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Que subsistera-t-il de notre moi ? Un constat propre à l’homme et impossible pour l’animal qui vit dans l’ignorance du sort qui l’attend…


« Pour vivre, il faut risquer sa vie » disait Edgard Morin 

Contre la mélancolie et le découragement de la mort, il n’y a pas de réponse mais nous devons assumer notre condition avec l’angoisse et l’incertitude qui en découlent.
Pourquoi meurt-on ?  Que se passe-t-il après ? Un enfant pose la question :
« Elle est où Mamy maintenant ? », nous répondons généralement : « Elle est au ciel avec les anges… ». De manière concrète, du décès, nous ne savons … rien, sauf peut être ceux qui ont vécu une expérience de mort imminente … Nous n’avons que des fantasmes, un savoir inventé pour se rassurer. 

Le Royaume des Cieux 

Selon Freud, les religions sont des fantasmes collectifs qui nous font espérer un au-delà, une survie de l’âme. Les croyances religieuses ont insufflé l’idée que la mort peut être une libération, le remède le plus efficace aux graves blessures de la vie. Leur perte d’influence laisse le monde Occidental plus démuni que jamais. La mort n’est pensée qu’à partir de la seule expérience dont nous disposons : la vie. Après le moment fatal du décès, quelque chose de notre moi subsistera. D’où nos préférences sur la façon dont sera traité notre corps défunt. 

Après mon décès, je tiens à ce qu’on vienne me voir

Le souvenir, la mémoire, l’inscription sur la tombe continue de maintenir une sorte d’existence. Plus que la mort abstraite, c’est le « décès » qui nous effraie :  
Evoquer ce moment de passage entre vie et trépas, où l’on se dirait "je me meurs", donne le vertige.
Au-delà de cette crainte métaphysique, il existe aussi la crainte très banale de la « mauvaise » mort, celle qui fait souffrir. 
Notre préférence est de périr dans notre sommeil, sans rien savoir de ce trépas personnel.
Mieux vaut une crise cardiaque brutale à la lente agonie qui laisse le temps de penser à l’inévitable…