Carnet

Jean Dautremay

Jean Dautremay   1943 - 13 octobre 2014
01/10/2015
Le metteur en scène et comédien Jean Dautremay, qui fut sociétaire de la Comédie-Française, est mort à Paris lundi 13 octobre des suites d'un cancer, a annoncé la maison de Molière. Pudique et discret, ce fin lettré et grand acteur musicien s’en est allé à 71 ans.
 
Né à Barcelonnette en 1943, Dautremay s’est initié à la philosophie à l’Université d’Aix-en-Provence et se lance par la suite dans l’aventure de la décentralisation et du théâtre aux côtés d’Antoine Bourseiller, à l’époque des « jeunes turcs » qui rêvaient à l’orée de 1968, de révolutionner la scène.
 
En 1968, il s’installe à Paris, rejoint au Théâtre de l’Espérance, Jean-Pierre Vincent, puis l’accompagne au Théâtre national de Strasbourg. Il a également travaillé le duo Peyret-Jourdheuil avec notamment André Engel et Jorge Lavelli. Il s’est surtout lié à Jacques Lassalle et participe avec lui à plusieurs de ses mises en scène. Quand Lasalle est nommé administrateur de la Comédie-Française en 1990, il l’a fait jouer dans la troupe en interprétant « Le Mari », de l’Italien Svevo. Il signe à partir des années 80, ses premières mises en scène, dont des textes de Leiris au Festival d’Avignon.
 
En 1984, il met en scène « Est-il bon ? Est-il méchant ? » de son cher Denis Diderot dont il avait monté trois ans plus tôt, « Dorval et moi », au Petit-Odéon, avant d’être embauché comme pensionnaire en septembre 1991. Nommé sociétaire de la Comédie-Française en 1993, il ne quittera la maison que quinze ans plus tard, la maladie l’ayant saisi.
 
Il a également joué dans « Le Balcon » de Jean Genet, en incarnant le chef de la police, un mis en scène de Lluis Pasquel, interprète Argan dans « Le Malade imaginaire » de Molière, Rosmer dans « Rosmersholm » d'Ibsen avec le metteur en scène, Jacques Lassalle, puis dans « L'Éléphant d'or » de Koplov en jouant Motchalkine, mis en scène par Bernard Sobel.
 
Quand Daniel Mesguich a mis en scène « La Vie parisienne » de Jacques Offenbach, Dautremay s’est allègrement amusé, la musique lui donnait des ailes. L’un des plus inoubliables parmi les spectacles auxquels il a participé est sans doute ce « Malade Imaginaire » de Molière au Théâtre du Châtelet avec William Christie qui avait retrouvé l’apparition de Marc-Antoine Charpentier, dans les archives de la Comédie-Française., une version du « Malade Imaginaire » fut en 1990, un enchantement qui rassemblait tout ce que Jean Dautremay aimait, la belle langue, la musique, la danse, la comédie. La vie même

Livre d'Or

Patrick roegiers jeudi 16 octobre 2014
Jean a aussi lu mon Vésale à Avignon pour France Culture dans une miseven espace de Claude Yersin. Il a de même crée ma pièce Les jardins de Camigliano pour la Comédie-Française au Vieux Colombier et à France-culture. Nous avions un projet d'après mon roman L'horloge universelle (Seuil, 1992) qui l'a laissé sans voix et l'a résilié à jamais dans un silence inouï. Quel destin que celui d'un comédien admirable et musical dévoré par sa langue, anéanti par l'amour et la sonorité des mots ...
Ajouter un message