Carnet

André S. Labarthe

André S. Labarthe 18 décembre 1931 - 5 mars 2018
07/03/2018

Il avait tout d’une légende vivante auprès des cinéphiles.

Né le 18 décembre 1931 à Oloron-Sainte-Marie André S. Labarthe est décédé dans la matinée du lundi 5 mars 2018 à Paris, a relayé le quotidien national La Croix. Critique de cinéma, scénariste, réaliste et producteur français, il laisse derrière lui une œuvre cinématographique dont des séries documentaires cultes.

Il avait commencé comme critique au temps glorieux des années 50 à Télérama (son ancêtre catholique, s’appelait alors Radio Cinéma Télévision). Son ami François Truffaut (même génération que lui) lui présente André Bazin (co-fondateur de la revue des Cahiers du cinéma). André S. Labarthe se lance dans la critique de cinéma alors âgé de 20 ans.
D’où vient le S de André S. Labarthe ?. André utilise à ses débuts ce « S. » glissé entre André et Labarthe, « sa griffe », qu’il invente pour se démarquer d’un homonyme, journaliste scientifique célèbre.

« Cinéastes de notre temps », la série Mytique à partir de 1964.

Janine Bazin et André S.Labarthe lancent pour l’ORTF la collection «Cinéastes, de notre temps», les émissions de cinéma un tant soit peu dignes d’intérêt sont déjà aussi rares qu’elles le sont aujourd’hui sur les chaînes de télévisions... Sa première réalisation est consacrée au portrait de Luis Bunuel. Avec plus de 100 titres, c’est une collection titanesque de documentaires consacrés aux cinéastes. Labarthe a commencé avec les grands noms du cinéma hollywoodien :

⦁ John Ford, Raoul Walsh, Frank Capra, John Cassavetes…
⦁ Il a continué dans les années 70 et 90, filmant Moretti, Cronenberg, Rohmer....
⦁ Le collectionneur de bobines a aussi filmé de jeunes cinéastes (selon le même principe de liberté encadrée) : Claire Denis et Rivette, Assayas et Hou Hsiao-hsien...
⦁ En plus des cinéastes, Labarthe a filmé des peintres comme Kandinsky ou encore Van Gogh, des écrivains, des musiciens, des penseurs.
Labarthe avait également ouvert un ciné-club à la Maison des lettres à Paris, alors fondé par Pierre-Aimé Touchard.
Cet admirateur d’Orson Welles continuait à faire œuvre de critique en réalisant toutes sortes de films, il déclarait qu’il existe deux sortes de cinéastes : les piégeurs et les traqueurs, ceux qui attendent que l’événement se révèle à eux et ceux qui le provoquent.

Il laisse une œuvre considérable.

Depuis plus de 50 ans, dans la constellation de la cinéphilie, André S. Labarthe occupait une place essentielle.
Labarthe, féru de surréalisme (comme le souligne le Figaro), disait filmer pour « affamer le spectateur » et sa filmographie gigantesque est le reflet de sa culture encyclopédique et de son insatiable curiosité. La Cinémathèque française déclare avoir perdu un ami de toujours, un allié fidèle et sûr, l'un de ses meilleurs serviteurs…

 

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