Carnet

fou-rire pendant un enterrement

SOCIOLOGIE DE LA MORT

02-09-2013
Une crise incoercible de rire spasmodique peut se dérouler dans des situations où le rire est le moins socialement admis comme … l'annonce d'un décès, les obsèques, les visites aux familles, situations où sont attendus compassion et respect...
A la question, avez-vous déjà eu un fou rire pendant un enterrement ? 60% aurait répondu … Oui.(Sondage de 2008 dans le huffington post)

Mécanisme de défense contre l'angoisse ?

Pour décoder cette manifestation intempestive, à partir des concepts analytiques d'abréaction et de mécanisme de défense contre l'angoisse, et « essayer » pouvoir l'expliquer, voici un exemple caractéristique de fou-rire en situation de deuil :
A la messe d'enterrement d'un parent éloigné et au moment d'entrer dans l'église, intérieurement tendue : il y a le cercueil avec le mort et la famille en larmes. A l'église, il y aura le côté femme, le côté homme. Je suis derrière une personne qui a les cheveux longs et, tête baissée, je me mets à la suivre. Je me retrouve au milieu des hommes. Je quitte ma place discrètement et vais aussitôt rejoindre le côté femme. Cette erreur suffit aussitôt à déclencher un fou rire aussi incontrôlable que déplacé. Le mouchoir plaqué sur la bouche est salvateur... La vue du cercueil a fait monter une angoisse insupportable, l'erreur de personne a dans ce cas permit de manifester une explosion émotive réorientée qui suffit à se calmer ...

La Société, le cadavre et la mort interdisent de rire.

Il est fréquent à l’hôpital pour l’avoir observé, que le personnel soit pris de fou-rire dans des situations tout à fait analogues, la moindre situation cocasse qui se présente (en présence ou non de la famille) produit l'étincelle qui met le feu aux poudres au moyen d'un fou-rire libérateur. Un exemple : au moment de choisir le vêtement qui va habiller la personne décédée, une soignante peut se retourner vers sa collègue et lui demander :
  1. « Quel vêtement on lui met ? » Si l'autre répond sans réfléchir :
  2. « Celui-là, il est plus chaud ! » cela peut déclencher …
Ce rire est culpabilisant si l'on ignore qu'il est le produit, non de la gaîté, non de l'insensibilité…
mais bien au contraire de l'angoisse de mort qui s'abréagit dans une crise salvatrice par un mécanisme de défense.

Source : d‘après le monde.fr

Thematiques

← Article précédent
Article suivant →