Carnet

Christophe Otzenberger

Christophe Otzenberger 2 juillet 1961 - 4 juin 2017
06/06/2017

Cinéaste à la vie, à la mort

La triste nouvelle de sa disparition a été annoncée dans Le Figaro.

Particulièrement connu pour être l’auteur du documentaire « La Conquête de Clichy » sorti en salles il y a une vingtaine d’années, le réalisateur Christophe Otzenberger s’est éteint le samedi 4 juin 2017 à Paris. Le scénariste français a succombé suite à un cancer. Né le 2 juillet 1961 à Saint-Maur-des-Fossés, Christophe Otzenberger fait partie des réalisateurs français du cinéma direct, typologie du cinéma documentaire.

Fils du documentariste Claude Otzenberger, (qui fut directeur des programmes d’Antenne 2) en 1992, Christophe avait commencé sa carrière comme acteur avec des petits rôles au théâtre puis à la télévision. Mais c’est derrière la caméra qu’il s’était fait connaître du grand public avec son documentaire La Conquête de Clichy (sorti en salles en 1995), dans lequel il racontait, dans la tradition du cinéma direct, la campagne du candidat RPR Didier Schuller pour les élections cantonales de Clichy-la-Garenne (Hauts-de-Seine) de 1994. Parmi ses œuvres figurent :

⦁ « Fragments sur le misère » en 1998
⦁ « Autrement » en 2002 ou encore
⦁ « Itinéraires » en 2006.

"Il voulait simplement témoigner de la vie des gens, de leurs joies, de leurs tristesses", a déclaré son fils.

Il savait que cela serait son dernier film

Christophe Otzenberger, documentariste est atteint d’un cancer d’un poumon, il a voulu entendre et filmer d’autres malades, en installant sa caméra dans l’hôpital où il était traité. Il sait que l’échéance est proche... Il se filme alors, et on filme ses réactions. Coréalisé avec Stéphane Mercurio, c’est elle qui a terminé « Petits arrangements avec la vie ». Cela commence par les images de son propre enterrement, avec une voix off ironique et triste, qui anticipe : « Je vais être dans une boîte, dans un cercueil, sur le dos, dans le noir. Et je vais aller au feu. C’est tout ce que je déteste, je n’aime pas ça. Moi j’aime être sur le côté pour dormir…».

La réalisatrice Virginie Linhart a rappelé à Libération combien « pour toute la communauté documentariste, c’était quelqu’un de très important, par sa liberté de ton, sa drôlerie, son infinie humanité ». C’est l’histoire de la mort en ligne de mire. La nôtre un jour, celle des êtres chers que nous avons vus souffrir et partir. Nous tous cherchons des mots pour approcher l’insurmontable...

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