Carnet

Dominique Jameux

Dominique Jameux 24 septembre 1939 - 2 juillet 2015
01/10/2015

Trente-six ans de présence au micro.

Dominique Jameux, musicologue, écrivain et producteur de radio et de télévision est décédé le jeudi 2 juillet 2015 à Paris des suites d’un cancer du pancréas. Né le 24 décembre 1939 à Vichy, son père est tailleur, sa mère, professeur de piano est adulée. Son initiation musicale commence en tant qu’enfant de chœur à l’église et aux Jeunesses Musicales de France.

Connu pour ses émissions radiophoniques et télévisuelles, et pour de nombreux ouvrages consacrés à la musique classique dont il est l’auteur, le prix de la Société civile des auteurs MultiMedia (Scam) lui est décerné en 1994 pour l’ensemble de son œuvre radiophonique.
⦁ Il fonde et dirige la revue trimestrielle « Musique en jeu » (1970-1978)
⦁ Attiré par l’avant-garde musicale, Dominique Jameux s’intéresse en particulier à Pierre Boulez qui comptera aussi beaucoup dans son parcours musical, il est signataire de la première publication majeure sur le compositeur, en 1984.
⦁ En 2006, il est fait Chevalier de l'Ordre du Mérite.
⦁ Après son départ de France Musique et trente-six ans de présence au micro, (il anima les émissions Le matin des musiciens ou encore Le fauteuil de Monsieur Dimanche). Jameux avait consacré à son métier un livre simplement intitulé : « Radio » (2009).

L’adage inversé qu’il a inscrit en préface de son ouvrage, comme nous le rappelle Le Monde, dit bien quelle était sa passion première : « Scripta volent, Verba manent », pour ceux qui séchaient les cours de latin : « Les écrits s’envolent, la parole reste. »

Dominique Jameux fut spécialiste de la musique du 20e siècle

Après ses études musicales et universitaires, il a débuté dans la radio en 1972 au micro de France culture comme animateur de l’émission « La Musique prend la parole », sa voix claquante, articulée, est malicieuse. « Érudition, précision du trait, génie de l’allusion, le souci de clarté, le rejet du débraillé, l’inventivité comme ressort, l’ironie comme moyen... » c’est avec ses mots qu’est décrit Jameux par le musicologue Philippe Gumplowicz.

⦁ Marie Faucher, dans un hommage rendu au fondateur de la revue « Musique en jeu », a dit que le regard de Dominique Jameux sur la musique a été nourri de mille univers.
⦁ Son ami et collègue Stéphane Goldet a déclaré qu’un jour et demi avant sa mort, ils se sont entretenus un long moment. Elle a raconté qu’il était très amaigri. Il ne restait que le regard, l’intensité intellectuelle et émotionnelle de quelqu’un qui se trouve sur son dernier chemin. Son leitmotiv ce soir-là était son immense gratitude vis-à-vis de la radio qui lui avait permis d’avoir "une bonne vie", de faire tout ce qu’il voulait, sans aucune contrainte.

Jameux pensait que la musique classique avait besoin de rajeunir son audience, à la mesure même que les « jeunes » auraient besoin de cet aliment reconstituant, ou même simplement constituant.

Ses funérailles ont été célébrées le 08 juillet 2015, à 13 heures, au Crématorium du cimetière du Père-Lachaise à Paris, pas très loin de Chopin... pour qui Il avait troqué le micro pour la plume avec son ouvrage "Chopin ou la fureur de soi" dévoilant des facettes inconnues et parfois très surprenantes du compositeur franco-polonais...

 

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