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L’embaumement des défunts est devenu une pratique usuelle

Si auparavant, la thanatopraxie, ou la pratique de l’embaumement, était dédiée aux familles aisées des sociétés antiques, elle évolue aujourd’hui pour de nombreux motifs.


La pratique de l’embaumement possède une origine lointaine

Depuis les débuts de l’Antiquité, les Egyptiens possédaient un savoir-faire artisanal pour la momification des corps : c’est le commencement de la thanatopraxie. Durant la guerre de Sécession, l’embaumement chimique a permis de d’optimiser les conditions de transport des cadavres. De fil en aiguille, cette technique s’est imposée dans de nombreux pays vers les années 1960, notamment aux Etats-Unis et en France. Toutefois, elle demeurait réservée et accessible à une infime partie de la population, et surtout aux familles les plus aisées financièrement.

La thanatopraxie est un soin particulier pour les défunts

Selon la théorie antique, la thanatopraxie est réalisée afin que l’enveloppe charnelle passe l’épreuve de la mort pour la vie éternelle. De nos jours, elle vise à ralentir momentanément le procédé naturel de décomposition. En effet, il s’agit des soins apportés au corps du défunt pour le conserver dans de meilleures conditions, le temps de procéder à l’inhumation ou l’incinération. De manière générale, ces techniques modernes aident à préserver le corps de la décomposition naturelle. Ce processus aide à détruire un maximum d’infections et de micro-organismes pathologiques qui s’y trouvent. L’embaumement permet ainsi de présenter le défunt sous une apparence moins choquante, durant les funérailles.

Plusieurs raisons incitent à pratiquer l’embaumement

Pour différents motifs, bon nombre de personnes pratiquent la thanatopraxie. Sur le plan rituel, ce processus est adopté par certaines familles souhaitant garder l’aspect naturel du défunt le plus longtemps possible. Dans d’autres cas, l’embaumement implique la reconstruction du visage suite à un accident, un suicide ou encore une maladie.

Par ailleurs, elle permet aux proches d’éviter d’être exposés aux risques liés à la propagation des microbes d’un corps infecté. Dans certains pays, la législation exige l’embaumement des corps rapatriés depuis l’étranger.

L’embaumement devient une pratique funéraire courante

Depuis un certain temps, la thanatopraxie est devenue une pratique populaire dans les procédés funéraires. Le marché offrant ce genre de prestation a connu une forte croissance. Vu la hausse des offres, la concurrence incite à la réduction des tarifs et à l’optimisation de la qualité des services.

Un secteur à encadrer 

La plupart des jeunes souhaitent s’engager dans une carrière de thanatopracteur sans réellement savoir à quoi s’attendre. Avec pas moins de 200 000 interventions à réaliser par an, et une progression annuelle estimée entre 7% et 10%, les prestations à effectuer restent très variées. Même si les familles ne possèdent que très peu de détails quant à la mission du thanatopracteur, certains professionnels commencent à tirer la sonnette d’alarme sur le manque de professionnalisme de quelques-uns de leurs confrères. Le processus, aussi délicat soit-il, doit se dérouler dans les meilleures conditions possibles et avec tout le matériel nécessaire. Le président de l’Association française d’information funéraire (AFIF) affirme qu’en moyenne, le processus d’embaumement devrait durer 1h30 au minimum. Parmi ces minutieuses étapes, on note, entre autres :

  • Le lavage
  • L’entière désinfection du corps
  • L’aspiration des liquides corporels
  • L’injection de produit formolé
  • La couture des incisions
  • L’habillage
  • Le maquillage
  • La coiffure

Les risques auxquels sont exposés les thanatopracteurs

L’exposition quotidienne et la manipulation des produits chimiques placent forcément les professionnels de ce métier face à de sérieuses conséquences sur leur santé à long terme. De même que pour l’environnement, à l’instar des nappes phréatiques où les produits dangereux comme le formol s’échappent si le défunt est mis sous terre. Ces produits sont également susceptibles de se transformer en dioxine si le corps est incinéré. Les thanatopracteurs n’ont pas, dans l’ensemble, pris la pleine mesure des probables effets négatifs liés à l’utilisation de produits chimiques. Contrairement aux autres pays européens, seules la France et la Grande Bretagne admettent encore cette pratique. Même si le pourcentage de corps sur lesquels cette pratique est employée est très faible (3%), il n’en demeure pas moins important de réguler le secteur et former efficacement les candidats à ce métier.

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Image : Shutterstock