour les cultures qui pratiquent la sépulture, il existe différents types de cercueils. Dans le judaïsme, on retrouve un cercueil très simple fait en bois sans pièces ni ornements métalliques et dont les chevilles sont en bois et non de clous. Les juifs enveloppent leurs morts des épaules aux genoux dans un même linceul de tissu blanc avant leur enterrement. Au Japon et en Chine, les matières utilisés pour faire un cercueil sont des bois résistants parfumés d’encens de cèdre, sugi, cyprès ou encore du thuya.

Certains groupes autochtones d’Australie fabriquent un cercueil à partir de bouteilles d’écorces d’arbres cousues avec de la fibre et scellées avec de l’adhésif, le tout rempli d’herbes séchées. D’autres cercueils sont fabriqués en verre à travers lesquels le corps du défunt est visible, comme celui de Vladimir-Lénine exposé sur la place Rouge à Moscou. Le cercueil est également appelé drap mortuaire lorsqu’il transporte un corps. Cela en référence à la toile servant à couvrir le cercueil.

Les différents types de cercueil

Traditionnellement, le cercueil est en forme rectangulaire ou fait de six côtés avec une forme conique au niveau des épaules. Il se présente également sous forme trapézoïdale, comme cela se pratique au Royaume-Uni. L’ Europe continentale a longtemps favorisé le cercueil rectangulaire. L’ Allemagne, la Hongrie, l’Autriche ainsi que d’autres pays de l’Europe centrale et orientale utilisent encore cette forme rectangulaire et trapézoïdale du cercueil. Au Japon médiéval, des tonneliers ont fabriqué des cercueils ronds en forme de barils. Des troncs d’arbres ont également été transformés en cercueil lors de décès en mer.

D’un point de vue pratique, des poignées ont été incorporées sur les côtés afin de faciliter le transport du cercueil. Pour des raisons de santé publique ou tout simplement pour protéger le corps, les cercueils sont fréquemment scellés par un joint d’étanchéité. En Angleterre, tout cercueil exposé dans une sépulture publique extérieure, fait l’objet d’un scellement étanche depuis longtemps. Aux Etats-Unis, dans de nombreux cimetières une voûte funéraire est obligatoire afin de protéger le cercueil d’un éventuel effondrement du sol.

Certains fabricants proposent une garantie sur l’intégrité du cercueil. Scellé ou non, en métal ou en bois, que le corps du défunt soit embaumé ou non, ces cercueils protègent le corps. Certains types de scellage accélèrent plutôt que ralentissent le processus de décomposition. Un cercueil étanche à l’air libre favorise la décomposition par les bactéries anaérobies, processus de putréfication du corps. Les tissus putréfiés demeurent à l’intérieur du contenant et demeurent intacts lors d’une exhumation. Un cercueil perméable tel qu’un cercueil de bois simple, favorise la décomposition des matières organiques. Cette réaction variant selon les conditions du sol, de l’air ou du climat.

Des cercueils sur mesure sont proposées par des fabriquants répondant aux demandes les plus originales. La fabrication peut alors faire figurer par des impressions ou peintures des scènes tropicales, coquillages, couchers de soleil, chérubins ou emblèmes divers. Certains cerceuils se font sous forme de guitares, de voitures, ou autre formes extravagantes ! D’autres sont délibérément laissés blanc, cela afin de permettre aux familles et amis d’inscrire un dernier mot d’adieu. A Taiwan, des cercueils fabriqués à partir de débris d’huitres ont été fabriqués au 18ème et 19ème siècle, tandis que dans les années 1990, le groupe de rock Kiss a lancé un cercueil nommé le Kiss Kasket, sur lequel figure effigies des membres et logo, pouvant également être utilisé comme glacière.

Une tendance émergente propose des cercueils en matière dites « eco-friendly' », biodégradables, conçu pour etre incinérés avec moitié moins de combustible, cela permettant aux crématoriums de respecter les normes environnementales sur les émissions de CO².

Certains fabricants offrent des gammes de cercueil non traditionnelles et personnalisables. A travers la conception sont visibles un tableau de scènes tropicales, des couchers de soleil, des drapeaux patriotiques, des coquillages ou des angelots. Par ailleurs, d’autres entreprises laissent la famille inscrire librement leurs souhaits et pensées sur le cercueil.

Le cercueil pour la crémation

Le marché propose des cercueils dédiés à la crémation pour une incinération sans funéraille, pouvant être en bois ou en carton et d’autres, en bois, en panneaux de fibres ou en particules de faible densité pour des funérailles avec exposition du cercueil.

Les familles ont également la possibilité de louer des cercueils pour le service funéraire. Ces coffrets comportent un lit amovible ainsi que des doublures, remplacés après chaque utilisation. Il existe également des location de coffrets utilisant une enveloppe extérieure ressemblant à un cercueil traditionnel avec une boîte en carton s’adaptant à l’intérieur du cercueil. Le coffret est enlevé à la fin du service funéraire pour l’incinération.

Le développement de l’industrie

Dans le monde occidental, le cercueil était traditionnellement fabriqué par un charpentier du village qui s’occupait de l’ensemble des funérailles. Si la paroisse payait les funérailles dans le passé, les matériaux utilisés pour la fabrication du cercueil pouvaient être le plus fin des pins. Une famille plus aisée pouvait choisir de l’acajou avec accessoires élaborés et décoration de laiton plaqué et ornement de drap de velours.

Aujourd’hui, les cercueils sont surtout produits en série. Généralement, les fabricants travaillent avec des salons funéraires ou des pompes funèbres pour la livraison des cercueils mais ne les vendent pas directement aux familles. Les cercueils disponibles sont exposés dans un salon ouvert aux familles. Si certaines maisons funéraires présentent uniquement des échantillons dans la salle d’exposition, comprenant également d’autres matériaux et des coffrets, d’autres disposent d’un catalogue permettant à la famille de choisir le cercueil et d’opter pour des effets de décoration ou d’imprimés avec motifs.

Une règlementation fédérale des Etats-Unis, 16 CFR Part 453 (connue sous le nom de Funeral Rule), indique que si une famille fournit un cercueil acheté dans un autre magasin, l’établissement funéraire est tenu de l’accepter et de l’utiliser pour le service funéraire. Aucun frais supplémentaire ne doit être imputé à la facture globale adressée à la famille si cette dernière décide de se procurer un cercueil ailleurs. Par contre si le cercueil est acheté à l’établissement qui se charge des services funéraires, la facture adressée à la famille doit être détaillée.

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Crédits image : https://www.flickr.com/photos/24971777@N02/3360134188