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Shigeru Mizuki

Shigeru Mizuki 8 mars 1922 - 30 novembre 2015
03/12/2015

« Dans le Manga ya des bulles » pour les petits et les grands...

Le célèbre mangaka japonais, Shigeru Mizuki, de son vrai nom Shigeru Mura, fondateur du manga d'horreur, avec des créatures comme yōkai, kappa et tengu, est décédé le 30 novembre 2015 des suites d’une attaque cardiaque. Il avait été hospitalisé à Tokyo à cause d’une chute, mais il est mort des suites d'une défaillance de plusieurs organes...

Né à Kohama sur la ville côtière de Sakaiminato, le 8 mars 1922, Shigeru Mizuki débute sa carrière d'auteur de bandes dessinées après la Deuxième Guerre mondiale, au cours de laquelle il avait perdu son bras gauche à cause d’un bombardement américain. Mizuki tire son surnom d'une auberge qu'il dirigeait, alors qu'il écrivait et dessinait des kamishibai, pièces de théâtre présentées aux spectateurs sur des feuilles de papier. L’auteur de « Kitaro le repoussant » change de bras pour dessiner et explorer les rapports entre vie et mort sous plusieurs angles, notamment humoristique.

- Ses premières séries s’appellent Rocket Man (1957), Yûrei Ikka ou encore Kitaro le repoussant (1959), son manga le plus célèbre à ce jour, qui sera adapté en dessin animé, en film et en jeu vidéo...

- Depuis 2003, un musée lui est dédié à Sakaiminato et le quartier commerçant a été baptisé « Mizuki Shigeru Road » par les résidents de la ville qui attirent chaque année, près d’un million de visiteurs.

- Petit garçon, une femme de ménage surnommée NonNonBâ l’initie à un univers peuplé de lutins et de monstres... Il fera bien plus tard un récit truculent et universel. Au Festival international de la bande dessinée d’Angoulême en 2007, Mizuki recevra le prix du meilleur album de l’année nommé ... « NonNonBâ » merci qui ?.

Le gouvernement japonais a récompensé Mizuki en 2010, mais l'auteur ne s'est jamais montré tendre ou complaisant avec l'archipel car des mangas révisionnistes minimisent les crimes de guerre japonais. Il publiera alors « War and Japan », récit de guerre sans concessions destiné à la jeunesse. L’annonce de son décès est vécue comme un deuil national, comme le cas de la mort d’Osamu Tezuka, baptisé « le Dieu vivant du manga », d'après Le Figaro. L’éditeur français, patron de Cornélius, Jean-Louis Gauthey, a fait remarquer que toutes ses histoires ont été traversées par la manière dont la vie et la mort s’allient dans un monde indéchiffrable.
Il était l’un des auteurs de manga les plus vénérés au Japon mais ses funérailles se sont faites dans la plus grande discrétion.

 

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