Carnet

Hector

Hector  20 octobre 1946 - 19 février 2020
23/07/2020

Le Chopin du Twist

Né Jean-Pierre Kalfon en 1946 à Paris, Hector a régné en prince de la rébellion sur les années 1960. Avant de se lancer dans une carrière solo, Hector faisait partie du groupe Les Médiators. Le cancer dont il était atteint a eu raison de sa rage de vivre. Il est mort chez lui à Pont- L’Abbé (Bretagne). La presse quotidienne n’a pas fait un grand écho à sa disparition et pourtant...

Marc Schleich à la guitare, Serge Mosiniak à la basse, Gilbert Kravetz à la guitare rythmique et William Roudil à la batterie, Les Médiators ont enchaîné des tubes au swing redoutable :

Whole Lotta Shakin' Goin ou On à Peggy Sue, le quintette musical s'est séparé en 1964... Mais la carrière de Jean-Pierre se poursuit en solo. Hector et son célèbre chapeau melon écrit une grande partie des textes de ses chansons en partenariat avec Jean Yanne et Gérard Sire.


Il fut en 1962 le premier chanteur à porter des cheveux longs.

Queue de pie, gants blancs, nœuds papillons, il apparaît sur scène accompagné de son fidèle valet Jérôme, son style de musique éclatée le rapproche du freakbeat, il n’a alors que 15 ans. Incompris et original, Hector reprend 2 chansons d'une de ses figures de proue Screamin' jay hawkins, il varie dans son apport à la chanson française en introduisant un aspect moqueur, choquant et dérisoire ne se prenant pas au sérieux, puis le Chopin du twist tire sa révérence de la scène. Hector n'aura pas été l'une des figures les plus marquantes du rock français, mais certainement une des plus provocatrices.

Le personnage est presque autant connu comme provocateur que comme chanteur et l’arc de triomphe est son aire de jeu ... :

⦁ Il se couvre du drapeau national
⦁ Sur les recommandations de Jean Yanne, il se fait cuire un œuf sur la flamme du Soldat inconnue

Le tout sur un le son des sirènes de Police causant une certaine agitation autour du chanteur et du monument. Plus tard en première partie des Animals à l'Olympia il fait monter sur scène quatre poules et deux canards en guise d'accompagnateurs. Jacques Dutronc lui rend alors hommage en le présentant comme « le champion de la provoc », sa désinvolture plaisait beaucoup à Dutronc. L’art de la dérision pleine de subtilité et d’intelligence voilà ce qui définissait cet anti héros des Sixties.

Si Internet avait existé dans les années 60, Hector aurait sans aucun doute fait le buzz !
D’une très grande culture derrière sa dérision calculée se cachait une âme généreuse. Les obsèques de l'artiste ont eu lieu au cimetière de Pantin.

 

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