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Les émotions provoquées par le suicide d’un proche

Entre l’incompréhension, la colère, la culpabilité et la tristesse, le suicide provoque de vives émotions, comme en témoignent les proches d’Alexandre.


Le suicide provoque des émotions mitigées

Plusieurs personnes se sont confiées au sujet du suicide d’Alexandre, un prénom parmi la centaine de milliers de morts par suicide chaque année en France. C’était un ami, un enfant , un frère, et la douleur causée par sa perte est la même. Sa grande sœur avoue prendre conscience de l’amour qu’elle lui portait seulement après son décès. Elle considère ce suicide comme une épreuve infligée à son entourage. Le père d’Alexandre, lui, montre de l’incompréhension et de la haine. De l’incompréhension, car il ignore ce qu’il aurait pu faire pour éviter ce drame. De la haine, envers la personne pour qui Alexandre a commis l’irréparable. Malgré le soutien qu’elle reçoit, la maman d’Alexandre, a craqué à force de se poser des questions et de vouloir revenir en arrière. Enfin, la meilleure amie d’Alexandre, confie qu’elle souffre de cette absence et regrette de n’avoir pu lui dire au revoir.

Le cheminement des émotions suite à un suicide

Cette petite histoire, bien qu’imaginaire, montre quelques-unes des réactions les plus courantes causées par le suicide d’un proche. Ces émotions apparaissent souvent selon un ordre assez précis. C’est ce que fait ressortir le psychiatre Christophe Fauré. Dans un premier temps, les personnes qui accueillent la nouvelle entrent dans un état de choc. Contrairement à la maladie, la mort par suicide ou par accident arrive sans prévenir.

Après cette première phase vient la colère. On en veut notamment à la personne ou au groupe qui a influencé la décision du défunt. On s’en veut également de n’avoir rien vu, de n’avoir rien pu faire. La culpabilité et le remords se conjuguent alors à cette colère.

Finalement, après une période plus ou moins longue rythmée par les questions et le chagrin, arrive la phase d’acceptation. On apprend alors à vivre avec cette absence et à faire le deuil.

De l’importance de mettre des mots sur la douleur

Parler fait partie du processus du deuil après le suicide d’un proche. Demander de l’aide est tout aussi important. Plusieurs associations offrent leur soutien et donnent la parole à ceux qui ont besoin de s’exprimer. En France, c’est le cas des associations Vivre son deuil et Phare, entre autres.

En général, les parents, les conjoints et les enfants sont les premiers à oser en parler. Il existe également des sites, à l’instar de deuilapressuicide.fr et traverserledeuil.com. Ils aident à comprendre et apprivoiser ses émotions, voire les maîtriser.

Vers l’acceptation de la mort d’un proche

Si personne n’est vraiment préparé au suicide d’un proche, le chemin vers l’acceptation de la mort n’est pas négligeable. Au-delà des émotions plus ou moins classiques, le suicide d’un frère, d’un ami, d’un enfant ou d’un amour soulève des questions inhabituelles. Certains prennent conscience du fait qu’ils doivent passer plus de temps avec ceux qu’ils aiment. D’autres deviennent plus sensibles et attentifs à leur entourage.

Ces réactions permettent aussi d’atténuer le regret de n’avoir pu dire au revoir au proche que l’on continue de chérir. Suite au décès brutal et inattendu d’Alexandre, les membres de sa famille et sa meilleure amie ont pris conscience de plusieurs choses. Aujourd’hui encore, la douleur de l’absence est là, mais chacun avance dans son deuil, et à son rythme.

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Image : Shutterstock