Carnet

Karl LAGERFELD

Karl LAGERFELD 10 septembre 1933 - 19 février 2019
19/02/2019

« Il n’y aura pas d’enterrement. Plutôt mourir »

Le kaiser de la mode s’est éteint à l’Hôpital américain de Paris, à Neuilly-sur-Seine. Il souhaitait que ses cendres soient dispersées avec celle de sa mère et celle de son héritière (en partie) … sa chatte Choupette. Karl Lagerfeld avait expliqué au quotidien national Le Monde concernant son année de naissance qu’il y avait litige…  : "Je ne le dirai jamais, et puis il y a des choses que je ne sais pas moi-même", Il affirmait que sa « mère avait changé la date ».

Silhouette mondialement connue.

Le directeur artistique de Chanel, qui a inventé les défilés-spectacles démesurés, était aussi dessinateur d’exception, photographe et éditeur. Il était depuis 1983 le directeur artistique de la maison Chanel. Absent du traditionnel défilé Chanel au Grand Palais, invoquant la fatigue, en pleine « Fashion Week ». Il n'était pas venu saluer le public… (comme il avait toujours coutume de le faire). 

Une anecdote typiquement « lagerfeldienne », où l’absurde croise toujours la vérité.

L’art de la pirouette verbale est un art que le jeune Karl semble avoir appris de sa mère. En décembre 2017, il rapportait avec délectation et fierté une rencontre entre sa mère et un de ses professeurs : « J’avais les cheveux longs et il tenait absolument à ce que je les coupe très courts. Il a abordé ma mère dans la rue pour lui en faire la remarque. Résultat : elle lui a jeté sa cravate à la figure en rétorquant : “Pourquoi ? Vous êtes encore nazi ?” »

Karl Lagerfeld quitte Hambourg « porte de sortie » selon sa mère, Il suit sa scolarité au lycée Montaigne, puis débute sa carrière comme illustrateur de mode.
- En 1954, il remporte le premier prix (ex-aequo avec Yves Saint Laurent), du Secrétariat international de la laine.
- Remarqué par Pierre Balmain, Karl Lagerfeld est embauché comme assistant personnel du couturier de 1955 à 1962. 
- Directeur artistique du couturier Jean Patou à partir de 1959, il rejoint ensuite la marque Chloé, en 1963, pour sa collection de prêt-à-porter et sa ligne d’accessoires.


Le plus célèbre exploit de Karl Lagerfeld est la remise à flot, puis le succès planétaire de Chanel, dont il a été nommé directeur artistique en 1982.
Alors que la grande maison de Coco était au bord de la faillite, Il confiait au Figaro : "On m'avait prévenu : "Ne prenez pas Chanel, c'est affreux" …

Icône pop : "Je suis une marque ambulante, je m’appelle Logofeld" Le Lagerfeld pasteur gothique et rock star prend alors forme :
- Lunettes noires
- Costume sombre, col blanc montant
- Mitaines en cuir et bagues en argents
- Cheveux immaculés en catogan.

À jamais associé à la maison Chanel, il en fait une marque branchée et hyperluxe à la fois. Il invente des défilés-spectacles qui transforment le Grand Palais à Paris en plage, supermarché ou Cap Canaveral … Il est le metteur en scène et la star de ce monde de la mode.
Il y a construit la silhouette la plus identifiable de notre temps, quintessence de l’élégance française, il s’est fait notre ambassadeur dans le monde entier.

Réputé tant pour son sens du style que pour son franc-parler, le créateur laisse derrière un recueil de fulgurances pleines d'esprit et de piquant, elles sont aussi appelées Karlismes… Son savoir immense en usait régulièrement lors d'envolées plus ou moins lyriques sur des questions de mode, mais aussi de société :
Il aimait rappeler que «la méchanceté est excusable si elle est spirituelle. Si elle est gratuite, elle est impardonnable ».
« J'aime savoir, tout savoir. Être informé. Je suis une espèce de concierge universel, pas un intellectuel. » ou "Je suis une sorte de nymphomane de la mode qui n'atteint jamais l'orgasme."

« Le jour où il sentira que c’est la fin, Il détruira absolument toutes les choses intimes qu’il a, indiquait Pepita Dupont (ancienne journaliste à Paris Match).
Francis Veber, son ami, a révélé aussi une bien étrange coutume que Karl Lagerfeld s’imposait à tous ses couchers. « Il m’a dit qu’avant de se coucher, il se peignait le plus soigneusement possible. Il s’habillait pour la nuit, le plus proprement et le plus joliment possible, au cas où il mourrait dans la nuit, pour qu’on le retrouve digne. »
Avec lui, l'époque du glamour, de l'extravagance tire peut-être sa révérence…

 

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