Carnet

Roger Walkowiak

Roger Walkowiak 2 mars 1927 - 6 février 2017
08/02/2017

Le plus discret de tous les Maillot Jaune.

C’est sa famille qui a annoncé la triste nouvelle de sa disparition, son décès survient après celui du Suisse Ferdi Kubler, le vainqueur de 1950 à Paris, en décembre dernier à l’âge de 97 ans. Ayant été le doyen des vainqueurs du Tour de France, l’Espagnol Federico Bahamontes, l’Aigle de Tolède qui a gagné l’édition 1959, occupe actuellement cette place.

L’ancien vainqueur du Tour de France, Roger Walkowiak est décédé le lundi 6 février 2017 près de Vichy (Allier). Figurant parmi les plus anciens lauréats du Tour, il a remporté l'édition 1956. Comme une (grande) partie des observateurs n’avait pas cru en lui, c’est de là qu’est venue l’expression « Tour à la Walkowiak » visant à désigner une victoire inattendue.

Entre Louison Bobet et Jacques Anquetil...

Roger Walkowiak a travaillé en tant que tourneur en usine pour suivre une carrière professionnelle de coureur cycliste de 1950 à 1960. Il a été pendant un temps indépendant et également patron de bar.

Il eut le génie d’accrocher son nom au palmarès du Tour de France 

C’était en 1956, au terme d’une course splendide, après neuf leaders successifs et 4 527 kms homériques, un régional presque inconnu triompha dans la plus grande épreuve du monde.

La formule : « Un Tour à la Walko » désignait, dans l’esprit de Jacques Goddet, une course tendue, généreuse, indécise, belle et passionnante à chaque étape !
Il reçu une quarantaine de contrats dans les critériums d'après Tour à 1.000 francs
Puis le coureur français a connu deux victoires d’étapes sur le Tour d’Espagne
Une deuxième place en 1953 à Paris-Côte d’Azur ainsi qu’une autre seconde place deux ans plus tard lors du Critérium du Dauphiné Libéré.

L’horizon se boucha aussi vite qu’il s’était éclairé. « Ils m’ont volé mon Tour. »

En 1957, épuisé par une amibiase contractée au Tour du Maroc, il ne put s’offrir qu’un bouquet d’étape à la Vuelta.
En 1958, il arracha le Prix de Pontivy et conclut le Tour de France en soixante-quinzième position. En 1959, il se traîna en queue de peloton.
En 1960, amer, désabusé, il raccrocha après une troisième place au Tour de l’Aude et au Circuit d’Auvergne.
Profondément amer et malheureux, comme le sont les honnêtes gens victimes d’une pitoyable spoliation. Sans bruit, mais sans hésitation, il partit reprendre sa vie d’ouvrier tourneur, fermant définitivement sa porte aux journalistes parisiens. « Ce sont des salauds », se borna-t-il à expliquer en juillet 1985, au terme d’un traumatisant silence.

Jacques Goddet, jusqu’au bout son principal défenseur voulait réhabiliter ce coureur de belle mentalité, à l’éducation exemplaire, qui souffrit si fort de la sorte de mépris entourant sa victoire qu’il disparut, pratiquement, de ce monde cycliste dont l’exigence peut le pousser jusqu’à l’injustice.

Les obsèques de Roger Walkowiak ont eu lieu au cimetière du nord de Montluçon. Entre 150 et 200 personnes sont venues rendre un dernier hommage à "Walko", l'enfant des Marais, Parmi elles, Raymond Poulidor (qui avait couru avec Walkowiak) Bernard Thévenet, vainqueur du Tour de France en 1975 et 1977. Un grand tour et puis s’en va ... salut champion pour ta dernière échappée.


 

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