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Zoom sur les rites et les cérémonies funéraires juifs

La cérémonie funéraire juive est restée inchangée ou presque depuis des millénaires. Voyez comment se déroule un enterrement juif au XXIe siècle.


Une cérémonie funéraire régie par la Torah

Le rituel funéraire juif se déroule conformément aux directives de la Torah. Au même titre que la Bible chez les Chrétiens,  ou le Coran, chez les Musulmans, la Torah constitue la principale écriture sainte du Judaïsme. Il s’agit d’un ensemble de cinq volumes, qui selon la tradition juive consiste en l’enseignement divin, transmis par Moïse aux Hébreux.

Les rites funéraires juifs peuvent varier d’une région à une autre. Les obsèques chez les Juifs épousent néanmoins un seul schéma dicté par la Torah. Les rites se décomposent en trois temps :

  • avant l’enterrement,
  • lors de l’enterrement,
  • la période de deuil.

Les rituels funéraires avant l’enterrement

Les rituels funéraires dans la religion juöve commencent dès le jour suivant la mort du défunt. Ces rites ancestraux d’avant l’inhumation se décomposent en quatre grandes étapes.

  • Immédiatement après la mort : personne n’a le droit de toucher à la dépouille mortelle, sous peine de devenir « impur ». Seul le fils du défunt est autorisé à procéder à la fermeture des yeux et de la bouche. Le défunt juif reçoit immédiatement des prières afin que son âme quitte son enveloppe charnelle.
  • Le corps doit être purifié par un rituel codifié et exécuté par des personnes spécialement désignées.
  • S’en suit la veillée, durant laquelle le défunt est allongé sur le sol, le corps recouvert d’un drap blanc. Amis de la famille et religieux veillent le corps.
  • En signe de deuil, sept parents proches du défunt se lèvent, prient, et déchirent leur vêtement, au niveau du cœur.

Le déroulement de l’enterrement

Le défunt est enveloppé dans un linceul blanc, puis mis en terre, dans des conditions simples, accompagné de prières, le Kaddish. L’enterrement à même le sol est le mode d’inhumation préconisé par la Torah. Cette pratique est toutefois interdite dans la majorité des pays où les juifs résident.

La dépouille est alors déposée dans un cercueil simple, puis enterrée dans le carré juif du cimetière. Si la famille ou le défunt le souhaite, la dépouille peut être enterrée en Terre Sainte, autrement dit en Israël.

L’inhumation est le seul traitement de la dépouille mortuaire autorisé par la Torah. Les Juifs croient en effet qur la crémation prive le défunt d’une sépulture, donc de tout bonheur dans l’au-delà. Cette pratique est toutefois tolérée par certains rabbins. Concernant l’exhumation, elle n’est tolérée que pour rapatriement du corps en Israël.

Le deuil, 11 mois pour pleurer le défunt

Le deuil chez les Juifs commence dès la sortie du cimetière, avec le lavage des mains, sans séchage, dans une démarche de mémoire. Hormis l’aspect émotionnel et psychologique, le rite du deuil dure un an.

Cette période compte trois parties, à savoir :

  1. Chive’a, les sept jours qui suivent l’inhumation, plusieurs obligations rigoureuses et une très grande austérité sont à observer par les proches du défunt.
  2. Chelochim, observé pendant 30 jours par les ascendants, descendants, frères et sœurs du défunt. Les règles sont moins rigoureuses.
  3. Chana Hassera, qui désigne la fin des 11 mois de deuil observé par les enfants du défunt.

Les obligations de tenues et de prières

Les personnes, proches ou moins proches, du défunt doivent adopter une tenue sobre, tandis que les hommes portent la kippa. Enfin, les proches non-juifs peuvent organiser un enterrement juif et y assister.

Les prières seront alors récitées par des personnes de confession juive, désignées à cet effet.

Glossaire des rites et de la cérémonie d’enterrement juif

‘Hévra Kadicha : confrérie religieuse d’accompagnement des proches lors de la veillée précédant l’enterrement. Exécute également la toilette mortuaire.

Tahara : rituel de purification du corps du défunt, exécuté par la ‘Hévra Kadicha.

Keria : signe de deuil.  Les proches du défunt déchirent une partie de leur vêtement.

Tsidouk Hadin : cette prière est récitée pendant la descente du défunt dans sa tombe.

Minyan : groupe d’adultes de confession juive, chargé de remplacer les proches non-juifs pour la récitation des prières. Il représente le peuple d’Israël durant l’inhumation.

Onen : les personnes les plus proches du défunt.

Avélim : personne qui doit porter le deuil.

Seoudat Havraa : premier repas de la famille du défunt après l’enterrement, servi par des personnes extérieures à la famille.

Chabbat : le samedi, jour de repos, qui commence dès la tombée de la nuit du vendredi soir. Signe la levée temporaire des obligations liées au deuil.

Kaddish : prière prononcée auprès de la tombe par le rabbin ou le minyan. Deux formes existent, l’une pour l’enterrement, l’autre, récitée par les endeuillés.

 

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 Image : Shutterstock