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Jean-Pierre BELTOISE

Jean-Pierre BELTOISE 26 avril 1937 - 5 janvier 2015
01/10/2015
L'ancien pilote de Formule 1, Jean-Pierre Beltoise s’est éteint lundi 5 janvier, des suites d’un accident vasculaire cérébral au Sénégal, alors qu’il y a passé les fêtes de fin d’année. Il avait 77 ans. D’une polyvalence complète, autant pour la moto que pour l’auto, il reste avant tout le champion du Grand Prix automobile 1972 de Monaco. Il est l’icône du sport automobile français, comptant à son actif 86 Grands Prix de Formule 1 courus.
 
Né à Boulogne-Billancourt le 26 avril 1937, Jean-Pierre Beltoise de son nom complet Jean-Pierre Maurice Georges Beltoise a grandi dans l’Essonne, pas loin de l’autodrome de Linas-Montlhéry. L’endroit idéal pour cet esprit rebelle, passionné de liberté et de vitesse, représenté selon lui, par les sports mécaniques.
 
Il débute en tant que pilote de moto, après avoir passé vingt-six mois en Algérie. Une carrière concrétisée entre 1961 et 1964 par onze titres de champion de France et en 1963, un beau doublé avec deux victoires, l’une à Montlhéry international et l’autre aux 24 Heures du Mans.
 
Il s’est par la suite essayé à l’automobile. C’est René Bonnet qui l’a initiée entre 1963 et 1964, aux côtés de Roland Charrière et de Gérard Laureau sur DB. Sa première course qui a eu lieu en 1964 aurait pu être fatale pour lui. Lors des 12 Heures de Reims, le 4 juillet, son Djet dérape, sort de la piste et prend feu. Beltoise est projeté de la monoplace à plusieurs dizaines de mètres, dans un état critique (17 fractures !). Le pilote est resté deux jours dans le coma avec le bras gauche broyé. Entretemps, le spécialiste radiophonique de l’automobile, Tommy Franklin, a annoncé sur les ondes de France Inter, la mort de Jean-Pierre Beltoise. Le revenant, qui est resté dix mois à l’hôpital, est passé à deux doigts de l'amputation du bras gauche.
 
Il lui en faut plus pour être démotivé. Dès 1965, le pilote rejoint l’écurie de Jean-Luc, Matra Sports Lagardère en Formule 3 et a obtenu une première victoire à Reims, comme une belle revanche avant de remporter le titre de champion de France.
 
Il décroche le Championnat d’Europe de F2 en 1968, après une victoire à Hockenheim. La même année, il a débuté en F1. Mais sa carrière lui a encore joué un mauvais tour en 1971. Il est temporairement suspendu par la Fédération internationale de l'automobile, récupérant sa licence qu’après de trois mois. La FIA estime qu’il est en quelque sorte responsable de la mort de l’Italien Ignazio Giunti, pendant les 1 000 km de Buenos Aires. La justice argentine l’a quelque temps inquiété pour « homicide par imprudence ».
 
En F1, beaucoup de malchance et des trahisons mécaniques vont empêcher le pilote de se construire un palmarès digne de son talent. Trois victoires au total, dont une seule en championnat du monde. C’est donc en 1972 à Monaco, qu’il a fait valoir ses points forts. Il étoffera son bilan en sport-prototypes avec 12 victoires. Avec son ami Henri Pescarolo, ils remporteront en 1976, à bord d’une Inaltera-Rondeau, les 24 Heures du Mans (catégorie GTP).

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