Carnet

Juliette Gréco

Juliette Gréco 7 février 1927 - 23 septembre 2020
24/09/2020

“Passion, combat, amour et rigolade intense”

« Ma raison de vivre, c’est chanter ! », déclarait encore Juliette Gréco il y a deux mois. Juliette Gréco s’est éteinte entourée des siens dans sa maison de Ramatuelle. Elle faisait encore rayonner la chanson française à 89 ans jusqu’à son accident vasculaire cérébral qui l’avait frappé en 2016 (année où elle également perdu sa fille unique Laurence-Marie). C’est une très grande dame qui s’en va.

Comme le précise le quotidien régional Midi-libre, l’artiste née à Montpellier en 1927 est élevée par sa mère avec sa sœur, elles sont déportées pendant la guerre, pour leur engagement dans la Résistance. Juliette est la fille d'un policier d'origine corse, Gérard Gréco, et d'une bordelaise, Juliette Lafeychine. Après la séparation de ses parents, elle et sa sœur aînée Charlotte seront élevées à Talence par leurs grands-parents. "Toutoute", son surnom, est une fillette réservée...

À la libération, elle côtoie le monde des artistes dans le Saint-Germain-des-Prés en pleine ébullition, elle en deviendra une figure iconique, une femme libre, à la fois forte et douce...

La dame en noir, avait inspiré les plus grands auteurs, Sartre, Queneau, Vian ou encore Gainsbourg. Elle triompha aussi au cinéma et à la télévision.

⦁ Juliette Gréco débutera sa carrière en 1949 grâce à son riche répertoire, et participera à la réouverture du cabaret "Le Bœuf sur le toit".
⦁ En 1951, elle obtient le prix Édith-Piaf d'interprétation de Deauville pour la chanson : « Je hais les dimanches ».
⦁ Après avoir participé à différents films, notamment Elena et les hommes de Jean-Renoir en 1956, ou encore Drame dans un miroir de Richard Fleischer en 1960.

L’artiste reprendra le chemin de la musique en 1960. Et c’est la consécration. Serge Gainsbourg, Jacques Brel ou encore l’inoubliable interprète de « Jolie môme » chanson écrite par Léo Ferré, elle interprètera leurs plus grands tubes.

Sa voix chaude et sensuelle envoûte le public.

La chanson « Déshabillez-moi » (écrite par Robert Nyel), avec qui elle a souvent collaboré, sort en 1967. Ce morceau, destiné à l’origine à une stripteaseuse, devient l’un de ses plus grands succès. En 60 ans de carrière, Juliette Gréco enchaîne alors les albums et les tournées, en France comme à l’étranger.

⦁ En 2013 paraît son album, « Gréco chante Brel ». Elle racontait au Figaro, le soir où elle découvrit Jacques Brel. « Il chantait devant un écran blanc avant que la séance de cinéma ne commence, personne ne l'écoutait. J'ai oublié le film mais pas lui. Il m'a bouleversée. »
⦁ Sorti en 2015, le dernier album de Juliette Gréco, « Merci », est une compilation de ses grands succès et de chansons très connues qu’elle a souvent interprétées : Chanson pour l’Auvergnat, Les feuilles mortes, Le temps des cerises, Amsterdam, Ne me quitte pas, etc.

Pas effrayée à l'idée de partir...

Puis à 88 ans, elle a fait une tournée d'adieu entamée en 2015, sobrement appelée « Merci ! », « pour dire merci et pour ne pas faire le concert de trop », mais celle-ci avait été interrompue en raison de ses problèmes de santé. 
Depuis la mort de Charles Aznavour, elle était la doyenne de la chanson française. « Je suis née en sachant que j’allais mourir ... ». Interrogée sur la mort par Télérama, Juliette Gréco expliquait ne pas en avoir peur. Pas effrayée à l'idée de mourir, la chanteuse confiait avoir simplement peur "de ne pas être aimée".

Après l'annonce du décès de Juliette Gréco, de nombreuses réactions de tristesse se sont faites entendre. Pour Line Renaud,"elle était une femme infiniment libre, la diseuse des poètes".
Juliette Gréco restera une inoubliable interprète. 

 

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