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L’industrie funéraire a grand besoin d’un second souffle

L’industrie funéraire mondiale se trouve aujourd’hui à la croisée des chemins. De plus en plus de voix s’élèvent en faveur d’un renouveau dans ce milieu, qui n’a connu que très peu de changement depuis ses débuts. Les axes d’amélioration sont pourtant connus.


L’industrie de la mort doit être redynamisée

L’industrie funéraire mondiale représente actuellement plusieurs dizaines de milliards de dollars. A lui seul, le marché américain a encaissé plus de 20 milliards de dollars de revenus annuels en 2016. Ce chiffre sera amené à grossir encore plus dans les années à venir. En attendant, les regards se font de plus en plus critiques envers les services proposés par les principaux acteurs. Et la cause en est simple : un service funéraire ordinaire en 2017 ressemble en tous points à celui proposé il y a 50 ans. On pourrait parler même de routine, tant les services offerts sont connus de tous. En effet, le schéma est plutôt classique malgré une personnalisation en fonction des croyances, des traditions et des volontés de chacun. Quant au prix, il s’élève en moyenne à 8 000 dollars, soit environ 7 120 euros au cours actuel. C’est simple, efficace, rapide… mais les prestations pourraient bien être encore plus personnalisées.

De plus en plus de personnes osent affirmer que le schéma classique aujourd’hui pointé du doigt, ne devrait pas former le seul moyen de rendre hommage au défunt. Ces voix n’hésitent pas à faire le parallèle avec les cérémonies de mariage. Là où les wedding planners parviennent à créer des merveilles à l’occasion d’un mariage, les pompes funèbres et les organisateurs de funérailles semblent avoir un train de retard. La raison se trouverait peut-être dans l’attachement des familles aux traditions funéraires de leur pays. Aux États-Unis, par exemple, les rites funéraires comme on les connaît aujourd’hui remontent seulement au début des années 1920. La sous-traitance des soins funéraires a commencé dans les années 60.

L’industrie funéraire adopte la crémation et les funérailles vertes

Il a fallu attendre 50 ans pour observer un nouveau changement : la démocratisation de la crémation. Pour la première fois dans l’histoire, le nombre de crémations aux États-Unis a dépassé les enterrements en 2015. Puis, il y a la nouvelle tendance des funérailles vertes, très prisées de la génération des baby-boomers. Ces petites révolutions apportent le nouveau souffle dont l’industrie funéraire a tant besoin. Les proches d’un défunt sont les premiers bénéficiaires de ces changements. En effet, les familles cherchent depuis longtemps une manière toute simple et originale de rendre un dernier hommage à un être aimé. Les enterrements écologiques répondent avec brio à leurs attentes. Non seulement cette formule est abordable – pas de coût pour le cercueil, pas de pierre tombale, aucun embaumement -, mais en plus, elle est respectueuse de l’environnement. Le corps est enveloppé d’un simple linceul avant d’être enterré.

Ces mouvements atypiques qui inspirent le renouveau

Autre nouveauté, les funérailles à la maison attirent aussi de plus en plus de curieux. Toujours aux Etats-Unis, de plus en plus de femmes exercent le métier de sage-femme de la mort. Derrière cette appellation plutôt morbide se cachent de grandes responsabilités envers la famille du défunt. Ces femmes viennent en aide aux familles qui souhaitent célébrer à la maison les funérailles d’un proche. Leur intervention fait basculer les services funéraires dans un cadre plus intimiste, plus facile à encadrer et plus respectueux envers le défunt. Ces trois qualités sont loin d’êtres garanties par les grandes entreprises de pompes funèbres.

En effet, ces prestataires funéraires d’un nouveau genre interagissent directement avec la famille. Leur présence et leur accompagnement dans toutes les étapes des funérailles aident les familles à mieux se préparer à la séparation avec l’être cher. Surtout, ce mouvement atypique renoue avec les origines mêmes des services funéraires. La toilette mortuaire, l’habillement du défunt et son ultime préparation sont réalisés par la famille, sous l’encadrement de ces professionnelles. Ce concept conduit les familles à saisir la réalité de la perte et à commencer ainsi la période de deuil de manière optimale.

Le mouvement des sages femmes de la mort est une goutte d’eau dans la mer d’acteurs et de consommateurs désireux de révolutionner la perception de la mort et du deuil. Le Death Café, ou café de la mort, en est certainement l’exemple le plus frappant. Il s’agit d’un rassemblement qui se tient dans les grandes villes du monde entier, de Séoul à San Fransisco, en passant par Sydney et Capetown. Les Death Café regroupent des gens autour d’un café, d’un thé ou d’un dessert pour disserter et débattre de la mort et de son univers. Ces conversations ne sont limitées par aucun tabou. Depuis 2011, plus de 4 000 cafés de la mort se sont tenus dans 47 pays.

La quête de renouveau titille même jusqu’aux génies de la Silicon Valley, qui y sont allés de leurs propres inventions pour se faire une place sur ce marché. Parting.com, site créé par trois jeunes programmeurs en 2015, est aujourd’hui l’un des plus connus. Cette plateforme se présente comme le Yelp des prestataires funéraires. Les familles peuvent donc donner des avis et des recommandations sur les meilleures pompes funèbres d’une région, sans arrière-pensée ni prohibition.

Briser les tabous autour de la mort

L’émergence de ces mouvements est un signe clair qu’un besoin de renouveau se fait de plus en plus sentir dans le milieu. Les prestataires comme les consommateurs cherchent aujourd’hui à donner plus de sens aux services funéraires et à briser les tabous autour de la mort et du deuil. C’est certainement la meilleure chose qui peut arriver à cette industrie, trop attachée à ses habitudes vieilles de plusieurs décennies. Après tout, chacun est libre de discuter de choses qui lui plaisent ou ne lui plaisent pas dans la vie. Pourquoi la mort serait-elle exclue de ces discussions ?

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Image : Shutterstock