Carnet

Graeme Allwright

Graeme Allwright 7 novembre 1926 - 16 février 2020
20/02/2020

Un chanteur Folk engagé pour la justice sociale.

Le chanteur français d'origine néo-zélandaise (natif de Wellington) Graeme Allwright est décédé à l'âge de 93 ans. « Il est décédé cette nuit, dans la maison de retraite des artistes en Seine et Marne où il résidait depuis une année » a déclaré sa fille Jeanne Allwright. Il apprend sur le tas à chanter dans les églises et à jouer de la guitare. Ce n’est qu’un loisir pour lui qui se passionne pour le théâtre, Graeme débute alors sa carrière comme acteur en Angleterre après la Deuxième guerre mondiale. Sa rencontre avec sa première épouse Catherine Dasté, l’amènera à Paris en 1948, il aura trois enfants avec la comédienne.

Les hymnes d'une génération.

Allwright n’est venu à la chanson qu’après 40 ans et son répertoire contestataire, antimilitariste et profondément humaniste résonne avec les aspirations de la jeunesse française de l'époque. Avec sa voix douce et chaude, il aura adapté Brassens, Ferré, Bob Dylan, Leonard Cohen...écrivant aussi ses propres chansons, dont les thèmes revenaient sur les idées de fraternité, de non-violence, de l’amour et de l’amitié...

⦁ “Petites boîtes” (adaptation de Malvina Reynolds)
⦁ “Jusqu’à la ceinture” (Pete Seeger)
⦁ “Qui a tué Davy Moore ?” (Bob Dylan)
⦁ « Johnny » (texte original)
⦁ Et surtout, son plus grand succès : “Le jour de clarté” (Peter, Paul & Mary), deviennent des hymnes de mai 68. 
⦁ En 1968, la chanson de Noël pour enfant “Petit Garçon”, version francophone d’“Old Toy Trains” de Roger Miller, ou encore “Sacrée Bouteille” (d’après “Bottle of Wine” de Tom Paxton) renforceront sa notoriété.
⦁ Dans les années 1970, il adaptera de nombreuses chansons de Leonard Cohen, dont “Suzanne”.

Très loin des adaptations poussives et bâtardes des tubes anglo-saxons par les yéyés...

L’adaptation est un art fragile mais Graeme trouve pourtant à chaque fois les mots justes et les expressions les plus accessibles pour ne pas dénaturer l’esprit des grands maîtres et conserver l’aspect profondément « populaire » de leurs messages.
Le cercle des poètes folk disparu s’élargit avec la disparition de ce troubadour au grand cœur. Graeme Allwright alternera voyages et retours sur scène jusqu'en 2015. Un « grand prix in honorem » le couronne en 2010 pour l’ensemble de sa carrière par l’Académie Charles-Cros.

Pour Maxime Le Forestier Graeme était « All Right » ...

Il a contribué à rendre la musique folk populaire en France, car il était l'un des seuls à traduire Bob Dylan convenablement selon Maxime Le Forestier qui lui rend hommage dans le Parisien. « Il adorait marcher et chanter pieds nus. On se croisait de temps en temps. Graeme a bien vieilli parce qu'il a eu une vie très saine, une vie d'honnête homme et de moine presque. Il a beaucoup compté pour moi et pour la chanson française en général. »

 

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