Carnet

Étienne Schlumberger

Étienne Schlumberger 20 mars 1915 - 9 septembre 2014
01/10/2015

Avec sa disparition, on ne compte plus que 18 membres survivants de l'Ordre de la Libération. Étienne Schlumberger s’est éteint mardi 9 septembre à Crozon (Finistère), à l’âge de 99 ans. Il fut le dernier polytechnicien et le dernier marin Compagnon de la Libération.

 

Né à Paris le 20 mars 1915, Schlumberger a été élevé au sein d'une famille protestante, est reçu en 1936 à Polytechnique. Il choisissait à la sortie le Génie maritime. Il fut par la suite affecté en février 1940, à la section réparation des sous-marins de l'arsenal de Cherbourg. Polytechnicien comme tous les hommes de sa famille (son père et son grand-père), il a connu plusieurs vies. Résistant, ingénieur, commandant, navigateur au long cours ou encore capitaine d’industrie... il côtoyait le Général de Gaulle, et a eu le privilège d’être décoré par la reine Élizabeth II. Il a également dessiné les premiers méthaniers, navigué pendant plus de six ans dans un voilier de 13 ¬m et a visité plus de quarante pays. Une grande figure romanesque.

 

À l’arrivée des Allemands en 1940, il était en charge de 4 sous-marins, et parvenait alors âgé de 25 ans à les envoyer en Angleterre, contrairement aux ordres donnés, avant de rallier en juillet 1940 la France libre. Il a été, suite à cet acte, condamné à la peine maximale pour « désertion et trahison » par le gouvernement de Vichy. 

 

En septembre 1940 il prend part à l’opération de Dakar à titre d’adjoint du commandant Thierry d’Argenlieu après sa nomination en tant qu’enseigne de vaisseau de 1re classe sur l'aviso Commandant Duboc.

 

Il embarque le 9 février 1942 en tant qu’officier en second sur le sous-marin Junon et effectua dans les fjords de Norvège de nombreuses patrouilles. En mars 1943, il est promu au poste de commandant de la Junon et amène début 1944 le bâtiment en Afrique du Nord. Il est appelé en janvier 1945, à l'État-major de l'amiral Thierry d'Argenlieu et est nommé en avril 1945 capitaine de corvette. Le commandant Schlumberger est par la suite nommé directeur des Études à l'École navale en juin 1947, en exerçant différentes fonctions à la fois à terre qu'en mer. Il quitte en mars 1953 la Marine en tant que capitaine de frégate. Il intègre dès lors la société Maritime Shell afin de s'occuper dans un premier temps des pétroliers. Il prend en avril 1975 sa retraite pour un tour du monde à la voile.

 

Homme au franc-parler et fidèle à lui-même, Étienne Schlumberger confiait au Télégramme, en 2011, qu’il était toujours révolté par « l’affreux comportement de ceux qui ont cru en une victoire allemande pour, au final, se faire "botter le cul". Hitler, c’était l’horreur absolue. Tous ceux qui l’ont suivi sont immondes ».

Livre d'Or

PRUD\'HOMME Dominique mercredi 18 février 2015
Plus qu'un exemple , une valeur inestimable , une flamme qui ne s’éteindra pas, l'humanité même.... La FRANCE a tellement besoin d'esprits lumineux.... Feu Étienne SCHLUMBERGER s'était livré à ses souvenirs sur les débuts difficiles de la France Libre......... Un entretien inédit, un témoignage d'une force libre , ou les "phares " étaient si rares...... .merci , Monsieur Étienne SCHLUMBERGER !!!!!!!! COMPAGNON DU COURAGE

Ajouter un message