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Ferdinand Piëch

Ferdinand Piëch 17 avril 1937 - 25 août 2019
28/08/2019

Selon plusieurs médias, dont Ouest-France, l'ancien président du directoire et président du conseil de surveillance de Volkswagen est mort dans un hôpital de Rosenheim (Bavière), où il avait été transporté après s'être écroulé dans un restaurant sous les yeux de son épouse Ursula. 

C’est un industriel emblématique qui vient de partir.

Dans l'industrie automobile, peu d'hommes peuvent prétendre avoir laissé une empreinte aussi forte que Ferdinand Piëch. Celui qui a transformé le groupe Volkswagen en empire s'est éteint. La firme dont Ferdinand Piëch fut à la fois l’héritier et le bâtisseur, lui avait rendu une forme d’hommage en se hissant, en 2016, au rang de numéro 1 mondial de l’automobile…
Piech était le petit-fils de Ferdinand Porsche, le père de l'emblématique Volkswagen Coccinelle et une partie des clans Porsche et Piech contrôlent encore aujourd'hui le groupe VW.

Sans jamais lever le pied de l’accélérateur…

Père des Porsche 917, Audi Quattro, et de douze enfants, aussi féru de technique qu'avide de pouvoir, le patriarche n'a jamais profité de sa prestigieuse parentèle pour se reposer sur ses lauriers.
Il décroche son diplôme d'ingénieur à 26 ans et intègre le service compétition de l'entreprise familiale. Il signera l'une des voitures de course les plus redoutables de tous les temps : la 917 (née il y cinquante ans et victorieuse au Mans en 1970). Des membres de sa famille l’accusaient d’être un manager irresponsable après avoir mis en péril le budget de la société, mais la Porsche 917 devint l’une des voitures de course les plus performantes de l’histoire.

« Das Autos »

C’est chez Audi, puis à la tête du groupe Volkswagen, qu'il marquera le plus les esprits :
⦁ Ingénieur génial, Piech a révolutionné VW après avoir misé sur une technique de construction modulaire. Il a notamment mis en place les premières banques d'organes, des bases techniques communes servant à plusieurs marques : Audi, Skoda et VW, et ainsi, de partager presque 65% de pièces communes, permettant ainsi au groupe Volkswagen de réaliser de plus grandes économies d’échelle.
⦁ Sous la direction de Piech, le mastodonte VW a mis l’accent sur l’ingénierie avant les profits et a poursuivi son expansion en ajoutant des marques de luxe à forte marge Bentley, Bugatti et Lamborghini en une seule année. Il se verra évincé en 2015 lors d'un bras de fer avec Martin Winterkorn, (l’ancien patron opérationnel de Volkswagen).

Habitué des coups d’éclats et des déballages en public des disputes familiales, Ferdinand Piëch a finalement vendu l’essentiel de ses parts dans Porsche SE en 2017 pour près d’un milliard d’euros, marquant la fin de son règne sur l’automobile allemande…

« Avant tout, je me suis toujours considéré comme un produit, et je me suis fié à l’instinct pour répondre à la demande du marché. Les affaires et la politique ne m'ont jamais distrait du cœur de notre mission : développer et fabriquer des voitures attrayantes », écrivait Piech dans son autobiographie.

 

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