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Surmonter le deuil périnatal

Le deuil périnatal est vécu par les parents à la suite du décès de leur bébé. Ce décès peut survenir pendant la grossesse, lors de l’accouchement ou durant les premiers mois de sa vie.


Le deuil périnatal est une souffrance à part

On pense souvent que la douleur de perdre un être cher est proportionnelle à la durée du temps passé avec lui. On perçoit mal comment on peut ressentir du chagrin quand on n’a pas, ou qu’on a peu connu la personne décédée. Pourtant, il n’en est rien, car le deuil périnatal est une véritable souffrance pour diverses raisons :

  • La soudaineté du décès
  • L’absence ou le peu de souvenirs tangibles du bébé
  • Le caractère tabou de la situation, bouleversant l’ordre naturel des choses, car un enfant , de surcroit un petit être auquel un futur est promis, ne peut pas mourir avant ses parents
  • La désillusion de ne pas pouvoir être parents
  • Le manque de reconnaissance social et juridique de ce deuil spécifique

Les parents font donc face à une épreuve qu’ils ont du mal à nommer puisqu’il s’agit de faire le deuil de quelqu’un qui n’a pas, ou qui a peu vécu. Le décès vient interrompre une vie et un espoir de vie.

Les causes qui expliquent le décès périnatal

Le décès périnatal est causé par plusieurs facteurs, car la grossesse et l’accouchement, quoi que l’on en pense, ne sont pas un long fleuve tranquille. En effet, vouloir un enfant et le voir naître ne suffit pas pour qu’il soit viable ou qu’il vive. De plus, il est faux de penser que la mortalité infantile relève de l’impossible dans les pays développés avec toute la modernité des infrastructures et des prises en charge hospitaliers. La vie et la mort, parfois, ne dépendent ni de la médecine ni même des parents.

Les causes les plus courantes du décès périnatal sont :

  • La fausse couche
  • Le retard de croissance
  • La grande prématurité
  • Le décollement du placenta
  • La grossesse extra-utérine
  • La mort subite du nourrisson par asphyxie ou de façon inexpliquée
  • La béance du col utérin

Cette liste est non-exhaustive puisqu’on peut aussi y ajouter l’interruption médicale de grossesse (IMG) ou encore le décès in utero, etc.

Le bébé mort souffre d’un déni social et parfois juridique

Le travail de deuil des parents est perturbé par le déni social entourant la mort de l’enfant à venir. Il est en effet difficile pour l’entourage de s’apitoyer sur un être « hypothétique » ou n’ayant pas encore « existé ».

Juridiquement, une grossesse ayant dépassé 15 semaines peut prétendre à l’inscription à l’État civil depuis 2008. L’officier de l’État civil établit un acte d’enfant sans vie sur la présentation d’un certificat médical attestant de l’accouchement de la mère. Cet acte permet d’inscrire l’enfant dans le livret de famille, donc de lui donner une filiation et un nom, et de procéder aux funérailles si les parents le souhaitent. S’ils n’ont pas encore le courage, l’établissement hospitalier où l’accouchement s’est déroulé peut se charger de la crémation à ses frais.

À 22 semaines de grossesse, ou si l’enfant pesait au moins 500 grammes, les parents peuvent prétendre à des droits comme les congés de maternité ou de paternité.

Si l’enfant décède entre la naissance et le troisième jour, c’est-à-dire avant la reconnaissance officielle, l’officier de l’État civil établit un acte de décès à la suite d’une déclaration de décès. Il y aura obligatoirement une transcription sur les registres d’État civil et de décès et des funérailles, à la charge des parents.

Toutefois, la grossesse inférieure à 15 semaines n’entre pas dans le champ de la loi. L’enfant mort n’est pas considérée comme une personne juridiquement, pire encore, elle n’aura droit ni à un nom ni à une sépulture. Ce vide juridique rend le travail de deuil des parents encore plus complexe puisqu’ils ne peuvent se raccrocher à aucun souvenir tangible du passage de ce petit être dans leur vie.

Le deuil périnatal est souvent banalisé

Les parents qui vivent le deuil périnatal souffrent de la banalisation de leur chagrin. Trop souvent, l’entourage se contente de consoler, certes avec les meilleures intentions, en prédisant que « cela n’est pas si grave » et qu’ils « pourront faire d’autres enfants ». Pourtant, on ignore combien leur souffrance est réelle, et que celle-ci est décuplée, car on ne peut y apposer un nom, tellement elle est complexe à comprendre.

La mère a porté cette vie dans son ventre. Il s’est tissé un lien intra fœtal très fort qui ne peut être occulté ni oublié. Le père, quant à lui, impatient de l’arrivée d’un bébé, a certainement guetté chaque jour l’évolution physique de sa conjointe. Il a été attentif et aux petits soins, surtout s’il s’agit d’une première fois. Le deuil périnatal englobe la perte d’un être qui leur est déjà naturellement cher, mais aussi celle de tous leurs espoirs d’une future vie de famille.

On peut surmonter le deuil périnatal

Il est possible pour les parents endeuillés de reprendre goût à la vie, sans toutefois que cela signifie l’oubli du bébé décédé. Ils peuvent en effet envisager de recourir à une prise en charge thérapeutique, voire médicamenteuse. Il existe également des associations, des livres, des forums et des groupes de paroles essentiellement dédiés au deuil périnatal.

Dans ces circonstances, les parents n’ont plus l’impression d’être isolés dans leur douleur. Ils ont en face d’eux des personnes qui comprennent leur ressenti, car elles la vivent également au quotidien. Le plus important est de libérer la parole et de partager cette peine considérée comme taboue.

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 Image : Shutterstock