Carnet

Philippe GILDAS

Philippe GILDAS 12 novembre 1935 - 28 octobre 2018
13/02/2019

« Comment réussir à la télévision quand on est petit, breton, avec de grandes oreilles… ».

L'animateur semblait avoir pensé à tout.

De son vrai nom Philippe Leprêtre, le journaliste est décédé le 28 octobre 2018 à Paris, a annoncé le quotidien national Le Figaro. Philippe Gildas avait préparé ses adieux à ses proches mais aussi à la scène. L'homme de télévision évoquait en effet son grand départ : 
« Je ne comprends pas pourquoi l’homme est mortel. J’ai du mal à me faire à l’idée qu’il n’y a rien après. ». Il n'imaginait pas la vie sans son épouse Maryse (rencontrée dans les couloirs d'Europe 1) c'est donc ensemble qu'ils ont pensé à l'après : 
« Maryse et moi avons décidé de nous faire incinérer et quand je passerai de l’autre côté des flammes, faites aussi l’économie de l’urne : répandez mes cendres au hasard ». Un dernier voyage « amusant » qu’il voulait à son image. La cérémonie s’est tenue en la salle de la Coupole du crématorium du cimetière du Père-Lachaise.
Il commence sa carrière journalistique à la Nouvelle République du Centre-Ouest, il rencontre Jean Yanne qui lui conseille de rentrer au CFDJ (Centre de formation des journalistes de Paris). Diplômé, il débute sa carrière au journal Combat dans les années 60 où il devient rapidement chef des informations générales.

De belles années à la radio chez RTL.

Rapidement repéré pour sa rigueur et ses capacités à diriger une équipe, il prend la direction de l’information de Radio Luxembourg deux ans seulement après son arrivée. En Mai 68, avec les dissensions au sein de la rédaction Gildas présente sa démission. 

Sans prompteur, sans cravate et avec des cheveux longs pour cacher ses oreilles. Au sein de la nouvelle unité d’information, il intègre en 1969 l’ORTF et présente notamment le JT : « Information première » (en alternance avec Etienne Mougeotte). Gildas est appelé à la rédaction en chef de la matinale d’Europe 1 fin 1974. Il peut alors donner vie à une matinale en continu au-delà des seules sessions d’information (il est au micro de 6h30 à 9h). Maryse est alors l’animatrice vedette de la station.
Il a succombé à des suites d’un cancer.

Ce Breton deviendra une star de la télé

Philippe Gildas apprend la décontraction, le rire à l’antenne, les changements de tons. « Info + spectacle n’est pas de l’info-spectacle » était sa devise. En continuant d’assurer la matinale d’Europe 1, il se lance pour dans les jeux télévisés pour Antenne2 : 
« La Tête et les jambes ».
- « La Chasse au trésor ».
La fabuleuse aventure audiovisuelle de Canal+ et « Nulle part ailleurs » …
Un trio à la conception de l’émission culte : 
Le patron : Pierre Lescure 
Le directeur des programmes : Alain deGreef
Et …Philippe Gildas. 
Face aux JT sérieux, ils entendent lancer un talk-show à l’américaine basé sur l’actualité, qui marque les esprits moins pour ses invités que grâce à son animateur où se mêlent informations et divertissements. 
Au fil de ses dix ans d’animation, Philippe Gildas aura « testé » quelques 150 chroniqueurs et 50 à 80 personnes sont présent sur le Show (hors techniciens). L’émission (diffusée en direct tous les soirs de 1987 à 1997), reste certainement la plus emblématique de Canal+. Petit-fils d’un gardien de phare, il aura su illuminer nos soirées télé.
Gildas recherche quelqu’un qui puisse remplacer les Nuls pour l’aspect divertissement après la première année. « Ma grande découverte, c’est bien sûr Antoine de Caunes ».

Il aurait adoré cette dernière blague…

Lors des obsèques de Philippe Gildas, Antoine de Caunes avait fait croire à José Garcia qu'il fallait venir tout de blanc vêtu. Et en effet, le comédien piégé, était arrivé au cimetière dans une tenue immaculée... mais il était le seul… tous les autres ayant opté pour le noir. 
« Philou » (comme l’appelait ses proches) avait souhaité que ses obsèques soient une fête, ses volontés ont été respectées. Avec ses chansons préférées et des fous rires à répétition, « un dernier adieu comme nulle part ailleurs » lui a été rendu avec le monde de la télévision, qui selon Le Parisien salue un « seigneur ».

 

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