Carnet

Marcel Rigout

Marcel Rigout 10 mai 1928 - 23 août 2014
01/10/2015
L’un des ministres communistes du gouvernement de Pierre Mauroy, Marcel Rigout qui à la fin des années 80 avait rompu avec le PCF, est mort samedi 23 aout à l’âge de 86 ans. Il avait été transporté, quatre jours plus tôt, au CHU de Limoges, suite à une dégradation de son état de santé.
 
Né à Verneuil-sur-Vienne (Haute-Vienne) le 10 mai 1928, issu d’une famille nombreuse de dix enfants, fils de Joseph, un scieur de long, et de Marie Lagarde, une domestique, Marcel Rigout était dans un premier temps apprenti couvreur et ouvrier agricole avant de rejoindre en mars 1944, la Résistance. Il adhérait au PCF et participe à la libération de Limoges avec le colonel Bernard. Il est par la suite embauché à l'arsenal de Limoges comme manœuvre.
 
Il devient en 1948, secrétaire fédéral du PCF en Haute-Vienne. Deux ans plus tard, il a été licencié avec six autres ouvriers de l'arsenal de Limoges, en raison de ses activités politiques et syndicales considérées comme incompatibles avec son emploi à la Défense nationale.
 
Cet ancien ouvrier métallurgiste est élu député de la Haute-Vienne en 1967 pour la première fois. L’année suivante, il perd son siège suite à l’évènement de mai 68. Ayant gagné pour la deuxième fois aux législatives en 1973, Rigout entre à l'Assemblée nationale en tant que vice-président du groupe communiste. Il a été, à plusieurs reprises, député de Haute-Vienne entre 1967 et 1988.
 
Ce n’est qu’en juin 1981 qu’il entre au gouvernement Mauroy. Il fut l’un des quatre ministres communistes, en charge de la Formation professionnelle. Il s’est surtout fait connaitre en tant que l’auteur du « Plan Rigout » qui permettait aux jeunes sans diplôme de suivre en alternance des stages de formation. En 1984, il quitte le gouvernement, comme ses trois collègues (Anicet le Pors, Charles Fiterman et Jack Ralite).
 
Au plan national, il s’est impliqué à la formation du Mouvement des Reconstructeurs communistes, avec d'autres dissidents, dont Charles Fiterman. Une tentative vouée à l’échec, l’emmenant à démissionner du PCF en 1990. Il contribue dès lors à la création de l’Alternative démocratie socialisme (ADS), un mouvement plus fort que celui du PCF, même si l'assise reste régionale. Il travaillera par la suite, au rapprochement des deux partis politiques.
 
À l’annonce de sa disparition, Pierre Laurent, secrétaire national du PCF a salué un homme d’une « grande figure de la gauche ». « Si nos chemins se sont séparés, avec des moments difficiles (...), nous avions des valeurs et des idéaux en commun. Je salue la mémoire de Marcel Rigout, homme d'engagement pour la France et la gauche », ajoutait M. Laurent.

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