Carnet

Wladimir Yordanoff

Wladimir Yordanoff 28 mars 1954 - 6 octobre 2020
09/10/2020

Un visage connu de tous.

Wladimir Yordanoff s’est éteint en Normandie à 66 ans d'une « maladie foudroyante » selon son agence artistique.
Le petit Wladimir nait en 1954 à Chatou, dans un milieu de musiciens classiques : fils du violoniste bulgare Luben Yordanoff qui fuit la Bulgarie en 1946 et rencontre au conservatoire de Paris une cantatrice, sa future épouse, qui avait quitté elle aussi la Bulgarie. Luben est bientôt appelé à Monaco comme violon solo de l’Orchestre Philharmonique. Wladimir passera son enfance dans la Principauté.

Comme le décrit Jeremy Piette dans Libération, il était doté d’un visage parfaitement identifiable : « tendrement féroce, stature imposante, rictus tendre parfois, il fluctuait avec brio de la fureur à l’apaisement ».
Il avait suivi une formation au Conservatoire national dans la classe d'Antoine Vitez et fait ses débuts à la télévision en apparaissant dans le mini-feuilleton qui révèle Fanny Ardant en 1979, Les Dames de la Côte, de Nina Companeez. De 1984 à 2013, il s’illustrera dans une trentaine de productions télévisuelles.

Au théâtre, il a été dirigé par les plus grands metteurs en scène, dont Patrice Chéreau (Hamlet, 1988) et Alain Françon avant de jouer avec les plus grands. En 2016, il remporte même le Molière du Meilleur comédien d'un spectacle privé pour Qui a peur de Virginia Woolf ? où il jouait un monstre impitoyable

Wladimir Yordanoff était cet acteur avec 50 ans de carrière théâtrale au compteur, mais aussi au cinéma comme second rôle.

Il fait ses débuts sur le grand écran dans Un dimanche de flic de Michel Vianey en 1983. On le retrouve ensuite chez de grands réalisateurs : Andrzej Wajda (dans Danton), Andrzej Żuławski (L’Amour braque en 1985) ou encore Robert Altman (Vincent et Théo en 1990). Mais c'est en 1994 qu'il accède au succès, interprétant Philippe dans Un air de famille, la pièce à succès d’Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri.

⦁ Toujours pour Jaoui-Bacri, il joue l’homo snob pour le Goût des autres en 1999.
⦁ Il fut aussi patron de la brigade de protection des mineurs dans Polisse (2011) de Maïwenn
⦁ Général dans le J’accuse (2019) de Polanski.
⦁ Il venait de prendre la relève de feu-Pierre Bellemare pour jouer le patron du contre-espionnage français dans OSS 117 : Alerte rouge en Afrique noire, aux côtés de Jean Dujardin (sortie prévue en 2021).
Serait-il le seul au théâtre comme au cinéma à manier l’art de la vacherie gueularde avec autant d’autorité dérisoire qu’un Jean-Pierre Bacri ?.

Voici trois styles d’hommage différents, l’officiel, le sobre, le spontané :

⦁ En adressant ses condoléances à la famille dans un communiqué officiel, la ministre de la Culture, Roselyne Bachelot, a salué quant à elle "une voix et une silhouette reconnaissable entre tous qui quittent la scène artistique française"
⦁ Parce qu'il a joué à plusieurs reprises avec Yordanoff, Jean Dujardin n'a pas tardé à lui rendre hommage. "Salut Wladimir" avec un coeur noir, en légende d'un portrait en noir et blanc du comédien.
⦁ A l’annonce de la triste nouvelle, l’animateur Christophe Dechavanne a écrit: « Olalala… Et quel comédien ! Et merde. Douces pensées aux siens… ».

Wladimir Yordanoff est un acteur qui n'avait plus rien à démontrer. 
L’Agence artistique Aartis précise dans son annonce que le comédien est mort "des suites d'une maladie fulgurante". On ne connaissait cependant pas de maladie à l'acteur, très discret au sujet de sa vie privée. La cause de son décès n'a pas été plus explicitement précisée.

 

Ajouter un message