Carnet

Obsèque : Gilles Millet

Obsèque : Gilles Millet  août 1951 - 21 avril 2018
27/04/2018

Il incarnait l'archétype du journaliste pugnace.


Le journaliste et spécialiste de la Corse, Gilles Millet est décédé le samedi 21 avril 2018 à Paris, a annoncé le quotidien national Libération dont il est l’un des piliers fondateurs. Il s’est éteint à l’âge de 66 ans après avoir été hospitalisé pendant près de deux mois.

Il est principalement connu pour avoir écrit un des premiers Scoops célèbres en s’étant entretenu avec le criminel français Jacques Mesrine quelques temps avant son incarcération. Plus de trente ans après sa mort, Jacques Mesrine, surnommé l'ennemi public n°1, continue d'intriguer. En 1978 et 1979, alors que "l'homme aux mille visages" a toutes les polices de France aux trousses, Gilles Millet, à l'époque journaliste à Libé, le voit régulièrement.


Mao sait tout...

Né en Août 1951 à Orléans, Gilles Millet a grandi au sein d’une famille de classe moyenne. C’est au lycée de Melun qu’il fait ses études et qu’il poursuit à la faculté de philosophie de Créteil mais qu’il finira par abandonner. Il intègrera par la suite la bande de Melun et son fanzine Pirate. Maoïste, Gilles Millet partage sa passion du métier et ses convictions libertaires avec les fondateurs de Libé. "J'ai été Mao parce que c'était Zorro, c'était le côté cow-boy dans la rue, pour faire chier les bourgeois et pour foutre la merde, en gros c'était le côté "anar" qui me plaisait là-dedans", expliquait-il.

On se souvient de lui pour ses investigations et enquêtes exclusives qui sont ses principaux attributs dans le monde du journalisme.
- Il est également connu pour avoir géré la rubrique Justice de Libé. Il devient par la suite Grand reporter au service étranger et s’intéresse particulièrement à la vie politique de l’Algérie. Passionné des musiques du monde et de raï, Gilles Millet a écrit la chanson de Khaled de 1992 intitulée « Ne m’en voulez pas ».
- Il quitte le quotidien national en l’an 2000. Passionné aussi de politique, Gilles Millet s'intéresse à la question corse et il intègre le magazine mensuel Corsica qui cessera de paraître 14 ans plus tard. Le journaliste rejoint par la suite In Corsica.

L’homme qui aimait la Corse.

Le jour suivant son décès, Corse Matin publiera un article sur lui. Millet a continué d'enquêter, publiant de nombreuses affaires ou interviews exclusives, toujours avec la même rigueur journalistique et les mêmes convictions libertaires qui l'ont guidé tout au long de sa vie. Le journaliste s’intéressait, entre autres, au nationalisme et aux clandestins. Les communiqués du FLNC lui étaient très souvent adressés, ce qui lui aurait valu des détours par la case commissariat et quelques interrogatoires musclés.
Corse et Infos nous décrit le journaliste dans son bar (plaine de Peri), où il avait ses habitudes et au-dessus duquel il vivait, une fresque a été peinte, représentant les « grands de ce monde » de Ghandi au chanteur Renaud en passant par Che Guevara. Dans un coin à gauche, on reconnaît la bouille souriante de Millet. Pas à dire, le personnage a toute sa place parmi eux ...

 

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